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Vivre sans attendre - Coup de gueule

Coup de gueule "Vivre sans attendre" est un coup de gueule mis en ligne par "GwenAlice"..

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Vivre sans attendre

 

 

 

Combien d'entre nous, on ressentit une soudaine envie de se poser à une terrasse, de boire un verre ou encore de manger un bon repas dans un petit restaurant de quartier, sans trouver écho auprès de ses amis ?

 

Et que se passe-t-il alors ? Et bien nous allumons notre tv et nous nous faisons réchauffer un plat misérable de la grande distribution ultra salé et, on égaie le tout avec des petites bulles de Perrier.

Avouons-le, il n’est pas facile de se dire : Allez, ce soir je m’invite au restau. Pas envie de me faire à manger et je me sors.

 

Dommage non ? Pourquoi ne pas aller au bout de ses envies ? Si j'ai envie de manger un méga burger maison avec des frites et un moelleux au chocolat et tout ça tranquillement assise sur chaise à me faire servir, ce n'est pas pour me retrouver dans mon canapé devant une assiette d'œufs brouillés et des haricots verts à regarder scène de ménage. Bon en plus comme je n’en ai pas de ménage et donc personne avec qui m’engueuler ce n’est pas pour regarder ceux des autres…

 

J’ai tout naturellement décidé d’aller chercher le courage de sauter le pas. Il fallait que j’ose m’inviter à un petit dîner.  Que je passe du temps avec moi en extérieur, que je me sorte un peu. Puis, j’air réalisé que je méritais plus qu’un dîner. Je fais tellement de chose pour moi que je mérite de m’offrir un petit weekend. C’est vrai, j’aime découvrir et voyager seulement je n’ai pas de pas d’homme pour m’inviter et puis les amis … C’est déjà compliqué de caler une date pour un restaurant entre amis alors vous imaginez un séjour ?

 

Il y a tellement de choses à voir et à découvrir. Sans pour autant aller loin. Il nous suffit de mettre un coup de clef pour démarrer notre voiture et deux heures plus tard nous avons changé de décor.

Seulement voilà… avant ce coup de clef il faut s’organiser.

On contacte les copains et les copines, on lance notre idée du siècle et généralement tout le monde est enchanté et surtout partant.

Il faut donc fixer une date. Déjà là, sur 10 amis partant, arrivé à cette étape nous ne sommes plus que 4.

Trop compliqué, le boulot, le (ou les) chéri(s) des uns et des autres (un problème de moins en ce qui me concerne), les enfants, les fêtes …  Visiblement tout le monde à une vie bien remplie. Preuve que je ne suis pas tout le monde.

 

Nous fixons donc une date avec nos 4 amis rescapés et n’ayant pas encore d’excuses pour s’échapper. Á partir de cette étape, 2 et demi sont déjà moins catégorique sur leur  « oui super ça me tente grave ».

Date fixée avec 1 et demi restant et les 2 et demi devenus hésitant. On trinque, tout le monde imagine les supers soirées et les petits restaurants charmants qui n’attendent que nous. On fait chauffer Tripadvisor, la soirée continue dans la joie et la bonne humeur.

 

Puis, les jours passants on arrive au moment où il faut passer aux réservations et donc se délester de quelques Euros. Et oui, le bon temps à un prix malheureusement.

C’est là qu’un phénomène étrange se produit. C’est à cette période que la vie décide de placer entre ce week-end charmant et nous, des imprévus totalement improbables, qui n’arrivent à personne, sauf.. à nos 4 rescapés.

 

Nous revoilà à notre point de départ, à deux… Notre projet et nous.

On place ce projet dans un coin de notre tête (appelé oubliette) et on se dit qu’un jour… (Mon prince viendra et le loto tombera…).

 

Et bien STOP ! Mes oubliettes à moi, sont suffisamment remplies. Il y a tellement de projets oubliés, qu’ils finissent par ne plus respirer et à m’étouffer d’ennuis et de regret. Et puis ce n’est pas en laissant le vide s’installer dans ma vie que je vais la remplir.

 

J’ai donc décidé de vivre mes envies et de le faire seule s’il le fallait.

Après tout, ma règle n° 1 n'est-elle pas de ne plus attendre ? Ne plus attendre de vivre demain ce que je peux vivre aujourd’hui. De ne plus attendre quelqu’un. Ce quelqu’un qui lui ne m’attend pas toujours et quand il le fait c’est pour mieux se faire attendre en retour.

 

Changer un statut Facebook, c'est facile. On tapote quelques touches, on envoie et on attend les likes. On se sent importante voir même certain jour, philosophe. On a rappelé à tout le monde notre existence et on est devenue la populaire du jour. Youpi ! 30 likes mais personne pour partir. Tout le monde se suit sur les réseaux sociaux mais personne ne suit personne dans la vraie vie !

