Ancolies Le 28-07-2021 à 19:27
J'ai lu Pagnol très jeune, et j'ai aimé. Qu'en penserais-je 45 ans plus tard, moi qui ne lis plus depuis 20 ans que des auteurs américains. Pourquoi ? Parce que j'y trouve un souffle, une imagination, une liberté bien plus vastes qu'ici, que j'explique peut-être à tort par l'immensité de ce pays et sa jeunesse, 2 ou 3 siècles d'inconscient collectif contre plus d'une bonne vingtaine pour nous, qui nous conditionnent, nous réflexent, nous emprisonnent... Bien entendu je ne connais qu'une ridicule infime partie de ce qui est publié aujourd'hui en Europe mais chaque fois que je tente le coup, l'étroitesse et le manque de lyrisme font que le bouquin me tombe des mains. J'ai réessayé Cronin, le romancier écossais du siècle dernier que j'avais jeune adoré, et aussi Zola, les livres m'ont fait l'effet que je décris. Il faudrait que je réessaie Pagnol, cette chronique partagée et bien écrite m'en donne envie. Je le note pour mon prochain passage à la médiathèque. Par contre j'ai vu et aimé les films de Claude Berri. Moi qui aime les justes et les honnêtes j'ai détesté Montand et Auteuil, c'était réussi.
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Albert B Le 14-09-2025 à 19:36
Bonjour Briséis, J’ai trouvé votre résumé très vivant et votre avis très juste. L’Eau des Collines est une œuvre qui capture parfaitement l’âme de la Provence, avec ses paysages lumineux et ses villages pittoresques. Ce qui me frappe toujours chez Pagnol, c’est la manière dont il rend ses personnages humains et crédibles, avec toutes leurs forces et leurs faiblesses. Les traits de cruauté, de naïveté ou d’orgueil ne les rendent jamais caricaturaux ; au contraire, ils paraissent familiers, presque voisins, et c’est ce réalisme qui rend l’histoire si prenante. La tension entre Jean et les Soubeyran, la vengeance subtile de Manon, et les réactions des villageois créent un mélange d’émotions très riche. On passe du rire à la tristesse, de l’indignation à l’admiration, et l’on ressent presque physiquement la chaleur du soleil et le bruissement des collines. Même les dialogues et les détails de la vie quotidienne ont ce charme particulier qui fait que l’on s’attache à l’histoire. J’apprécie aussi le fait que cette œuvre fonctionne à plusieurs niveaux : c’est une fable universelle sur la nature humaine, sur l’obstination, le courage et la justice, mais c’est aussi un récit profondément enraciné dans son époque et son terroir. Et bien sûr, l’adaptation cinématographique de Claude Berri, avec ses acteurs emblématiques, est un merveilleux prolongement pour redécouvrir cette histoire sous un autre angle. En résumé, L’Eau des Collines est pour moi un exemple de la puissance de la littérature et du cinéma français, capable de mêler poésie, drame et humour dans une même œuvre, et de nous faire voyager au cœur d’un monde à la fois lointain et proche de nos émotions.