"Le 13e Guerrier" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par
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UNE ÉPOPÉE OUBLIÉE DES ANNÉES 1990
Il existe des films qui triomphent dans les salles… et d’autres qui survivent dans l’ombre, comme des braises sous la cendre, attendant patiemment qu’une génération plus attentive vienne enfin reconnaître leur feu. Le 13e Guerrier fait partie de ceux-là. À sa sortie en 1999, le film fut considéré comme un désastre industriel : tournage chaotique, conflits artistiques, remontages imposés, budget colossal devenu incontrôlable, incompréhension critique… presque tout semblait condamner cette oeuvre à disparaître dans les marges du cinéma hollywoodien. Pourtant, avec les années, quelque chose a résisté. Une atmosphère. Une puissance primitive. Une âme. Car derrière le fracas des épées et les hurlements des guerriers nordiques, ce film raconte en réalité une chose infiniment plus rare : la rencontre entre deux mondes qui se craignent avant de se comprendre. Ahmed Ibn Fadlan, interprété par Antonio Banderas, n’est pas un héros classique. Ce n’est ni un conquérant, ni un guerrier né dans le sang des batailles. C’est un homme cultivé, raffiné, presque étranger à la brutalité du monde qu’il traverse. Et c’est précisément ce regard extérieur qui donne au film sa profondeur singulière. Là où beaucoup de fresques vikings ne cherchent que la sauvagerie ou le spectaculaire, Le 13e Guerrier observe les hommes comme un ethnologue perdu dans une légende. Le film ne montre pas seulement les Vikings. Il nous fait ressentir ce que signifie devenir étranger parmi eux. Le génie discret de John McTiernan réside dans cette manière de filmer l’apprentissage silencieux. Une scène notamment demeure extraordinaire : celle où Ibn Fadlan comprend peu à peu la langue nordique simplement en écoutant les conversations autour du feu. Sans exposition lourde. Sans artifices. Juste par le regard, les intonations, les répétitions humaines. Cette scène résume à elle seule tout le film : comprendre l’autre avant de le juger. Et puis il y a cette ambiance… Une brume froide, des villages de bois perdus dans la nuit, des torches vacillantes sous la pluie, des silhouettes surgissant comme des cauchemars préhistoriques. McTiernan ne filme pas les combats comme des chorégraphies héroïques modernes ; il les filme comme des affrontements archaïques, sales, confus, presque animaux. Certaines batailles semblent sorties d’un récit raconté à voix basse autour d’un feu mourant. Les Wendols, eux, restent fascinants précisément parce que le film refuse longtemps de les expliquer totalement. Sont-ils des monstres ? Une tribu oubliée ? Une peur collective devenue mythe ? Le doute demeure, et c’est ce flou qui nourrit la terreur. Le film comprend quelque chose que beaucoup d’oeuvres modernes ont oublié : l’inconnu fait plus peur que le monstre montré en pleine lumière. Visuellement, le film possède une beauté rugueuse devenue rare aujourd’hui. Rien ne semble numérique. Rien ne paraît aseptisé. On sent la boue, le bois humide, la fumée, le cuir, le froid. Même ses imperfections participent à son identité. Car oui, le film est imparfait. On devine des scènes amputées, des transitions abruptes, des personnages qui auraient mérité davantage d’espace. On sent parfois les cicatrices de sa production chaotique. Mais paradoxalement, ces blessures rendent l’oeuvre plus humaine. La musique de Jerry Goldsmith ajoute enfin cette dimension tragique et épique qui transforme certains passages en véritable chant funéraire nordique. Ce n’est pas une musique qui accompagne simplement l’action ; c’est une musique qui semble porter le poids des mythes anciens. Mais ce qui rend ce film profondément attachant, c’est peut-être son honnêteté. Le 13e Guerrier ne cherche jamais à être ironique, cynique ou “moderne”. Il croit encore aux légendes. Il croit encore aux hommes qui affrontent leurs peurs dans l’obscurité. Il croit encore au courage silencieux. Et dans un cinéma contemporain souvent saturé d’images parfaites mais sans mémoire, ce vieux drakkar cabossé continue d’avancer dans le brouillard… avec une noblesse que beaucoup de superproductions ont perdue depuis longtemps. |
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Le 13e Guerrier
n'appartient à aucun recueil
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Critique de Film, Théatre, série. terminée ! Merci à Albert B. |
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