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Je parie que vous ne les avez pa... - Critique de Film, Théatre, série.

Critique de Film, Théatre, série. "Je parie que vous ne les avez pas vus - I -" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par "Andarioch"..

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Je parie que vous ne les avez pas vus

- I -

Salut !

Je vous exhume quelques vieilles critiques ciné sur des films que vous n’avez sûrement pas vu. L’époque était à la découverte sans a priori et on se lançait un film sans rien en savoir. Du coup ça va du nanar à la pépite, de l’immonde au sublime.

En secret de Maryam Keshavarz avec la franco algérienne Sarah Kazemy et la canadienne Nikhol Boosheri, toutes trois étant d’origine perse, est mon petit choc du moment. Deux jeunes filles fréquentent les nuits chaudes de Téhéran. Entre alcool, drogue, doublage pirate de « Milk » (oui, oui, le film sur Harvey Milk), et baignades à moitié nue dans la mer (fait un temps de merde, pas un homme ne traîne dans le coin), les jolies iraniennes se découvre une passion l’une pour l’autre, passion mis en image avec une délicatesse mille fois plus érotique que les chevauchées à la hussarde qui émaillent nos productions occidentales. Malgré un aspect un peu foutraque qui laisse à penser que la réalisatrice n’était pas sûre de pouvoir refaire un film un jour alors autant en mettre le maximum dans celui-ci, on se laisse happer par la quête d’absolue des deux amantes, quête bouleversée par l’irruption d’un frère, frustré, qui cristallise toutes les tares d’un régime qui condamne les femmes au voile et à la clandestinité.

Une belle histoire contrariée, une peinture en touche subtile d’une civilisation qui marche sur la tête, des portraits délicats de ceux (celles) qui le mérite, un charme fou qui doit beaucoup à ces interprètes.

Je suis conquis

Milarepa, la voie du bonheur  avait toutes les apparences de l’objet cinématographique qui enchante V. Dépaysement, culture aux antipode de la notre, grandioses décors minéraux, un titre qui donne à penser que l’on va assister à du tribal façon « Himalaya, l’enfance d’un chef », avec parcours initiatique et étude de mœurs.

On s’installe donc confiants. Le début est à la hauteur des attentes, limite trop roots même, les acteurs étant évidemment amateurs, mais à un point que l’on se sent en droit de se demander s’ils ont jamais vu un film dans leur vie. Nous sommes au IXème siècle. Le riche père de Milarepa meurt, confiant ses biens à son frère jusqu’à ce que son fils soit en âge d’hériter. Sa femme touche nakache, c’est macho mais on est au Bhoutan il y a plus de mille ans, alors soit. La petite famille, soudainement démunie, subit les pires avanies de cet oncle tyrannique, flanqué d’une femme (ou d’une sœur, j’ai pas bien suivi) forcement acariâtre et cruelle, qui les obligent à travailler (c’est pas gentil ça!) et les payent en arêtes de poisson.

Milarepa devient adulte. Lors d’une fête, sa mère réclame pour lui son héritage. L’oncle ne se souvient pas, les habitants du village non plus, tous des traîtres, on passe au queues de cerises.

La mère maudit tout le monde et envoi Milarepa étudier la magie, ce qu’il, séance tenante, talonné par les sbires de son oncle. Après une palpitante poursuite en baudet, Milarepa parviens à s’échapper, aidé par le fils du magicien qu’il vient solliciter et qu’il a rencontré complètement par hasard au cœur des montagnes (le fils du magicien, pas le magicien, hein? Suivez un peu). J’ai flairé l’embrouille au moment où le fils en question dit qu’il va prévenir son père. Description. Il serre sa ceinture, remet sa coiffe, se met en position, et disparaît, laissant derrière lui la même traînée blanche que Bip Bip.

Parole.

V et moi, nous nous sommes regardé, interloqués. Je vous passe la suite qui va crescendo dans l’absurde, notre héros commençant à mieux maîtriser son art que le responsable des effets spéciaux. De plus, une bonne fée étant passée par là, il manquait au film vingt bonnes minutes, la copie n’ayant pas été sérieusement effectuée, à moins que le pirate responsable n’ai encodé son film en temps réel tout en le regardant et, son abnégation ayant été mise à rude épreuve, a commis un acte manqué (et salutaire) en stoppant son travail au lieu de n’arrêter que le visionnage.

Pour info, Milarepa serait le créateur du Yoga.

Fouinez un peu dans les critiques cinéma et vous verrez fleurir d’étranges dithyrambes à l’endroit d’une petite anglaise chose nommée Kill list.

