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Comment devenir inempathique ? - Commentaires

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Deogratias

Deogratias Le 13-11-2023 à 18:23

Bonsoir Ancolies, réfléchissez bien avant d'arrêter votre bénévolat. Il ne faut jamais prendre de décision définitive quand on est au creux de la vague. ...Pourquoi ne vous inscririez vous pas à un club d'échecs "de visu" ? Ici, il y en a un où les gens se rendent pour jouer ensemble plusieurs fois par mois. Cela vous changerait ...et vous verriez un autre public que toujours des miséreux et des migrants...Je me permets de prier pour vous. ...A tout bientôt. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 13-11-2023 à 16:50

Bonjour Forêt. Comme je vous le disais dans ma réponse précédente, maintenant, ou juste en ce moment je ne sais pas, je m'emmerde au Secours Catholique, j'en ai même marre de tous ces miséreux et des migrants, si c'est pas beau ça. Je me demande si je ne vais pas arrêter. ¨Pour faire quoi ? Jouer aux échecs sans retenue ? Bref, comme vous le voyez et l'avez vu, rien ne va plus...

Deogratias

Deogratias Le 09-11-2023 à 16:15

Bonjour Ancolies, je viens de lire cette proposition de lecture en page d'accueil. C'est un beau texte. Je crois que vous affirmez tout le contraire de ce que vous croyez : vous êtes tellement empathique que l'idée de dire NON de façon répétitive à ceux qui demandent de l'aide vous est insupportable...Mais vous n'avez pas le choix. C'est ainsi. On fait au mieux et on ne peut satisfaire tout le monde. J'espère que depuis ce texte vous aimez toujours ce que vous faites au Secours Catholique. Malgré les difficultés croissantes qui nous entourent...J'aurai bien des choses à vous dire sur le sujet mais ce serait beaucoup trop long. ...merci pour ce que vous faites déjà et surtout pour ce que vous êtes. C'est rare. A bientôt. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 18-12-2022 à 9:42

Salut YennyJ. Non, à vrai dire, je ne sais pas vraiment de quelles coulisses tu parles. Moi j'ai bien connu celles de la pub avant de tout larguer et devenir indépendant à 30 ans. 10 années passées dans ce "métier" où j'aurai bien fait c... mes patrons en refusant de jouer le jeu, mentir, retourner sa veste, plier, m'extasier devant des m..., être incohérent tout le temps... J'en ai vu des gens qu'ils ont poussés à bout. Il y avait des "bandes" au sein de ces agences, des personnes qui faisaient équipe pour se maintenir mutuellement par exemple lors de fusions. Lorsque l'on tentait de me recruter pour rejoindre tel ou tel clan, je disais Je ne suis pas contre toi ni avec tes ennemis, je suis seul dans mon camps. Je croyais ainsi n'être contre personne. Naïf ! Si t'étais pas avec eux t'étais contre eux. Bref j'étais en fin de compte contre tout le monde, c'est ainsi qu'ils le voyaient. Aujourd'hui je suis seul. C'est difficile( et pas mal associal) mais bien plus simple.Comme chantait Higelin : Cela dit, dans ce putain d' cim' tierre, j'ai perdu mon humeur morose, jamais plus personne ne vient, m'emmerder quand je me repose...

Jenny

Jenny Le 07-12-2022 à 0:13

...A vrai dire, nous ne parlons probablement pas des mêmes coulisses. Je témoigne de celles que j'ai connues, d'escrocs dénués de tout scrupule qui menacent ton intégrité quand tu ne lâches pas l'affaire, que tu ne rampes pas, que tu leur tiens tête. Avec dans la série, des banques très connues, féroces, manipulatrices, n'hésitant pas un instant à briser dans tous les sens du terme de pauvres mères de familles élevant seules leurs enfants ou encore de braves papys contraints au suicide si un voisin, en désespoir de cause, ne finissait pas par franchir la porte de mon bureau, etc, etc. OUI ! des saloperies de coulisses ; des exploiteurs de misères ; je pourrais en relater des kms ! Et moi, ça me fait entrer en guerre... Voilà, voilà... A bientôt, JennY

