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Les écologistes pollueurs - Roman

Roman "Les écologistes pollueurs" est un roman mis en ligne par "Julien"..

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Les écologistes pollueurs

genre : science-fiction 

Résumé : Alphonse aime la nature, au point qu’il n’a pas peur de braver la loi, pour défendre les causes qu’il estime juste. Avec deux amis il va fonder une organisation d’écologistes radicaux. Problème le fanatisme d’Alphonse et de ses compagnons, risque de desservir les actions des écologistes modérés. Surtout que des ennemis très puissants se dresseront sur la route des radicaux. Alphonse et ses amis servent-ils vraiment la cause de la nature, ou sont-ils des alliés involontaires des pollueurs ? Sont-ils malgré eux des écologistes pollueurs ? 

Chapitre 1 : licenciement

 

          Jacques Mercier était un écologiste politique depuis qu'il était adolescent, cela faisait quarante ans, qu'il passait au moins cinq heures par semaine à aider une association ou un parti politique. Son engagement était venu progressivement. L’écologiste durant sa tendre enfance témoignait déjà d’un intérêt pour la défense de la nature, et ses convictions s’avérèrent renforcées par la rencontre, avec d’autres militants pendant son adolescence. Jacques avait assisté à des centaines de réunions, et participé à des dizaines de manifestations. Son activisme, ses connaissances et ses nombreuses relations, lui avaient valu plusieurs appels pour occuper des postes importants à l'intérieur des Verts, au sein des commissions nationales, mais Jacques préférait les responsabilités locales. Le fait d'être responsable du groupe Loir-et-Bercé de la Sarthe lui suffisait amplement. Être le coordinateur des actions d'une cinquantaine de militants actifs, était une tâche que Jacques considérait comme extrêmement valorisante. De plus les activités ne manquaient pas dans le groupe Loir-et-Bercé. En outre Jacques avait beaucoup à faire avec son fils, Alphonse, comme son père était un écologiste. Mais il avait une vision qui déplaisait profondément à son géniteur, puisqu' Alphonse pensait que c'était un agissement noble de détruire des bâtiments, si cela permettait de préserver l'environnement. L'extrémisme d'Alphonse lui avait déjà valu plusieurs condamnations par la justice, il était allé cinq fois en prison. Le problème du père était qu'il avait été très turbulent durant sa jeunesse. Il avait beaucoup de mal à ne pas passer pour un hypocrite, à convaincre son fils de renoncer à la violence et à la destruction. Jacques jusqu'à l'âge de trente ans, avait été un lanceur de pavés professionnel, puis il s'était assagi en rencontrant Françoise. Par amour, et  à cause de soucis financiers, Jacques s'était rangé, il avait fondé une famille, et abandonné le jet de cailloux sur les CRS, pour la rédaction de tracts.

 

             Jacques se montrait très gentil pour ne pas dire débonnaire avec son fils. Pour plusieurs raisons, le père et le fils se ressemblaient beaucoup physiquement, et surtout Alphonse était le seul parent proche encore en vie. Jacques n'avait pas de frère ou sœur, d'oncle ou de tante, son père et sa mère étaient morts de vieillesse. Enfin Françoise était morte en couches, pendant quelques minutes Jacques en avait voulu à son fils Alphonse d'avoir survécu, mais dès qu'il l'avait vu, sa colère avait fondu comme la neige au soleil. L’altruiste aurait aimé que son passé de fauteur de troubles ne soit pas connu de son fils. Alphonse le radical avait commencé par participer à des fauchages volontaires d'OGM, les conséquences avaient été faibles, il écopa d'une légère amende de cent euros. Puis il saccagea des laboratoires faisant des expériences sur des animaux, afin d'élaborer de nouveaux cosmétiques. Comme le radical prit la peine de porter des gants et un masque, la justice ne le sanctionna pas. Mais Alphonse commit à visage découvert des actions qui lui coûtèrent cher, le démontage du Mac Donalds de l'avenue Georges Durand au Mans avec des complices lui valut six mois de prison ferme.