Bon, on ne peut pas dire que nous avons là un long d’un grand classicisme, j’en conviens, il n’empêche que.

Je lance le film.

Au bout d’une demi-heure, devant ce drame familial dans lequel bobonne (canon car suédoise) reproche à sa feignasse de mari de végéter alors que l’argent commence à manquer, je commence, moi, à me demander si je n’ai pas cliqué sur le film d’en dessous, sans faire exprès, c’est vrai quoi avec un titre pareil on peut légitimement penser que ça va flinguer dans les plus brefs délais, pas que l’on va assister à une scène de ménage pendant un repas entre potes.

Bon, le pote en question fini par proposer un job à Jay, notre « héros ».

Voilà, voilà, ça se précise.

Une kill list, donc, avec trois noms. Le premier est un prêtre. Pas chaud chaud pour buter un homme de dieu, les arsouilles n’en finissent pas moins par faire ça proprement, lourdement assis sur leurs états d’âmes. Au moment de presser la détente, le prêtre dit à Jay « merci! » et meurt le sourire aux lèvres.

Ça devient intriguant. Je n’en dirais pas plus, on ne sait jamais, vous pourriez accorder plus de confiance au jugement des critiques de « positif », du « nouvel obs », de « libé » et de « Télérama » qu’au mien.

En fait, c’est quand ça commence à devenir intéressant que ça part en c…

Outre une utilisation gonflante du gore et un réflexe quasi pavlovien de surenchère de la violence dans ce qu’elle a de plus sale qui commence sérieusement à me lasser, Ben Wheatley s’amuse à brouiller les pistes, passant d’un genre à l’autre avec, je dois le reconnaître, un sens certain du crescendo. Jusqu’au final croquignolesque et incohérent qui semble avoir « terrifié » nos prudes cinéphiles, moi ça m’a juste un petit peu donné l’impression d’avoir perdu un temps que j’aurais pu consacrer à des choses plus passionnantes comme couper mes ongles de pied ou regarder le magnolia du jardin fleurir.

J’ai lu une entrevue du réalisateur, summum d’autosatisfaction (niveau Lagarfeld), dans lequel ce « génie » gluant de prétention croit donner un cours de cinéma à tous les tacherons qui ne sont pas lui. Après avoir vu le film. Sinon je ne serais jamais allé au bout.

Dans une Arabie imaginaire, Annaud narre le conflit entre deux émirs pour le contrôle d’un no man’s land riche en pétrole. Survient alors le prince Auda, fils de l’un et otage adopté de l’autre, faible bibliothécaire de son état, qui face à l’adversité se voit pousser une paire de c… A la tête d’une armée d’esclaves, il se met en devoir de mettre tout le monde d’accord.

Voilà, voilà! Tout est dit.

Si l’on excepte Mark Strong, toujours impeccable, le reste, tout le reste, est a abandonner au soleil brûlant du désert jusqu’à oubli total.

Banderas, que j’aime beaucoup, est tout bonnement ridicule. Tahar Rahim, qui explosa littéralement avec un prophète de Jacques Audiard, campe un Auda semi-débile pendant la première moitié du film mais fini par se révéler dans le combat et devient un chef de guerre doté du charisme d’une endive bouillie jusqu’à la fin, beaucoup, beaucoup trop tardive du film.

J’ai songé un temps a tenter la comparaison avec Lawrence d’Arabie. Mais je manque de vocabulaire pour expliquer au mieux le gouffre abyssal qui sépare les deux œuvres.

Ah si, un point commun, tout de même, le sable est jaune.

Ça s’appelle L’or noir et vous n’avez ni besoin ni envie d’en savoir plus.

Viva Riva était vendu comme un film de gangster au scénario franchement inspiré de Tarantino. Je me dis chouette, peut être une pépite surprise congolaise comme avait pu l’être le sublime « la cité de dieu » du brésilien Fernando Meirelles.

Nakache!

Kinshasa! Pénurie d’essence, les bagnoles restent en rade aux abords des stations services.

Riva, exilé en Angola depuis un bout de temps pour des raisons qui encore aujourd’hui demeurent obscures, rentre au pays par le fleuve Congo, suivi de barges pleines à craquer du précieux liquide. Attendant patiemment une inévitable hausse des prix, il occupe son temps entre visites aux potes et aux putes. Pendant ce temps, un mystérieux homme en blanc flanqué de deux sbires patibulaires ratisse le pays à sa recherche.

