Connexion : supprimer Ou

The Young Lady - Critique de Film, Théatre, série...

Critique de Film,  Théatre, série... "The Young Lady" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par "Paulette Pairoy-Dupré"..

Venez publier une critique de film, Théatre, série ! / Protéger une critique de film, Théatre, série

 

 

The Young Lady

 

« The Young Lady » est un film britannique de William Olroyd inspiré du roman de l’écrivain russe Nikolaï Leskov, « La Lady Macbeth du district de Mtsenk » (1865) dont Dimitri Chostakovitch a tiré un opéra du même nom.

Le film a pour cadre l’Angleterre rurale du XIXème siècle.

Achetée par un vieux hobereau veuf « pour le prix d’une parcelle de terre dont une vache n’aurait pas voulu », Katherine, une jeune fille de pauvre extraction est mariée contre son gré au fils de famille du double de son âge.

Dans le manoir austère et froid, elle mène une vie malheureuse et sans amour, dans l’ennui de longues journées sans aucune compagnie. Celles-ci se répètent à l’identique : enfermée  dans la maison du matin au soir, contrainte de rester assise droite sur le canapé face à la cheminée, telle une potiche décorative, de prendre ses repas avec les deux hommes de la famille puis d’attendre que son mari vienne la rejoindre dans la chambre où chaque soir il la contemple de dos dans sa nudité tout en s’octroyant un plaisir en solitaire.

Les trois protagonistes vivent en huis clos avec une servante ramenée des colonies britanniques.

Alors qu’époux et beau - père sont absents, elle s’éprend d’un palefrenier, lui aussi issu des colonies et vit avec lui une passion animale, usant de son rang social pour faire du palefrenier son jouet.

Peu à peu elle s’émancipe ainsi dans la domination tyrannique. D’innocente elle devient perfide, violente, monstrueuse, meurtrière.

Le film est plein de rebondissements d’une grande barbarie et l’on glisse du drame social au thriller.

Le réalisateur fait de l’héroïne  une créature maléfique, prête à tout pour dominer, s’approprier le pouvoir, infâme et sanglante, encourageant la domesticité à la trahison et au meurtre.

Pour garder son amant, elle n’hésite pas à empoisonner, son beau- père, ayant judicieusement envoyé la domestique cueillir des champignons vénéneux,  puis sous les yeux de son amant éberlué, à fracasser  le crâne de son mari avec un acharnement effroyablement démesuré, à l’aide d’un chandelier, enfin à étouffer l’enfant que ce dernier a eu d’une domestique et à qui il a légué sa fortune. Elle ira jusqu’à se déchaîner en maints coups  sur la gâchette du fusil pour abattre le cheval ayant ramené son époux au foyer.

Dans ce délire névrotique, Sébastian, le palefrenier et Anna la servante restent les seuls humains déchirés par le remord et la honte.

Le film comme le roman s’inspire de la tragédie shakespearienne, « Macbeth » ou Lady Macbeth dévorée par l’ambition encourage son époux à tuer le roi Duncan puis accuse du meurtre les chambellans.

Katherine dénoncera ainsi les deux domestiques du triple meurtre, lesquels seront on le suppose décapités comme la coutume le voulait à l’époque.

Le film dénonce en son début, outre  la société patriarcale de l’époque victorienne, le rôle subalterne de la femme  et  la soumission de celle-ci à son mari, mais aussi l’esclavagisme, les fortunes émergées de la révolution industrielle.

Florence Pugh incarne le rôle de Katherine avec une performance impressionnante et une grande maîtrise.

Christopher Fairbank, est très à l’aise dans le rôle du patriarche tyrannique.

Cosmo Jarvis (le palefrenier) et Naomi Ackie jouent avec beaucoup de pudeur et de naturel.

Le jeu de Paul Hilton m’a semblé de moindre facture par rapport aux autres acteurs, en même temps le rôle de fils soumis et d’époux trahi n’était pas facile à interpréter.

Le dépouillement du décor est voulu, renforce  l’austérité de la vie de l’époque dans pareil milieu où si l’argent  a sa place, le beau est superflu et permet le contraste avec la violence sanglante de l’intrigue.

On évolue dans la grisaille et la lumière tamisée avec des taches de couleur, le rouge du sang et le bleu roi de la robe de Katherine régnant sur le domaine au prix de ses crimes.

Un film remarquable et fascinant…

PPD, 4 mai 2017

Partager

Partager Facebook

Auteur

Blog

Paulette Pairoy-Dupré

04-05-2017

Couverture

"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
The Young Lady appartient au recueil Chroniques

 

Critique de Film, Théatre, série... terminée ! Merci à Paulette Pairoy-Dupré.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.