Appliquer une phrase lancée dans sa vie virtuelle, à sa véritable vie est une autre étape.

Dans le virtuel nous sommes tous de grands courageux aventuriers.

Seulement une fois l’écran du smartphone en veille et l’application sociale fermée, nous redevenons les rois du rêve, inventeurs de grandes excuses pour ne pas sauter le pas.

 

Cette année j’ai 35 bougies derrière moi, ce n’est ni jeune ni vieux, c’est juste parfait.

Ma première phrase de ma nouvelle année de vie : je m’en fou, j’ai 35 ans. Elle est brute de décoffrage et ne veux pas signifier grand-chose dans le fond. Pourtant je me la suis suffisamment répétée pour me donner le courage de ne plus attendre et commencer à me laisser porter sur mes vagues d’envies sans regarder combien de personne prenne place à côté de moi.

 

 

C’est donc du haut de ces 35 bougies, que je me suis posée avec moi-même et que je me suis demandée où j’aimerais bien aller passer un week-end.

 

Un endroit pas trop loin, mais beau parce que j’ai un ...à alimenter et que Dunkerque ce n’est pas très vendeur.

Déjà que lorsque l’on va me demander : mais avec qui tu pars ? Je vais devoir répondre : Avec moi-même. Sur le coup quand on n’est pas habitué, ça fout un coup.

C’est dans ces moments là que j’imagine la solitude se matérialiser en pancarte lumineuse avec les inscriptions : No friend / No life, juste au-dessus de ma tête, pour être sûr que tout le monde sache à quel point être célibataire au milieu de copines mariées et torchent bébés, rend la vie sociale quelque peu merdique.

 

Pour être certaine de ne pas me défiler je me suis mise une date butoir. Mon célibat, ma solitude et moi avions donc jusqu’à ma prochaine bougie pour trouver l’opportunité de partir et seule s’il le fallait. Seulement voilà… comme les opportunités ne se cachent pas entre deux arbres au fond du jardin (et comme je n’ai pas de jardin), j’ai dû la créer moi-même.

 

C’est comme ça qu’un vendredi en fin d’après-midi, j'ai posé mon sac chez Michel, dans le pays du Trégor, pour prendre place dans l'ancienne chambre de son fils.

Oui, j'ai dormi chez un inconnu et j'ai même petit déjeuné avec lui… Même pas peur !

J'ai mangé seule trois fois au restaurant et, si l’idée de manger seule autour de gens accompagnés ne m’enchantait pas, je ne me suis jamais sentie seule.

En tous les cas, pas plus que les gens accompagnés qui ne savent quoi se dire, mais qui se sentent obligés de combler les blancs qui mettent mal à l'aise.

 

Moi j'étais bien. Avec moi-même je n’ai pas de blanc à combler, je ne ressens pas de moment de gêne et je m’engueule rarement en public. Moi-même et moi, nous entendons très bien et savons nous tenir.

 

Partir seul est aussi un bon moyen de prendre le temps de regarder autour de soi, d’apprendre de soi-même mais également des autres. Au fond, nous envions beaucoup les autres. C’est vrai, nous les imaginons avoir ce qu’il nous manque et puis finalement on se rend compte que nous détenons quelque chose que ces gens eux-mêmes nous envient et qui leur manque.

 

Parfois, en regardant autour de moi tous ces gens à deux, je me sentais limite ridicule et j’avais peur de faire pitié. Alors que ces gens ne me remarquaient même pas,  tellement absorber par les yeux de l’autre. Mais que voulez-vous, c’est comme ça, il nous suffit à nous les filles d’avoir à un tout petit bouton sur le bout du nez pour avoir l’impression que tout le monde va le remarquer à 30 mètres et y voir un furoncle.

 

Seulement là où je n’avais pas tort c’est que certaines personnes me remarquaient bel et bien. Elles remarquaient ce que je prenais pour de la solitude et que eux visualisaient comme une liberté.

 

Oublions les couples rayonnants de bonheur et d’amour et souhaitons-leur de continuer à être heureux pour toujours, d’avoir beaucoup d’enfants et tout ce dont nous rêvons secrètement (ou non) en attendant que les Dieux de l’amour s’aperçoivent de notre existence.

 

En attendant le bonheur d’une vie à deux je me suis concentrée sur les points positifs de ma vie à une (on se console comme on peut).

 

Je pense à ces couples croisés, ces couples partagés.

L’un veut s'assoir et profiter de la vue de l'océan, respirer profondément et laisser le temps s’écouler sans le regarder. L'autre veut avancer mais surtout rentrer. Son cœur n’est pas au laisser aller mais à son programme télé qui doit commencer.