Bon, bon, bon…

Avec un budget équivalent au prix d’un carnet de dix tickets de métro cairote, Djo Tunda wa Munga fait montre d’un poil plus de style que le diaporama que mon oncle Robert à fait de ses vacances à Venise. Si la vision qu’il donne du Congo est sans concession (machisme, corruption, nonchalance cool mais irresponsable), il passe complètement à côté de son décor, Kinshasa, cité forte de 9 millions d’habitants qui ressemble ici à un village de brousse. Le polar se veut pourtant ancré dans un enfer urbain, nuits chaudes, villas à la Scarface et bidonvilles.

La faute à une réalisation qui ne connaît pas le grand angle et dédaigne le montage.

Si certaines scènes d’intérieur sont chiadées, l’ensemble semble avoir été filmé par le réalisateur de « la clinica del amor perdido ». Les gunfigth sont poussifs au-delà du probable, et ce malgré une solide connaissance cinématographique comme en atteste les innombrables références (de « french connection » au « bon, la brute et le truand »). Le fond est touché avec le méchant de l’histoire, un grand échalas qui ne serait pas si mauvais acteur s’il avait évité de vouloir se composer l’apparence d’un méchant de James Bond, à savoir un démarche grotesque et une manière bien à lui de tenir son écharpe (on est au Congo, je le rappelle au cas où). Bizarrement, le scénar, lui, est ambitieux, lorgnant bien sûr vers le nihilisme d’un Reservoir dogs, mais flirtant aussi avec les embrouilles cartoonesques des premiers longs de Guy Ritchie (« Crime, arnaque et botanique », « Snatch ») avec ses truands qui s’agitent en tous sens, le tout arrosé d’un naturalisme propre aux grands cinéastes ricains des 70′s (Lumet, Cimino, Friedkin).

Alors soyons honnête, ce film est une daube. La question est de savoir pourquoi V et moi l’avons bien aimé.

L’entreprise est sympathique. Outre un total dépaysement (y compris au niveau des codes narratifs pourtant très influencés, je le répète, par 70 ans de polar occidental), on a un peu l’impression de voir une bande de potes filmant un semi-réel, à la fois très motivés et très amateurs. Et puis tout n’est pas à jeter non plus. Les scènes de bordel sont étonnantes avec des prostituées au corps recouverts de boue ou je ne sais quoi, leur donnant l’allure de prêtresses vaudou dansant autour d’un feu, parallèle aux bordels français des films d’après guerre qui déguiserait leurs pensionnaires en courtisanes du siècle précédent. La vamp locale, très sexy et terriblement fatale, sort tout droit d’un roman de Chandler.

La musique, africaine, est troublante. Extraordinaire rencontre entre Riva et la vamp, dans une boite, elle danse, c’est très suggestif, on croit entendre une techno invasive tellement tout cela invite à la transe, la scène de night club comme on voit mille par an sauf que là, c’est en extérieur, et il n’y a qu’un tamtam.

Envoûtant.

Lock out est une production Luc Besson d’après un scénar de deux lignes qu’il écrivit un jour en sortant de ses chiottes.

Une prison spatiale de haute sécurité où les prisonniers sont mis en stase, soit paralysés mais conscient. La fille du président effectue une visite, ça part en bib, les prisonniers s’évadent, le président envoie son meilleur agent, en tôle suite à une erreur judiciaire, sauvez là et vous aurez l’immunité, le gars accepte, un des prisonniers a des infos pour le réhabiliter, un de ses deux boss est dans le coup, et ça fait déjà plus de deux lignes, ‘tain que je suis mauvaise langue quand même.

Moi, j’aime bien Guy Pearce. De Priscillia folle du désert à deux frères en passant bien sûr par l’incontournable LA confidential, je suis preneur.

Alors oui, bien sûr, là, bon, voilà quoi! Un pompage de « New york 99″ mâtiné de « Fortress » (le film qui confina pour longtemps Christophe Lambert dans les abîmes de la série Z), ça fleure bon l’inutile nanar.

Mais il y a cette scène. Pearce libère la fille du président (donc), interprétée par la grande Maggie Grace (la pouffe feignasse de lost, au moins 1m80 sans talonnette). Celle-ci lui demande:

« -Mon père vous a dit quelque chose pour moi? Un message?

- Oui, vous êtes adoptée »

J’ai ri trois bonnes minutes.

La fatigue sans doute.

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Andarioch

02-04-2026

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Je parie que vous ne les avez pas vus - I - appartient au recueil critiques ciné rares

 

Critique de Film, Théatre, série. terminée ! Merci à Andarioch.

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