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L'échappée belle. - Chronique

Chronique "L'échappée belle." est une chronique littéraire mise en ligne par "npai".. Vous aussi, n'hésitez pas à proposer vos chroniques littéraires sur l'une de vos lectures.

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Résumé quatrième de couverture

 

« Le petit Bourgeuil était bien frais. Nous avons mangé des rillons, mordu dans des tartines de rillettes épaisses comme des édredons, savouré des tomates tièdes, du fromage de chèvre et des poires du verger.(…)

Nous avons parlé des mêmes choses qu’à dix ans, qu’à quinze ou qu’à vingt ans, c’est-à-dire des livres que nous avions lus, des films que nous avions vus ou des musiques qui nous avaient émus (…) allongés dans l’herbe, assaillis, bécotés par toutes sortes de petites bestioles, nous nous moquions de nous-mêmes en attrapant des fous rires et des coups de soleil. »

Ce petit livre n’a pas d’autre prétention que de vous inviter à partager ce pique-nique. Entre gens qui s’aiment, et qui aiment la vie.

A.G

Ps : Et je me suis fait plaisir ! J’ai ajouté un chapitre à la fin.

 

Note -> Au résumé je n’avais pas vraiment bien cerné le sujet, bien que connaissant l’auteur, je l’ai attrapé au vol, comme une tentative d’échapper à l’automne arrivant et prolonger l’été. Un pique-nique de lignes qui s’est avéré plaisant.

 

 

L'échappée plus en détail.

 

Ce livre c’est l’histoire de Garance jeune femme un peu paumée dans la life qui ne se retrouve vraiment bien dans ses baskets qu’au milieu de la fratrie. Soit Lola, la grande sœur qui faisait rêver et montrait la voie de l’accomplissement de la vie de mère au foyer épanouie, avant de réaliser (dixit l’auteur) que jouer les «  Poulerousse  est une bonne ménagère » :

 

Pas un grain de poussière sur les meubles,

Des fleurs dans le vase

Et aux fenêtres de jolis rideaux bien repassés

C’est un plaisir d’aller chez elle…

 

Bah ça ne suffit pas à tromper une vie et un amour qui s’essouffle, pour finir par divorcé en cassant les vases avant que l’eau croupisse. Pis c’est aussi Simon le grand frère super héros, demi-dieu, parce que tout le monde l’aime Simon, le gentil, le serviable, le sais tout faire, et que forcément un garçon comme ça ne pouvait qu’être kidnappé par une  « chieuse ». Carine la belle-sœur, en ce sens remplit parfaitement son rôle, pingre à faire pâlir le plus radin, pharmacienne ne quittant jamais sa blouse de compte d’apothicaire et ayant toujours à portée de main ses lingettes désinfectantes !

 

« Parce que Carine, elle voit les microbes.

Elle voit leurs petites pattes velues et leur horrible bouche.

C’est la raison pour laquelle elle ne prend jamais le métro d’ailleurs…Elle n’aime pas les trains non plus. Elle interdit à ses enfants de s’assoir sur un banc ou de toucher les rampes des escaliers .Elle a du mal à les poser sur un toboggan. (…)

Vivre, pour elle, est une occupation harassante. »

 

Et pour les deux sœurs supporter la belle-sœur est également une occupation harassante, mais réunion de famille au parfum de dragées et de lancer de riz (pas de l’oncle ben’s, trop cher! Piaille Carine) oblige, toute le monde se retrouve en voiture (la même) pour assister à l’événement. Arrivé en lieu et place de l’église, où toutes les veilles tantes sont sur leur trente et un les lorgnons bien chaussés pour juger la troupe, la fratrie se prend des envies d’échappée…Les planter là discrétos, rejoindre Vincent le frère devenu Châtelain par intermittence, et sous le déguisement : musicos avant tout…

 

Et j’en pense quoi, alors…

 

C’est donc une échappée d’adultes un peu engoncé dans leurs vies qui dérapent, qui s’aiment de liens solides de fraternité, et se retrouve le temps d’un week-end pour prolonger l’adolescence. C’est le chien mité qui croise celui de Garance, et se fait sien le temps d’un regard, et qui finalement va symboliser une échappée de la vie merdique à long terme, une tentative de bouffé et de changement d’air. C’est souvent drôle, piquant, ça se lit comme un pique-nique avalé, et ça restaure bien !

