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Rudyard Kipling de profundis (fi... - Poème

Poème "Rudyard Kipling de profundis (fiction)" est un poème mis en ligne par "czerny31".non classique, moderne, libre, prose poétique...

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Rudyard Kipling de profundis (fiction)

 

Avertissement : Ce texte n'est que pure fiction. Si j'ai pu choquer en osant me glisser dans la peau de Mr KIPLING, je m'en excuse bien humblement.

J'ai imaginé Rudyard Kipling, venant apporter sa perception de son superbe texte : "Alors tu seras un homme mon fils" à la lumière de la tragique disparition de celui-ci, mort au combat à l'âge de 17 ou 18 ans selon les sources.

Kipling de profundis

 

« Alors tu seras un homme, mon fils »

Dans ces versets, j’ai mis mes tripes, mon amour paternel, mes intimes pensées.

Je vous ai entendus vous exclamer sur la grandeur de ces idées

Je vous ai vus vibrer, et prêts à vous lever, brandissant mes cahiers.

Mais mes écrits sont assassins et je devais vous alerter.

Humblement me voici donc, de profundis.

 

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie, et sans dire un seul mot,  te mettre à rebâtir »

Mais quelle prétention avait vicié mes mots, mes rimes, mes écrits !

C’est bien plus que cela qui a été détruit, j’en saisis l’importance, aujourd’hui, d’où je suis.

Point de reconstruction ne pansera les plaies qu’a creusées ma folie,

Ma prose aura détruit le centre de ma vie, la chair de mon sang, mon Jack, mon tout petit.

Voici mes mots ruinés, vidés de tout leur sens, et moi, pauvre Tartuffe, qui ne sais que souffrir.

 

« Si tu peux être amant, sans être fou d’amour, si tu peux être fort sans cesser d’être tendre »

Je n’avais pas compris, ou avais oublié, que l’on doit respecter un temps à chaque chose

Tes treize ans sont le temps de vivre la folie, de vivre l’insouciance, à de très fortes doses

J’ai été trop pressé de te voir être un homme, de calquer ma vision, de te mettre en osmose.

J’ai voulu te voler l’amour et la tendresse, ne pas te laisser maître de ta métamorphose.

Quand je t’aurai trouvé, mes mots seront changés, vole, cours, aime, et sois fou sans attendre.

 

« Si tu peux supporter d’entendre tes paroles, travesties par des gueux, pour exciter des sots »

Ces vers là, sonnent bien, je dois le reconnaître et se feront plagier par toutes politiques.

Les gueux, les sots les feront leurs, et se les enverront sans besoin de réplique.

Ces chants qui gargarisent les âmes des battants, pour une idée, une terre ou pour une Amérique,

Ces chants là, m’ont laissé te pousser et te faire tomber dans une boue toute patriotique.

Mon gamin, ma fierté, je te rechercherai et te ramènerai des fosses des héros.

 

« Si tu peux être dur sans jamais être en rage, si tu peux être brave et jamais imprudent »

Mais quel aveugle étais-je de t’avoir confronté à cette cruauté, à la méchanceté

Alors même que j’étais le garant de ta fragilité, que mon  devoir n’était que de te protéger ?

Moi l’écrivain de contes et de fables, je n’ai pas su te lire, encore moins te garder.

Pire, je t’ai dicté, par mes mots insensés, d’affronter la mitraille et de t’y faire tuer.

J’envisageais ainsi flatter mes idéaux, j’étais devenu sourd à entendre mes mots, en parfait arrogant.

 

« Alors les rois, les Dieux, la Chance et la Victoire, seront à tout jamais tes esclaves soumis »

Premier jour de combat, à peine dix sept-ans et te voilà tombé, tu as crié « papa ! »

Tes yeux se sont fermés, ta mémoire résonne toujours de ces mots là, et tu y crois,

On pourrait disserter longuement sur ces divinités qui poussent au combat, je ne le ferai pas.

Mes doigts, mes ongles te recherchent, et ne cesseront pas, dans la terre du trépas.

Je te ramènerai, je te l’ai promis, et je t’arracherai de ces « connus de dieu », jusqu’à la fin des nuits.

 

Depuis lors, ma plume assassine à jamais s’est éteinte

Si ce n’est pour t’écrire une ode, une complainte.

Comme un phare dans le brouillard, si tu la perçois,

Sans attendre, marche vite vers moi.

Pardonne-moi.

 

 

 

 

 

 

My Boy Jack

 

“Have you news of my boy Jack?”
Not this tide.
“When d’you think that he’ll come back?”
Not with this wind blowing, and this tide.

“Has any one else had word of him?”
Not this tide.
For what is sunk will hardly swim,
Not with this wind blowing, and this tide.

“Oh, dear, what comfort can I find?”
None this tide,
Nor any tide,
Except he did not shame his kind —
Not even with that wind blowing, and that tide.

Then hold your head up all the more,
This tide,
And every tide;
Because he was the son you bore,
And gave to that wind blowing and that tide!

 

Rudyard Kipling – septembre 1915

 

 

Son père lui avait écrit le poème  « Alors tu seras un homme, mon fils » alors qu’il était âgé de 13 ans

Très myope, son engagement dans les troupes britanniques lui fut plusieurs fois refusé au début de la première guerre mondiale. Grâce à l'intervention de son père, il fut admis dans les Irish Guards. Lieutenant au 2e bataillon, il fut tué, lors de son premier assaut, durant l'attaque de Chalk Pit Wood à la  bataille de Loos et son corps ne fut pas retrouvé. Son nom fut gravé sur le mémorial de l'armée britannique de Loos.

En 1915, Rudyard Kipling écrivit le poème My Boy Jack à la mémoire de son fils. Jusqu'à sa mort en 1936, son père procéda à des fouilles dans la région pour retrouver les preuves de sa mort ou sa dépouille.

Rudyard Kipling inventa aussi l'inscription qui figure sur la tombe des soldats inconnus britanniques : Known unto God (Connu de Dieu).

 

Source wikipédia

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czerny31

13-08-2014

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Rudyard Kipling de profundis (fiction) n'appartient à aucun recueil

 

Poème terminé ! Merci à czerny31.

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