Pendant que l’un regarde la beauté du monde, laisse ses pieds s’enfoncer dans le sable et les vaguelettes s’écraser sur ses mollets, l’autre s’impatiente et tente de dépêcher sa moitié pour continuer à avancer… La plage c'est beau, la mer, les bateaux tout ça…mais que bon finalement, une plage ça reste une plage, le vent ça fouette, l'eau ça mouille, demain tout sera encore là alors hop on rentre.

 

En même temps, on comprend l’autre bien sûr, les vacances, les weekends, les séjours c’est bien. Seulement il ne faudrait pas tomber dans le piège du lâcher prise, prendre le risque d’y prendre goût, en oublier ses priorités. Après tout, la dernière saison de Games Of Thrones est arrivée sur Netflix et le canapé est entrain de reprendre sa forme d’origine. Je suis d’accord rentrons, je n’ai qu’à profiter de ce séjour pour te faire un bon petit plat et te regarder dormir.

 

Pendant ce temps, accompagné de moi-même, moi j’en ai profité pour oublier le temps et les gens. Je me suis laisser aller à me voir telle que je suis. Toute petite face l’océan, une grande enfant avec les vagues et d’une immense sérénité porter par le vent.

 

J’ai aussi croisé des couples qui m’ont rappelé le bonheur de la solitude même temporaire, quelques heures seulement. Ce temps où l’on peut laisser ressortir son côté touriste asiatique pour tout prendre en photo sous tous les angles. Sans cet autre (sa moitié) qui souffle, qui gesticule et qui s'agace (et agace) en lâchant des réflexions. Ce qui finit indéniablement par gâcher l’instant des deux.

 

Je suis une touriste asiatique assumée et je n’aime pas que l’on me presse quand je ressens le besoin de remplir ma carte mémoire de photos que je ne regarderais probablement, que pour trier celles qui iront sur les réseaux sociaux.

 

 

Un autre avantage de voyager seule de temps à autre : Eviter le conflit et les frustrations de groupe.

Quand sur 3 personnes, l'une veut manger une galette, l'autre des moules frites et la troisième un steak tartare.... on tourne pendant 40 min pour trouver le resto pas trop cher qui convient à tous et on finit autour d'une pizza.

 

Pendant ce temps, seule avec mon estomac et mes envies, moi je me dirige vers le resto qui m'appelle le plus. Résultat : Gain de temps 40 min, personne qui fait la gueule à table (ce qui assure une meilleure digestion par la même occasion) et mes envies culinaires sont satisfaites.

 

C’est également un bon moyen de s'apercevoir que nous ne sommes pas seul à être seul.

Je suis certaine que l'on se parle plus à soi-même (dans sa tête… généralement), que la plupart des gens qui s’accompagnent.

 

En prenant le temps de regarder autours de soi, on y repère, les déçus, qui passent leur soirée à écouter les problèmes de bureau l’autre s’attendant à une sortie plus romantique, plus intime… plus chaleureuse.

 

Les grands bavards … virtuels. Ces couples qui deviennent BD et qui ne correspondent que par onomatopées, entre deux textos envoyés.

 

Et puis il y a les amoureux du passé, qui sortent pour être entourés et ne pas rester seul à deux.

 

Mais surtout on apprend de soi – même.

 

Pour ma part j’ai appris que :

 

1) Je suis capable de passer un week-end dans un lieu inconnu, chez un inconnu et surtout d'adorer ça !

2) Manger seule au restaurant n'est pas une honte et encore moins un signe de "no life".

3) Le dictions "mieux vaut être seul que mal accompagné" est vérifié et validé par mes soins.

4) Mine de rien partir seule, ça en jette aux yeux des gens. Ça inspire le respect de ceux qui en crèvent d'envie mais qui préfèrent se frustrer plutôt que d’avancer.

 

Voilà… c'est déjà pas mal pour un premier weekend solo.

 

Ah si, un dernier point important :

 

Quoi que je fasse et malgré tous mes efforts, je soufflerai toujours sur ma glace avant de la manger par peur de me brûler ...

 

Alors bien sûr il y a des séjours qui se vivent à deux ou à plusieurs, qu’il s’agisse d’un séjour romantique (un vrai) c’est avec notre moitié, ou d’un séjour de fête, c’est avec nos amis. Mais pour les autres. Les séjours, juste comme ça.  Avons-nous vraiment besoin d'attendre qu'un ami se dégage du temps pour aller là où nous avons envie ?

Je dis non et je me le suis prouvé !

 

Notre vie et ses instants de bonheur n’attendent que nous. Alors c’est parti. Moi j’y vais.

Où ? Je ne sais pas, là où mes envies me porteront.

Avec qui ? Avec moi-même pour commencer...

 

 

Le 08/11/2017

GwenAlice

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GwenAlice

08-11-2017

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Vivre sans attendre n'appartient à aucun recueil

 

Coup de gueule terminé ! Merci à GwenAlice.

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