Albert B Le 06-03-2026 à 8:42
Bonjour Donald, votre texte m’a beaucoup amusé tout en laissant planer un léger malaise, ce qui est sans doute l’un de ses charmes. J’ai particulièrement apprécié ce mélange entre le quotidien très banal d’une salle de classe et l’irruption progressive de l’absurde, presque comme si la normalité se fissurait sans que personne ne semble vraiment s’en rendre compte. La figure de Mademoiselle Martinot est savoureuse : on la découvre d’abord comme une professeur de mathématiques sévère, presque dogmatique, puis elle se transforme soudain en une sorte de performeuse étrange, entre le théâtre japonais et les arts martiaux imaginaires. Le regard de Corentin fonctionne très bien comme point d’ancrage pour le lecteur. Son hésitation, son sentiment d’être le seul à trouver la scène étrange, traduisent avec finesse cette impression troublante que l’on peut parfois ressentir lorsque tout le monde semble accepter une situation qui nous paraît pourtant complètement décalée. J’ai aussi beaucoup aimé la chute : l’idée que le professeur de géographie se mette à son tour à danser laisse entendre que la folie n’était peut-être pas un simple accident, mais une sorte de contagion silencieuse. Cela donne au récit une touche d’humour noir et absurde très réussie. Merci pour ce moment de lecture à la fois drôle, étrange et légèrement inquiétant. Bien amicalement, Albert.
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Donald Ghautier Le 06-03-2026 à 8:52
Merci Albert, le pire c'est que cette histoire m’a été inspirée par le pétage de plomb de ma professeure de mathématiques en quatrième ; elle a été ramenée je ne sais où par le surveillant général et ensuite mise en congés. Ma mère enseignait également dans ce collège et elle m’a dit que ça arrivait parfois, le métier étant difficile. Heureusement, il n’y a pas eu d’autres cas à ma connaissance. A l’époque, c’était déjà compliqué d’enseigner mais le respect de la profession faisait tenir les professeurs. Ensuite, il s’est dilué dans je ne sais quelle considération sociale, rendant la profession moins bien reconnue, les élèves moins respectueux et leurs parents plus détachés. Cette nouvelle date et il en existe une autre version, publiée ailleurs, mieux écrite à mon goût mais je laisse celle-ci dans ce recueil qui représente à mon goût une forme de frise archéologique de mon écriture. Cela me rappelle mes débuts, pas forcément faciles, sur DPP. Merci encore d’avoir pris le temps de lire et de commenter cette nouvelle. Bien cordialement. Donald.