"Karl" est un poème mis en ligne par
"Aubussinne".non classique, moderne, vers libres,
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Karl
Dieu n’a pas su me faire, je suis ma créature, Curieux, insaisissable, allemand très français, Je me suis fabriqué tout en métamorphose, J’ai sculpté tout mon corps, épuré ma silhouette Stylée de noir et blanc Sans aucun ornement. Pour effacer mon âge, Je ne suis qu’un visage Couvert de verres noirs, A la lippe gourmande sans plus aucun regard, Au cou amidonné, Aux cheveux enneigés. Une image de profil, un dessin, un croquis Un logo pictogramme, Un accent, une voix, une ambiance, une essence, Un choc, Avec ma star Choupette et sa fourrure blanche, Ma seule héritière digne de mon testament, Un esprit, une aristocratiiiiiie, Un style d’hyperstyle, Une icône inouïïïïïïïïïïe.
Je défile, me faufile, évite les radars, Stylé guindé Weimar, emballé en rock star, En mitaine d’agneau ou phalanges d’acier, Je fais les couvertures toutes en papier glacé. J’attire sans compter les flashs les plus voyants, Intello, lettré, polyglotte, allemand, Je dis ce que je pense et l’inverse parfois Dans toutes mes répliques, je n’aime que le chic, Les bons mots, les rosseries en piques Puis disparais ermite entre mine et papier Dans mon décor austère sans nulle mondanité. Tout le jour et la nuit, je dessine et je crée, Livre en mercenaire mes œuvres, acharné. Je me crée des palais pour la folie de créer, N’y vis presque jamais. Je travaille sans arrêt pour qui veut se montrer. Je lis avidement mes trois cent mille livres, J’écris, photographie. Je découvre, j'écoute, dévore, Ramasse en une idée mon opinion du monde. Oublieux de l’histoire qui pouvait m’encombrer, Je ne vis que demain sans conserver d’archive, Pour le style et la mode. Je n’aimais qu’une femme, ma mère Elisabeth, En admirais tant d’autres qui œuvrèrent pour moi. Jacques mon ange noir fut mon amour diable, Mon amant platonique, le vice de ma vertu, Ma voute sombre de ce que je m’interdis Puis l’amour dérobé abandonné à Yves Et à ses artifices en sombres paradis. Ivre de liberté, je suis un grand fidèle, Un ami éternel sans plus aucun secret.
Coco m’ouvrit Chanel, J’en fis un océan Qui me fit arpenter chacun des continents. J’ai balancé la jupe et sublimé la veste. Coco, elle, simplifiait, moi, j’aimais surcharger De perles et de chaînes et de colifichets. J’abandonnais la griffe, m’emparais du logo En succès olympique des deux C en anneaux, M’imposais en élite, rendais les foules envieuses Face aux magnats du luxe, utilisais mon pouvoir, Déclinais tout en marques, parfums et accessoires. La mode est ma reine, mon empire, Le grand air d'une époque Dans un temps agité, Une planète de mondes, ma forge de légendes, L’ultramodernité. Je ne possède rien, Collectionne beaucoup pour ne plus rien garder, Je réfléchis beaucoup puis ne pense qu’en bien, Mon travail, mon succès se fait en vrai mariage, En sport de haut niveau au bout des émotions, En extrême liberté, ma liberté, la vraie. Dali des temps deux milles, je me joue des extrêmes, Travaille pour les puissants, me découvre moi-même. J’ai su beaucoup donner et ne veut rien garder. J’oublie mon Lagerfeld, Karl est ma destinée, Karl sera ma légende, l’enfance me l’a tracée. ______________________ MM / 27 02 2019
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Karl
appartient au recueil Feuilles de coeurs
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Poème terminé ! Merci à Aubussinne. |
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