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Per te praesentit aruspex - Domaine Public

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Guillaume Apollinaire

Revue mensuelle Les Soirées de Paris, N°1, p.19

Paris, 1er février 1912

Per te praesentit aruspex

(Pour toi, le devin a pressenti)

Ô mon très cher amour, toi, mon œuvre et que j’aime,
À jamais j’allumai le feu de ton regard,
Je t’aime comme j’aime une belle œuvre d’art,
Une noble statue, un magique poème.
 
Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.
Je te crée à jamais pour qu’après mon départ,
Tu transmettes mon nom aux hommes en retard
Toi, la vie et l’amour, ma gloire et mon emblême ;
 
Et je suis soucieux de ta grande beauté
Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière :
C’est moi qui l’ai conçue et faite toute entière.
 
Ainsi, belle œuvre d’art, nos amours ont été
Et seront l’ornement du ciel et de la terre,
Ô toi, ma créature et ma divinité !

Per te praesentit aruspex de Guillaume Apollinaire (1880-1918) est un sonnet en alexandrins, paru en 1912 aux côtés du poème Le Pont Mirabeau, dans le premier numéro de sa revue littéraire et artistique Les Soirées de Paris (1912-1914). Le titre latin est emprunté à une phrase de la cinquième élégie du second livre du Corpus Tibullianum, attribuée au poète Tibulle (Ie siècle av. J.-C.) : « Tuque regis sortes, per te praesentit haruspex, lubrica signavit cum Deus exta notis », que l'on peut traduire par : « Tu règles aussi les sorts ; par toi l’haruspice comprend les signes du destin imprimés par un dieu dans les gluants viscères ». L'évocation de l’haruspice, prêtre romain chargé d’interpréter la volonté divine à partir des entrailles des victimes sacrificielles, confère au poème une dimension prophétique et sacrée. Apollinaire y exprime une double passion ; l'amour d’un homme pour une femme, et celui d’un artiste pour sa création. L’être aimé y devient à la fois muse, œuvre d’art et divinité, incarnation sublime de son amour éternel et de sa quête d'immortalité par l'art.

 

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Proposé par

T.Rzbrsk

Auteur

Blog

Guillaume Apollinaire

08-07-2025

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