Ancolies

Ancolies Le 29-11-2022 à 10:23

Salut D'Jenn. 2 ans après la parution de ce texte, la situation déborde au Secours Catho, comme dans les autres assos : paupérisation croissante, en plus des migrants habituels les ukrainiens et dans une moindre mesure des russes également, en cette période le froid qui commence à être là, la crise énergétique, le covid qui passe et repasse par là, les problèmes notamment de logements inextricables... nous ne savons plus où donner de la tête. Pas mal d'abus aussi : des gens qui viennent aux épiceries solidaires dans de grosses voitures (débectant. Là c'est du mépris que je ressens). Ceci dit, je suis vraiment surpris du nombre de donateurs. C'est grâce à eux bien sûr (et aux bénévoles) que ce genre de structures peuvent exister et l'indifférence n'est pas aussi répandue que je le croyais à certaines époques. Tous les coulisses ne sont donc pas si sordides. Quant à moi je fais mon travail comme un professionnel automatique, je réponds, j'oriente, en ne me demandant même plus si je ne vais pas arrêter. Récemment c'était un peu inédit : j'étais à la fois face à un ukrainien et un russe qui ne se connaissaient pas. Le russe parlait anglais, l'ukrainien non. Il faisait donc ses demandes au russe, qui me les traduisait en anglais, je répondais en anglais au russe qui traduisait à l'ukrainien. Ou alors ils utilisent les applis de traduction des smartphones, qui ne sont pas très au point. Exemple : j'ai été au raton-laveur et il n'y avait personne. Parfois c'est très long pour comprendre quelqu'un (et qu'il comprenne ta réponse).

Jenny

Jenny Le 28-11-2022 à 23:01

Salut Ancolies, C’est courageux d’avouer cette lassitude. Il est nécessaire de se régénérer pour subir son impuissance face au déferlement de demandes. Je comprends ce que tu éprouves, je suis toujours partie avant de me perdre en route et ainsi mieux agir autrement. J’ai été conseillère juridique (bénévole) dans une association très connue. J’ai fini par me mettre en danger pour parvenir malgré l’inertie ambiante (peur de perdre des procès) à défendre des victimes abusées par des escrocs (terme interdit, je précise…) sans scrupules. Il faut enfoncer tellement de portes pour parvenir à gagner des batailles qu’on s’épuise vite. Ici c’était cela ; ailleurs, c’était l’outrecuidance de banquiers sans vergogne d’une implacabilité effrayante face à des proies extrêmement vulnérables. J’ai emporté des batailles mais à quel prix. Il faut les convaincre de les poursuivre sans relâche, et de les dénoncer dans la presse à coups d’articles dérangeants. Les faibles arrivent toujours plus nombreux et les bulldozers toujours plus odieux. Ce Monde n’est accessible qu’à ceux qui se maintiennent la tête au-dessus de l’eau en priant le ciel de ne pas croiser d’individus prêts à te faire boire la tasse quand ce n’est pas t’enfoncer la tête sous l’eau. J’ai une vision très négative de ce Monde, probablement parce je ne me fais plus aucune illusion sur ses coulisses sordides. Ce n’est pas ton empathie qui est en cause, c’est l’overdose. Faire une pause et agir ailleurs autrement. Il faut des victoires pour tenir sinon, on se consume lentement. Mon point de vue n’est pas non plus réjouissant… malgré le cuir tanné, l’audace, et les mots pour percuter. A bientôt, Jenny 🙂

Ancolies

Ancolies Le 28-12-2020 à 20:38

Bonjour Christiane. Que vous répondre ? Et je ne suis pas certain de comprendre si ma perception de la misère vous agresse. Si tel est le cas, désolé. Sinon je suis d'accord avec vous, je ne me sens pas en cause.

Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 28-12-2020 à 13:20

Bonjour Ancolies, on fait comme on peut avec les moyens du bord, on ne peut pas donner ce qu'on a pas. Mais déjà la vision, la perception de votre ressenti face à la misère du monde est envahissante et on se protège comme on peut. La fée n'existe pas , les structure d'aide trop encadrée pour décadrer. Par contre cherchez bien un geste est fait par votre désillusion sur la question, vous n'êtes pas en cause. Christiane

