"L'air de rien" est un poème mis en ligne par
"Aubussinne".non classique, moderne, vers libres,
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L’air de rien Un piano oublié, Ses fines mains de môme couraient sur les ivoires, Accueillaient les chansons, tous les airs de radio, Les notes s’invitaient de l’oreille à ses doigts, Ses tristesses d’enfant succombant à ses croches. Orthodoxe de son art, il se donnait béat, Bach, Mozart et Nadia devenaient ses madones, Exigeaient tout de lui, le pliaient, le guidaient, Ses heures en pianiste, le diapason à l’âme. Volcan de tous les sons, foudroyé de passion, Ses notes buvaient l’encre, les dièses et les pauses, Les portées, une à une, feuille à feuille, s’envolaient En flamboiements de rythmes et triomphes de clefs.
Ses mains battaient le jazz, ses yeux émerveillés, Composaient, arrangeaient, fascinaient les magnats, Cadençaient l’hexagone avec son Amérique, Jazz nouveau, surprenant, unique et religieux.
Sa langue inventait tout, romançait, fabulait Sans savoir, l’air de rien pour le tout, sans attendre Ses trilles en saccades, ses phonèmes syncopés, Sa langue étrangère, unique mélopée. Son corps était sa voix qui battait tous les rythmes Ses yeux tout aux aguets des voix qu’il admirait Vibrations émouvantes des sons que l’on écoute Sa voix et celles des femmes glorifiant ses portées. Il brusquait tous les vides pour éclater les sons, Ignorait les mépris des mornes éteignoirs, Guerroyait chaque jour, l’harmonie enthousiaste, Mathématique savante des rythmes, des silences. Ses chansons s’évadèrent pour dévorer l’écran, Cinéaste de musique et musicien d’images, Ses pieds en opéra s’emparèrent de Demy, Le crayon le fit croches, les étoiles dans la toile. Rivières symphoniques et océans de timbres, Lents ressacs sur le sable et Moulins de mon cœur, Ses cordes emportent tout et ses cuivres résonnent, Son piano irradie, il jaillit virtuose. Sa vie en plume d’ors a dessiné le monde, Braise des continents, des scènes et des studios, Barbara sur ses notes fait tressaillir les corps, Ses parapluies abritent ses demoiselles, encore. Son temps était pressé, il donnait tout à vivre, Binoclard, savant fou, son corps en chef d’orchestre Il était le présent, le futur semblait hier, Dans sa vieillesse joyeuse, tout lui restait à faire.
Everest de la joie de l’amour de sa vie, Ses yeux en soprano et sa voix en pastel Ont vécu leurs étés, leurs cadences, leurs éclats Une galaxie de notes pour l'art en notes immortelles Le père, l’air de rien, d’une immense musique, Le Legrand éternel. _______________________ MM / 01 02 2019
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L'air de rien
appartient au recueil Feuilles de coeurs
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Poème terminé ! Merci à Aubussinne. |
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