"Vous me manquez" est un texte court mis en ligne par
"Deogratias"..
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Vous me manquez
Le trou s’agrandit chaque jour, j’y tombe cent fois par minute, comme dans un saut vers l’abîme. Vous me manquez tant. On dirait une chute qui n’en finit pas, prise entre ivresse et vertige. Je me fais l’effet d’une feuille qui tourbillonne sous les assauts du vent. Je n’aurais jamais cru la phrase célèbre : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », avant d’être effeuillée moi-même par l’absence de vous, de vos mots, de vos appels. Oh, comme c’est vrai : tout se désole, tout s’éteint, tout se meurt. Le goût de vivre s’estompe, les bourrasques intérieures n’ont plus de répit. Quel paysage… On pourrait croire que rien jamais n’avait existé. Avant vous. Avant vos mots, vos poèmes et vos chansons. Vous me manquez. La bougie près de mon lit danse sa flamme, la pluie se cogne à mes fenêtres, mes plantes rient du fracas de l’orage tandis que je reste muette. À la fois ici et ailleurs. En vous, dans vos ritournelles, vos refrains et vos jeux de mots. C’est si peu dire combien le vide que vous avez laissé me donne l’air d’un épouvantail au milieu d’un champ solitaire. Les oiseaux vont et viennent autour de moi, pas le moins du monde effarouchés par ma danse immobile. Je ne les regarde même plus, je n’entends plus leurs psalmodies ni leurs chorégraphies célestes. Plus rien ne m’attire, plus rien ne me plaît, plus rien. Vous me manquez tant. Un grand trou invisible dans mon salon avale mon corps à tout instant. J’y succombe sans m’en rendre compte, si ce n’est à mes soupirs. Le soleil darde ses doigts géants jusqu’à moi ; on dirait qu’il veut m’attraper, le vilain lumineux que je ne peux rejoindre. Mes livres bien rangés sur les étagères restent fermés : on dirait des briques dressées, comme les murs d’une prison. Votre souvenir hante ma mémoire, mon appartement semble plus vaste, immense comme un désert. Le silence est plus grand depuis le jour où tout s’est arrêté. Oh, comme vous me manquez ! Pourtant votre présence anonyme flotte dans l’espace où je respire. Vous restez près de moi, semblable à une rose éternelle dans le vase de mon âme, pareille aux cicatrices qui marquent de leurs empreintes nos vies et nos visages. Je n’y peux rien, je ne veux plus lutter. Vous m’habitez.
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Vous me manquez
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Texte court terminé ! Merci à Deogratias. |
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