Ancolies

Ancolies Le 16-10-2020 à 18:13

Bonjour Donald. Bien sûr qu'il nous faut sans cesse être vigilants et nous remettre en question sur le rôle que nous tenons personnellement dans cette société qui comme tu l'écris n'attend de nous que d'être des surconsommateurs pour résumer. Biens sûr que notre rôle est d'être à notre humble échelle et chacun avec ses propres atouts contributeur à l'élévation d'une communauté humaine et spirituelle (sur DPP, si dérisoires qu'elles soient, nous nous avons nos plumes). Et cela passe avant tout par la relation à l'autre, démuni ou pas. Pour commencer, donner c'est comprendre, pense-je depuis longtemps. Egalement il faut relativiser les donateurs anonymes que tu évoques aussi. Leur nombre a considérablement décrut depuis que la fiscalité a récemment changé, leur accordant bien moins de déductions d'impôts. Bénévole dans une association ou pas, il y a de toute façon des millions de raisons de perdre toute empathie, entourés que nous sommes de corruption, d'avidité et d'envie, de médiocrité à vous dégoûter. Mais toutes les raisons du monde n'y changent rien, nous sommes chacuns seuls et uniques responsables de ce que nous sommes, c'est-à-dire de ce que nous faisons. Il nous appartient de ne pas rester ou tomber dans l'indifférence. Voilà ce que je peux répondre à ton commentaire cher auteur. En te remerciant de m'avoir lu.

Donald Ghautier

Donald Ghautier Le 15-10-2020 à 20:37

Bonsoir Ancolies, c'est un témoignage sans concession que tu nous livres là. Il donne de la matière pour penser à notre engagement solidaire, que ce soit dans le dur comme tu le fais ou par délégation comme le font la plupart des donateurs anonymes. Je ne sais pas si je pourrais ne serait-ce que m'engager un centième de ce que tu t'engages, pas par flemme ou indifférence mais parce que je n'aimerais pas en arriver là, à perdre l'empathie que j'ai pour les gens. C'est donc courageux d'écrire un tel texte qui résonne aux oreilles de beaucoup d'entre nous, je crois, et nous amène peut-être à reconsidérer notre rôle dans la société où nous sommes attendus en tant que consommateurs de biens, de services, d'idées, de loisirs mais pas en tant que contributeurs à l'élévation de la communauté. Cette élévation passe pourtant par s'occuper des plus démunis. Merci pour le partage. Amicalement. Donald.

Ancolies

Ancolies Le 13-10-2020 à 10:24

Bonjour Hanh. J'assure mon travail bénévole comme un professionnel distant. Peut-être avez-vous raison et devrais-je en changer ou faire une pause. Merci de votre lecture et votre compréhension. Amicalement.

Hanh

Hanh Le 12-10-2020 à 19:51

Bonsoir Gilles, vous parlez un langage que je comprends puisque je peux me mettre à votre place totalement sans pourtant l'avoir atteinte. Par moment oui je réalise que je fais ça souvent de dire non finalement, aux quêtes diverses. Je ne travaille plus dans une association mais j'ai travaillé dans quelques associations bénévolement il y a quelques années encore. Le sentiment d'impuissance avec sa propre protection à assurer impose ces non qui deviennent des NON devant le nombre croissant de quêtes donc de misère. C'est un cercle vicieux pour vous. Peut être une pause humanitaire vous ferait du bien... Amitiés. Hanh

Ancolies

Ancolies Le 12-10-2020 à 12:41

Bonjour Lily. Eh oui, le caritatif ou comment devenir peu à peu des âmes de pierre... C'est un peu comme ces soldats entraînés à tuer et qui ne font plus de différences. Solidairement comme tu dis.

Ancolies

Ancolies Le 12-10-2020 à 12:38

Un peu blindé, tu l'as dit WW. Mais comme je précise à Madeleine un peu plus bas, un peu pas mal lassé - même si à priori ça n'a rien à voir avec le texte ici présent - de faire des chansons ou des textes qui ne rassemblent qu'une demi-douzaine d'auditeurs-lecteurs. Ce nouvel double-album, pour quoi faire ? Et mon prochain livre La joie mélancolique laissé en plan depuis un (trop) long moment ? Au fait t'en es où avec The BookEdition ?

