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Mon oiseau blessé - Texte court

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Mon oiseau blessé

 

 

Vous étiez tombé au pied de l’arbre, les ailes brisées. Vous aviez mal. La chute avait été cruelle. Votre tête avait cogné le bitume, et vous paraissiez encore un peu sonné. Étourdi d’avoir bien trop aimé, vous y aviez perdu des plumes.

Tout meurtri, au pied du chêne, vous souffriez. Vous aviez volé  haut, vos ailes étaient trop petites. Vos élans n’avaient pu vous retenir et vous gisiez à terre. Dans le vertige d’avoir trop aimé, vous étiez encore tout déplumé.

Vous respiriez au sol, étonné de votre vol plané. Les hauteurs se méritent ; vous n’étiez pas bien préparé. Encore un peu surpris, vous étiez couvert de bleus. Dans la douleur, vous étiez assommé.

Oh mon petit, mon oiseau blessé qu’aucun filet ne peut plus attraper, mon oisillon si fragile, encore tout mutilé… aurais-je pu vous guérir ? Nul ne le sait.

Vous étiez entaillé, vos plaies saignaient encore. Votre cœur tout chaviré n’avait pas bien compris que dans l’ivresse de l’amour, on peut bien trébucher. Je soufflais sur vos plumes pour apaiser votre peine, mais c’est tout juste si vous me remarquiez.

Oh mon enfant si peu habile, vous trembliez tant. Dans les vibrations de votre âme engourdie, vous ne pouviez savoir que de l’amour on ne peut se départir.

Oh mon messager de l’air qu’aucune main n’avait jamais ramassé, mon tendre volatile encore tout effondré… aurais-je pu vous soigner ? Nul ne le sait.

Votre chant soudain s’était arrêté. Je n’entendais plus que la complainte d’un cœur usé d’avoir bien trop aimé. Vous étiez si délicat entre mes doigts qui vous avaient trouvé. J’embrassais vos cicatrices, mais la buée de mes mots ne vous ranimait pas.

Oh ma créature ailée qu’aucun regard n’avait encore considérée, vous me blessiez le cœur à votre tour par tant de contorsions. Vos cris et vos soupirs de petit passereau  me transperçaient par le dedans. Aurais-je pu vous délivrer ? Nul ne le sait.

Votre petit être sur ma paume nue, comme dans un nid, je vous caressais. Vous pleuriez sans le savoir tous vos amours perdus. On ne vous avait pas dit qu’à cette flamme on risque de se consumer. Tout brûlé par hier, j’éteignais vos cendres encore si chaudes.

Oh mon trésor, moineau candide émerveillé par la beauté, on ne nous prévient pas qu’aux cimes de l’extase peut succéder le vide des adieux. Vous racontiez votre passé entre deux hoquets d’enfant délaissé. J’étais si touchée, muette devant votre courage.

Oh mon chantre esseulé, mon aventureux du ciel, encore tout marqué par son histoire… aurais-je pu vous consoler ? Nul ne le sait.

Oh mon Amour, petit oiseau, je vous ai tant aimé…

Qu’à mon tour je resterai blessée.

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Deogratias

10-03-2026

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Mon oiseau blessé appartient au recueil textes

 

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