Mais, car il y en a un qui me démange, malgré l’échappée qui envoi les convenances valser y a parfois une pointe de regard parisien urticante. Ok certains clichés s’avèrent bien flirter un parfum de réalité, mais quand même certaines remarques sur les pétaouchnoquiens de pétaouchnoque donnent un regard légèrement hautain et condescendant sur le provincial.

 

Tout autant que …Bah tiens ça par exemple :

 

« (Petit détail pour le touriste, mais grand bouleversement pour le titi, tant il est vrai que le premier comptoir du premier café de la journée est un repère quasi sacré) »

 

Donc le genre de petit détail qui me fait hausser le sourcil et m’agace, genre le provincial c’est le touriste quoi. Bah n’empêche que le provincial même du plus petit café du plus petit trou paumé il a le même rituel sacré, qu’on se le dise !

En dehors de ça, c’est un roman frais agréable, léger et parfois carrément tordant, et quand je haussais pas le sourcil je pouffais, même à deux trois bon gros clichés, j’avoue…

 

Extraits 

 

«  Lola est venue me rejoindre for ze moonlight cigarette.

Elle était suivit d’un type un poil collant (c’est-à-dire assez velu et que la sueur satinait) et qui tenait absolument à la réinviter à danser.

Chemisette hawaïenne à manches courtes, pantalon de viscose, chaussettes blanches avé la rayure tennis et mocassins tressés.

Un charme fou.

Et, et, et …j’allais oublier : le fameux harnais en cuir noir avec les poches poitrines ! Trois poches à gauche et deux à droite. Plus le couteau à la ceinture. Plus le portable dans sa housse. Plus la boucle d’oreille. Plus les sun glassizes. Plus la chaine pour retenir le portefeuille. Moins le fouet.

Indiana Jones en personne. »

 

« Peu avant d’arriver au castel de la tante Paul, Simon nous a dégoté un petit chemin bordé de mûres. Nous nous sommes jetés dessus en évoquant les charmilles de la maison de Villiers avec des trémolos dans la voix. Carine qui n’avait pas bougé son cul de la voiture, nous a rappelé que les renards pissaient dessus.

On s’en foutait.

Erreur…

_Bien sûr. L’echinococcose ça ne vous dit rien. Les larves de parasites transmises par l’urine et…

Mea culpa, mea maxi culpa, je me suis un peu énervée :

_Mais c’est des conneries ça ! C’est bouclhite et compagnie ! Les renards, ils ont toute la nature pour pisser ! Tous les chemins ! Tous les talus ! Tous les arbres et tous les champs alentour et il faudrait qu’ils viennent pisser là ! Exactement sur nos mûres ! Mais c’est n’importe quoi ! Moi c’est ça qui me tue, tu vois…C’est ça qui me rend malade. Ce sont les gens comme toi qui abiment toujours tout…

Pardon. Mea culpa. C’est ma faute. C’est ma très grande faute. Je m’étais promis de rester calme et indéfiniment zen. Encore ce matin dans la glace, je m’étais prévenue en agitant l’index : Garance, pas d’histoire avec la Carine, hein ? Tu Nous la joue pets de lapin sur la toile cirée pour une fois. Mais là j’ai craqué. Je suis désolée. Toutes mes confuses. Elle nous a gâché nos mûres et notre peu d’enfance avec. Elle me gonfle trop. Je ne peux pas la supporter. Encore une réflexion et je lui fais bouffer le sombrero de Lola. »

 

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Point(s)

+9

Auteur

Blog

npai

30-08-2012

Auteur public

Anna Gavalda

Couverture

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L'échappée belle. n'appartient à aucun recueil

 

Chronique terminée ! Merci à npai.

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