Paradise

Paradise Le 11-10-2020 à 17:48

C’est un texte qui sort des tripes et que ceux qui ont toujours essayé de faire leur part de solidarité envers les autres à commencer par regarder comment aider autour de soi comprennent. A mon petit niveau, je viens en aide aux personnes âgées qui vivent dans mon quartier et j’avoue être dépassée par l’ampleur de la demande croissante. Il y a le besoin de rompre la solitude et celui de pouvoir compter sur une personne pour solutionner des tas de soucis matériels. Je finis par déprimer en constatant l’indifférence de certains proches et mon incapacité à répondre présente à chaque appel. J’essaie d’être aussi charitable qu’efficace, c’est difficile à gérer. Là aussi, je m’interroge sur ce qu’il faudrait faire pour mobiliser concrètement. Je constate que fatigue ou pas, tu restes fidèle à ton engagement. Solidairement, Lily

Wolfgang Warren

Wolfgang Warren Le 11-10-2020 à 17:14

Salut Ancolies, c'est une sacrée auto-analyse que tu fais dans ce texte...Tu t'es peut-être blindé pour ne pas avoir à souffrir des réactions amères, trop sensibles ou violentes des personnes à qui tu réponds par la négative. Ce que je vois en filigrane est plutôt une lassitude de devoir dire non et revivre la même scène des dizaines de fois, peut-être aussi un sentiment de ne pas être plus utile que ça, de ne plus retrouver le goût à aider les gens. Mettre la main à la poche, je ne compte plus le nombre de fois où je l'ai fait dans la rue, sans réfléchir, une goutte d'eau dans un océan de personnes à aider. Mais faire ce que toi tu fais depuis si longtemps, ça force le respect, quelles que soient les réactions des gens. Pratiquant, oui. Comme mon père, pas croyant pour deux sous, mais très pratiquant, ça oui. Veille un peu sur toi-même Ancolies, car c'est un peu de toi qui repasse la porte d'entrée en bougonnant, tu le sais au fond. Ciao, Manu

Ancolies

Ancolies Le 10-10-2020 à 7:22

Bonjour Madeleine. Vous me parlez à juste titre d'une autre activité dans laquelle je pourrais me sentir utile. J'en ai une justement : l'écriture et la chanson. Mais malheureusement le lecteur ou l'auditeur est très peu au rendez-vous. De là aussi peut-être me vient cette lassitude que je dépeins dans ce texte. Merci de votre lecture.

Madeleine Fortier

Madeleine Fortier Le 09-10-2020 à 15:21

Ancolies, je pense que l'on peut souffrir de perte d'empathie ou d'usure de compassion quand on se retrouve confronté à la misère ou à la souffrance des autres à répétition en se sentant impuissant, C'est quelque chose que j'ai connu en étant proche aidante, puis dans mon travail de conseillère en emploi auprès de femmes vivant des difficultés de toutes sortes. Je crois que le sentiment d'impuissance, le sentiment qu'on ne peut rien faire, rien apporter, nous gruge et nous épuise. Il serait peut-être préférable pour vous de trouver une autre activité qui vous permettra de vous sentir vraiment utile. Prenez soin de vous!

Ancolies

Ancolies Le 09-10-2020 à 11:04

T'as peut-êre raison Ethan, voir un peu autre chose. Sinon je n'ai aucune pulsion de mort, je suis juste tranquille avec ça. A ce sujet tu peux écouter ce titre sit tu ne l’as déjà fait https://www.de-plume-en-plume.fr/histoire/entre-elle-et-moi-maquette Bonne journée.

Ethan Mendesbaum

Ethan Mendesbaum Le 08-10-2020 à 19:28

Aider, s’aider; soigner les autres, se soigner. Dans tous ces choix, bénévoles ou professionnels (j’ai travaillé dans le secteur associatif social quelques décennies), il y a une vocation objective et une dimension subjective. Dans mon expérience, il faut aller un peu bien pour faire un peu de bien. Peut être faire un break, voir autre chose un temps, et puis avec ce p.. de Covid, la misère croît et l’air semble porter cette mort dont tu te désintéresses. A tort, il faut s’intéresser à la mort, pour l’équilibrer du désir de vie. Je ne suis pas croyant non plus mais j’ai beaucoup écouté et pratique Freud: pulsions de vies et pulsions de mort sont intriquées et il n’est pas formidable qu’elles se desintriquent. « Donnez moi de nouvelles données » chantait tu sais qui. On en est là. Chacun différemment. Au moins peut on entendre ça chez l’autre. Quand il l’écrit « à la cantonade », mon Cher Ancolies. Ethan