 

          Son dernier exploit, avoir recouvert de farine, un des députés du département de la Sarthe, Jérôme Chameau, un élu de "gauche" qui n'avait pas peur de courtiser des électeurs de droite avec ses discours. La cause de la rancœur du fils de Jacques, était que Chameau avait fait passer son intérêt personnel, au détriment de l'intérêt collectif en se présentant contre un candidat Vert, malgré le fait qu'il occupait déjà un poste de sénateur, et que le PS soutenait le candidat Vert de la première circonscription de la Sarthe. La loi sur le non-cumul des mandats en France avait été abrogée en 2020, par un décret gouvernemental de l'UMPDV, (Union pour la mise en place d’une démocratie véritable). Le radical n’aimait pas beaucoup les Verts, mais il détestait beaucoup plus les gens comme Chameau qu’il voyait comme une honte absolue. L’élu qui était rancunier avait usé de tout son poids et de ses relations pour qu’Alphonse devienne un chômeur. Ainsi bien que Gérard Tavernier l’employeur d’Alphonse de par ses idéaux anarchistes, soit conciliant avec ceux qui n’avaient pas peur de s’attirer des ennuis au nom de leurs convictions politiques, et que les actions du radical aient rempli de fierté Gérard. Il avait été contraint par Chameau son donneur d’ordre de virer Alphonse de son abattoir. Gérard comme il aimait beaucoup Alphonse en plus d’une lettre de licenciement, lui accorda un entretien.

 

Alphonse : Je ne comprends pas Gérard, d’après ce que j’ai compris le fait que Chameau soit recouvert de farine t’a bien fait rire, et que je sois allé en prison ne constituait pas pour toi une gêne. Au contraire tu applaudissais ceux qui risquaient leur liberté pour leurs idées politiques.

Gérard : Tu as tout à fait raison Alphonse, le problème est que mon donneur d’ordre m’a lancé un ultimatum, ou je te vire ou il passe par un autre fournisseur, or 90% de mes recettes sont assurées par lui. Je suis désolé de te licencier, mais je n’ai pas le choix, soit tu pars, soit mon entreprise fait faillite. J’ai eu envie de cracher sur la vermine qui m’a forcée à te nuire, mais je me suis retenu. Je suis gravement endetté, si ma société coule, moi et ma famille perdront énormément. Je n’ai pas envie que ma femme et mes enfants aient un endroit convenable où dormir, grâce à la charité d’amis.

Alphonse : Est-ce que Chameau est derrière mon licenciement ?

Gérard : J’en suis pratiquement sûr. Ils sont des dizaines dans le département de la Sarthe à avoir été victimes, des actions de Chameau.

Alphonse : Comme ils sont nombreux à avoir été lésés par Chameau, si celui-ci était victime d'un grave pépin, il ne saurait pas qui accuser.

Gérard : Je t’en prie ne tente rien contre Chameau, il a des défauts, mais c’est un donneur d’ordres plutôt gentil. En tant qu’ancien tâcheron, il a une réelle idée sur la difficulté à faire fonctionner un abattoir. Résultat il ne presse pas comme des citrons ceux qui sont sous ses ordres. Si Chameau est blessé, celui qui prendra sa place pourrait avoir des exigences dramatiques, m’obligeant à licencier, ou à réduire certains des avantages de mon personnel. En outre Chameau est très doué pour détecter le mensonge, s’il me demande si je sais qui lui a fait du mal, il saura que je mens, et alors mes ennuis s’avéreront catastrophiques.

Alphonse : Très bien, si tu me donnes dix mille euros d’indemnité, je suis prêt à promettre de ne pas casser la figure à Chameau.

Gérard : Comme je te fais un coup vache en te licenciant, tu auras vingt mille euros. Bon il est temps que je retourne bosser, au revoir Alphonse.

         

