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Secret de famille - Histoire Courte

Histoire Courte "Secret de famille" est une histoire courte mise en ligne par "Sébastien Drapeau".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Éric et cie...

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Secret de famille

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Éric ne voyait pas à plus que quelques mètres de sa voiture. Ses phares éclairaient un mur de neige qui rendait les routes impraticables. Les essuie-glaces de sa voiture n’arrivaient pas à évacuer toute la neige qui s’abattait sur lui. Les mains crispées sur le volant, il tentait de garder le contrôle de son véhicule sur les routes sinueuses et glissantes de la campagne. Chaque année, lorsqu’ il se rendait dans sa famille pour le temps des fêtes, il rencontrait des conditions météorologiques exécrables. Mais cette année battait tous les records, il ne pouvait plus continuer dans ces conditions, c’est pourquoi il fut soulagé lorsqu’il aperçut le panneau qui annonçait un village quelconque dans les deux prochains kilomètres, qui comportait un gîte pour les voyageurs. Arrivé à destination, il constata que les habitants étaient tous à l’intérieur de leur chaumière, bien à l’abri des intempéries hivernales. Ce sont les décorations de Noël, qui tel un comité d’accueil, semblaient lui souhaiter la bienvenue. La lumière qui passait par les fenêtres faisait penser à des yeux curieux observant le nouvel arrivant. Au croisement de la rue principale et la rue de l’église, un vieux bâtiment rustique fiché d’un panneau sur lequel était écrit « Le gîte à l’ombre du clocher » faisait sûrement référence à la proximité de l’église et le fait que l’auberge était un ancien presbytère. Une annonce en néon annonçait que c’était ouvert. Éric se stationna près de la porte principale. Il prit son sac et se dirigea rapidement, au travers des bourrasques, vers l’entrée. Une clochette retentit lorsqu’il ouvrit la porte, il entra et secoua ses pieds sur le tapis. Ses yeux mirent un instant à s’habituer à l’éclairage tamisé de la réception. Il admirait le travail de boiserie antique des murs et plafond lorsqu’une dame d’un certain âge vint à sa rencontre.

         « Bonsoir voyageur, vous vous êtes perdu dans la tempête? » dit-elle avec un sourire.

         « Eh bien oui, en quelque sorte. » répondit Éric ne voulant pas s’étendre sur le sujet.

         « C’est ce que je me disais aussi. Rares sont les voyageurs qui arrêtent ici, sauf s’ils sont en panne ou perdu. D’où venez-vous? » répliqua la dame.

         « De Montréal. »

         « Ha! La grande ville. Tout comme le client qui s’est arrêté hier… C’est plutôt une semaine occupée vu les circonstances. » dit la femme en ricanant.

         « Je me présente, Hélène. J’imagine que vous désirez une chambre? »

         « Oui, s’il vous plaît. Et un repas si possible? » répondit Éric en déboutonnant son manteau.

         « Oui bien sûr! » dit la femme avec satisfaction en fixant Éric.

Une fois les formalités terminées, Éric fut convié à s’installer dans la salle à manger où la femme vint le rejoindre quelques instants plus tard avec le menu du jour. Éric le consultât rapidement et le referma aussitôt.

         « Quelle est votre spécialité? Qu’est-ce que vous me conseillez? » demanda Éric sur un ton un peu impatient.

         « Je vous conseille bien sur notre fameux pâté à la viande qui est célèbre dans la région… »

         « C’est ce que je vais prendre avec une coupe de vin rouge. » se contenta de répondre le voyageur.

Hélène se dirigea tout de suite vers ce qui semblait être la cuisine. Pendant le court délai d’attente, Éric s’alluma une cigarette et tenta d’appeler sa famille pour les avertir qu’il n’arriverait que le lendemain, mais son cellulaire ne captait pas à cet endroit. Il termina sa cigarette et se rendit à la réception pour tenter d’appeler avec la ligne fixe; aucune tonalité.

         « C’est la tempête. » lui dit la femme en revenant de la cuisine.

         « Les lignes de téléphones sont fragiles lors des tempêtes. Cela m’étonne d’ailleurs qu’il y ait encore de l’électricité! »

Éric retourna s’asseoir voyant que son repas était servi.

         « Ne vous en faites pas, le service sera sûrement rétabli demain. » le rassura-t-elle.

         « Goûtez moi plutôt ça. Vous m’en donnerez des nouvelles! »

L’homme porta la fourchette à sa bouche. Son regard s’illumina; c’était la première fois qu’il goûtait un pâté aussi bon, aussi savoureux. Il ferma les yeux un instant pour apprécier le moment. Il n’aurait jamais pensé goûter une telle chose dans un patelin perdu comme celui-ci.

