"Pourfendre" est un texte court mis en ligne par
"Deogratias"..
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Pourfendre
Un oiseau devant ma fenêtre vole très haut, le soleil juste en face de lui l’attend. De son cercle d’or il l’appelle, il lui ouvre déjà les bras. Le moineau bientôt le traversera telle une flèche à tire d’ailes. Le soleil blessé alors lui sourira tout à sa joie de le serrer sur son cœur. A jamais. Sur l’écorce de l’arbre près de chez moi, j’ai vu un cœur avec une flèche qui lui rentrait dedans de part en part. Le cœur tout épris de son dard saigne en quelques gouttes dessinées tout à côté. Déchiré, il sait désormais ce qu’aimer veut dire. A tout jamais. La route aux voitures affolées s’en va poursuivre sa course sans demander la direction, et tandis que je la regarde étonnée, je vois un enfant la traverser en son milieu sur le passage piéton. Le bitume retient son souffle sous les pas de la candeur qui le touche. La route parcourue connaît maintenant l’insouciance au milieu de son vacarme. A tout jamais. L’étang respire tranquille au milieu du parc communal, quelques canards surfent dessus. Soudain, je vois un cygne plonger tête en bas, sans nulle précaution, indifférent à qui s’en aperçoit. La surface fendue en son milieu par le cou de l’oiseau se laisse éclabousser sans dire un mot. L’eau depuis ne s’étonne plus des audaces volatiles. A tout jamais. Une goutte d’eau sur le bord d’un coquelicot au printemps reçoit en transparence la lumière de l’astre du matin. Elle brille d’un éclat à ravir les roses énamourées. Une perle liquide en son milieu attire à présent les regards des pies voleuses. A tout jamais. Le nuage en coton vagabonde sur le ciel métallique de l’orage qui s’annonce. Quand, sans être préparé, le voici percé par un éclair gorgé de colère zébrée. La ouate toute ébouriffée par la fulgurance de l’explosion pleure encore à l’heure qu’il est. Elle ne risque pas de l’oublier. A tout jamais. La nuit parfumait de sa voûte étoilée l’air ambiant des heures en sommeil. Alors que je n’arrivais pas à dormir, je vis par ma fenêtre le jour déjà qui pointait son nez, la bouche grande ouverte par l’Aurore intrépide. Petit à petit, il lacérait l’obscurité de son épée calendaire, qu’importent mes insomnies. A tout jamais. La mémoire aux souvenirs de mes tendresses passées dessine de son trait rapide les regrets et les joies enfuies. Je m’élance à sa suite sans bien me rendre compte, elle trace à reculons le chemin d’hier qui me sillonne. Je reviendrais au temps présent puisqu’avant ne revient pas. A tout jamais. Il est des cibles que les joueurs experts aiment à viser de leurs fléchettes. Je les observe ces minuscules flèches qui font si mal, elles se propulsent avec l’élan vital de ceux qui s’en amusent. Et tandis que les cris de joie jailliront lorsque l’une d’elles échouera en plein centre, je sentirai sa pointe me toucher à l’intérieur. A tout jamais. J’ai remarqué que tout nous traverse et nous pique, tout nous chemine et nous déchire : Les fenêtres du matin, les écorces gravées, les mémoires aux regrets, les souvenirs perdus, les regards de l’enfance, même les routes aux piétons scrupuleux. Tout nous traverse, le bien comme le mal, le jour comme l’obscurité, les flèches invisibles et les pluies de février. Notre miroir au reflet mensonger, les yeux d’un ami trompeur, notre poitrine essoufflée, le manque de l’autre, notre fumée de cigarette, nos espoirs encore. Notre chair amoureuse, nos secrets bien gardés, nos paroles muettes et nos ombres. Nos vérités cachées, nos silences meurtris et nos cris retenus. Tu es mon amour traversé par la lumière incréée que nul ne connaît, arpenté par le mystère d’une vie qui nous dépasse. Tu es greffé sur les cœurs aux écorces adolescentes, sur le ciel contrarié des climats orageux, sur les îles péninsule d’un éternel été. Tu es traversé. Tout ce que j'écris n'est pas forcément un récit de ma vie personnelle. Je pars d'un mot ou d'une sensation....
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Pourfendre
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Texte court terminé ! Merci à Deogratias. |
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