          Alphonse le radical se demandait que faire, L’UMPDV avait rendu accessible pour tous les patrons le passé judiciaire de leurs employés. Résultat malgré le fait que le radical soit un as dans la découpe de la viande, ses chances d’être embauché, étaient faibles. Peu de patrons étaient prêts à donner sa chance à quelqu’un, ayant fait de la prison à plusieurs reprises. Alphonse écœuré par ce qui lui arrivait, décida de noyer ses soucis dans l’alcool. Il se rendit place de la République au Mans, dans le bar le Pharaon, le service était rapide, et les prix corrects. Pendant quelques années le Pharaon avait fait aussi restaurant. Mais suite au départ à la retraite du cuisinier, et à  la concurrence de lieux de restauration comme la Brioche dorée, et la Panetière, qui proposaient des plats chauds à de meilleurs prix, le propriétaire du Pharaon avait décidé de se concentrer sur le café et d’autres boissons. Le Pharaon possédait une enseigne représentant un monarque de l’Egypte ancienne. A l’intérieur du bar, il y avait plusieurs représentations de dieux égyptiens notamment Thot le dieu de la connaissance, et Horus un dieu protégeant des mauvais esprits. Alphonse qui n’avait pas l’habitude de boire de l’alcool, après trois bières était déjà ivre. Or l’ivresse avait tendance à rendre vicieux et pervers Alphonse, il donna une tape sur les fesses d’une serveuse. Celle-ci alla voir le patron qui l’accompagna vers la table où se trouvait l’ivrogne. Alphonse fut un peu intimidé par le propriétaire du Pharaon, qui était grand et franchement baraqué. Mais cela n’empêcha pas le radical d’être insolent, car l’alcool pouvait rendre stupide un homme ou une femme qui avait l’habitude d’être sensé.

 

Patron : Avez-vous touché les fesses de Pamela, monsieur ?

Alphonse : Oui, et j’ai été franchement déçu, elles étaient particulièrement flasques, votre serveuse a des fesses de vieille.

Pamela : Espèce de malotru, mes fesses sont fermes, vous racontez n’importe quoi.

Patron : Bon quoi qu’il en soit je vous prie de régler votre note, et de déguerpir. Je tiens à vous signaler que vous n’êtes plus le bienvenu dans mon bar.

Alphonse : Je suis bien ici, je n’ai pas l’intention de partir avant dix bonnes minutes.

Patron : Si vous ne partez pas immédiatement, j’appelle la police, vous passerez la nuit en cellule de dégrisement, et vous aurez une amende à payer.

Alphonse : Si vous alertez les flics, vous aurez aussi des ennuis, je leur dirai que pour gagner de l’argent, vous servez de l’alcool à des personnes franchement éméchées.

Patron : Très juste, appeler les flics n’est pas forcément une bonne idée, dans ce cas, je me charge moi-même de votre cas.

 

          Le patron du Pharaon, prit dans ses bras Alphonse, puis le mit sur son dos, celui-ci essaya de se débattre, mais la poigne du propriétaire du bar, était trop forte. Quand le patron eut parcouru vingt mètres, il déposa délicatement par terre Alphonse qui fut tenté de prendre une bouteille de bière qui traînait par terre, et de la jeter sur le crâne du propriétaire du Pharaon. Mais sa conscience lui souffla que ce serait mal, et que s’il n’assommait pas le patron, celui-ci risquait de lui infliger par vengeance une raclée monumentale. Après avoir été chassé du bar, Alphonse, prit le tramway, puis revint à pied chez lui. Au bout d’une demi-heure de marche, il se trouva dans la maison de son père Jacques l’altruiste, au six boulevard des Anacondas. Il habitait une grande demeure, puisqu’elle contenait plus de vingt pièces, et avait un grand jardin de deux mille mètres carrés, le toit était rouge, les murs extérieurs blancs, et les portes étaient en bois et de couleur noir foncé. Le jardin contenait des rosiers, deux pins, trois bouleaux, deux cerisiers et un noisetier. Les cerisiers donnaient des fruits acides, les cerises seules attiraient peu de personnes. Par contre c’était un ingrédient de choix dans une tarte sucrée. Le noisetier bien que magnifique n’offrait pas beaucoup de noisettes mangeables, l'arbre était rempli de vers. Les bouleaux avaient un inconvénient de taille, ils répandaient en été beaucoup de graines sur la terrasse en pierres blanches, ils obligeaient à passer certains jours une demi-heure à balayer. Jacques pensait de plus en plus à les tailler, même si les bouleaux avaient une valeur sentimentale, du fait qu’ils plaisaient beaucoup à sa défunte épouse Françoise. Les relations avec le voisinage semblaient bonnes en apparence, mais plusieurs voisins jasaient sur la faiblesse de Jacques, à l’égard de son fils Alphonse. Toutefois cela n’empêchait pas les voisins de l’altruiste d’arroser les plantes.

   

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Blog

Julien

29-10-2017

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Les écologistes pollueurs n'appartient à aucun recueil

 

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