         « Il me faut votre secret… c’est si bon, je n’arrive pas à trouver la saveur qui fait toute la différence. Qu’est-ce que c’est? »

La femme le regarda satisfaite

         « C’est un secret de famille qui est transmis de génération en génération et ça doit rester ainsi. » répondit simplement la vieille dame.

         « En tout le cas c’est excellent… » continua Éric en prenant une nouvelle bouchée.

         « Tant mieux! » dit Hélène en s’éloignant.

Éric savoura chaque bouchée avec entrain et redemanda même un deuxième service. Une fois le repas terminé, ayant l’estomac bien rempli, Éric se fit conduire à sa chambre qui se trouvait à l’étage. En montant l’escalier, il regardait les photos au mur. Elles semblaient anciennes; sans doute de la parenté de la dame. Des photos jaunies par le temps sur lesquelles des personnes au regard lugubre semblant vouloir lui adresser la parole.

         « Voici votre chambre. » Dit Hélène en désignant la première porte à gauche.

Éric se dirigea vers sa chambre et lorsqu’il se retourna pour remercier Hélène, elle n’était déjà plus là. Sa chambre était rustique et simple. Un lit, une chaise, une table de chevet munie d’une lampe et d’un cadran, et une armoire antique. Éric étant épuisé de sa journée tomba rapidement dans les bras de Morphée.

Au milieu de la nuit, quelque chose le sortit du sommeil. Au début il n’arrivait pas à distinguer le bruit qui l’avait réveillé.

« Boum! Boum! » Cette fois il avait bien entendu. D’où cela pouvait-il bien provenir? Quelqu’un frappait à la porte à cette heure tardive?  Puisque la vieille femme ne semblait pas répondre à ce bruit, Éric décida d’investiguer. De toute façon, étant réveillé, il n’arriverait plus à s’endormir. Il enfila rapidement ses vêtements et mis le nez dans le corridor. Personnes à l’horizon. Toutes les lumières étaient éteintes sauf la petite lueur des veilleuses qui longeaient les murs. Il descendit l’escalier et tendit l’oreille. Le bruit provenait de la cuisine. Il s’y dirigea s’attendant à apercevoir quelqu’un, mais personne. La pièce immaculée était vide d’âme qui vive. « Boum! Boum! » Le bruit résonnait sous ses pieds. La porte dans la cuisine; elle menait sûrement au sous-sol.  Il fallait qu’il sache.

 

         Éric emprunta, incertain, les escaliers bancals qui menaient à la cave. Le bruit se fit à nouveau entendre, mais cette fois plus distinctement. L’aventurier tira sur la corde qui faisait office d’interrupteur et l’ampoule suspendue au plafond s’alluma, laissant apparaître des ombres lugubres, résultantes de boîtes et meubles empilés un peu partout. Un ronronnement sourd provenait de la vieille chaudière à l’huile qui occupait l’espace sous l’escalier. Une table de boucherie, des venaisons et des crochets à viande occupaient un coin de la pièce. Rien de rassurant pour aller de l’avant! Pourtant, la curiosité poussait Éric à aller plus loin, pour trouver la source du bruit mystérieux. Devant lui, au fond de la pièce, un gros congélateur fermé à l’aide d’un cadenas attira son attention. Le bruit retentit de nouveau, beaucoup plus près cette fois; il provenait du congélateur! Il s’approcha et tenta de forcer le cadenas sans résultat. « Boum! boum! boum! » quelque chose tapait de l’intérieur. Il prit alors un vieux marteau qui traînait sur l’atelier attenant, et frappa de toutes ses forces sur le verrou qui céda aussitôt. Il ouvrit la porte du congélateur et vit… quelque chose de massif le frappa à la nuque, puis le noir total!

 

Éric sentit ses sens se réveiller. Il ne savait pas depuis combien de temps il était inconscient. Sa tête lui faisait un mal de chien. Il ouvrit les yeux, mais il n’arrivait pas à voir! Était-il devenu aveugle? Il se sentait immobilisé, coincé; il n’arrivait pas à bouger librement. Et ce froid. « Ce froid !!!  Non! » Il fouilla avec peine dans la poche de son jeans, son téléphone avait disparu.  Heureusement son briquet était là. De ses mains tremblantes, il réussit à l’allumer. Les parois blanches de sa prison lui confirmèrent sa crainte; il était prisonnier dans le congélateur!  Il se tourna la tête, et aperçu sous lui la source du bruit : un homme a demi-congelé qui bougeait à peine, écrasé sous son poids. Éric, prit de panique, se mit à crier et cogner de toutes ses forces sur les parois de la glacière, en vain. Puis, comme une révélation, il repensa à la tourtière du souper et à l’origine du goût si particulier…  

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Auteur

Blog

Sébastien Drapeau

21-01-2020

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Secret de famille n'appartient à aucun recueil

 

Histoire Courte terminée ! Merci à Sébastien Drapeau.

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