"Et après" est un poème mis en ligne par
"czerny31".non classique, moderne, vers libres,
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Et après
Bois de Puech Cambau J’aurais imaginé tel un fier destrier Une mule fourbue au pelage mité Peinant à remonter la sente du sous-bois Lestée du charreton pour la dernière fois La potée le chevreau la mogette et le chou De quelques temps déjà n’ont plus le même goût Le clairet de Quinsac ou la tarte d’orcettes Ne savent exalter les accents de la fête Les derniers feux du soir transpercent le feuillage Embrasent ce tableau singulier attelage Honoré par la pie et la bergeronnette L’oie cendrée qui fait rare en l’instant restent muettes A demain mes amis car point de funérailles En ce lieu dès tantôt je veux grande ripaille Point de lamentations ni de larmes morbleu Quelques bons tonnelets sur des chants graveleux Une brise toupille épaissie des parfums De ces plages lointaines où règnent les embruns De ce pays mauresque et son souk aux épices De profonde futaie que les mousses tapissent Femme je pense à toi de sourire en caresse A la magie d’un sein au charme d’une fesse En cet instant crucial espéré solennel Voici que me trahit une gaule rebelle Mes enfants posez moi au cœur de ma clairière Lucarne sur les nues d’étoiles familières Sur un bloc de granit à la façon d’un roi Face au ciel face aux dieux que déjà je tutoie Le temps m’aura manqué mes petits ma lignée Pour vous léguer ce dont j’ai moi-même hérité Oh point d’or ni de biens juste quelques crédos Point de ceux jouvenceaux que prônent les bedeaux Le chahut des haubans sur le mât de misaine Embrase d’euphorie le bouillant capitaine De larguer toute amarre au matin de conquêtes Pour une île opulente aux dires des poètes Sur ce caillou blessé le monde est trop petit Ces dernières saisons distillent mon ennui La plèbe crie au loup brade sa liberté Pour quelques boniments qui promettent la paix Flatte la main de ceux qui brandissent le fer Qui marquera au feu les promis à l’enfer Un hibou s’égosille en réponse aux grillons Sous des joutes de lune enfantées d’Apollon L’aubade du frisson de la cime des chênes Fait frémir le grand foc et chanter les cadènes Clairvoyant que mon heur est extrême en ce soir De pouvoir richement vous donner l’au-revoir De mes mains boucanées j’effleure vos visages Comme autant de trophées talismans de voyage Protégez avec zèle un si grand privilège Qui me voit mettre pied sans contrainte en l’allège Laisser voir mon fessier à ce siècle infesté De savants de breloque et docteurs éhontés Par des lois et décrets maîtres en perfidie Ils enchaînent le sage ils ont volé nos vies En meutes de bâtards cupides prédateurs Aliènent la raison en jonglant sur nos peurs Leurs blouses sont rougies leur éthique bafouée Par quelque onguent létal ou par quelque opiacée Sur un ton sépulcral débitent un sermon Nous vendent un trépas qui ne dit pas son nom A demain mes enfants sous de meilleurs auspices Laissez-moi maintenant mon seul chien pour complice Intime confident compagnon de biture Blotti contre mon sein sa chaleur me rassure Si tant est que j’aie peur en cette obscurité Cet affreux corniaud sait aimer sans juger Ecoutez les oiseaux ce qu’ils ont à vous dire Devinez le murmure étouffé du zéphyr Ils porteront ma voix donneront des nouvelles Un jour vous guideront dans l’étroite venelle Gardez-moi je vous prie du blâme des bigotes J’aurais imaginé que pleure la hulotte Roquevidal 12/09/2020 |
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Et après
appartient au recueil Chocs et onguents
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Poème terminé ! Merci à czerny31. |
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