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Je peins - Poème

Poème "Je peins" est un poème mis en ligne par "Aubussinne".non classique, moderne, vers libres,

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Je peins

 

La toile est tendue et blanche,

Elle m’attend incolore, impatiente.

Ma route improbable et mes pas hasardeux,

Je peins.

Impossible de peintre,

Je regarde le blanc,

Je ne sais où je vais,

Mes yeux veulent manger l’air,

Enflammer leurs rétines,

Poussés par un élan dans mes poumons pressés.

L’air me manque.

C’est l’heure

De réclamer la plume à l’oiseau du possible.

Ses couleurs sont tapies, vont être au rendez-vous,

Bel oiseau, lance ta mélancolie,

Raconte-moi ta trille.

Je la tracerai de ta plume en guise de pinceau.

Mes yeux cherchent.

L’arc-en-ciel va jaillir.

Le chant des bleus s’étale,

L’indigo profond des turbans du désert,

Le Matisse lumineux qui m’invente une mer,

L’azur de Majorelle qui peint mes murs en ciel.

Mes errances sauvages deviendront les herbages

En des traits verts, épais, bordés de dessins noirs.

Des monts, des vallées, des piémonts,

Tous les marrons terrestres évaderont les bruns,

Les bistres abriteront mes ombres.

Sous le vent infidèle, les branches délicates

S’effileront en vert, s’inclineront en gris.

Le ciel en son entier couvrira tout dessus

En blanc et puis en bleu avec un brin de rose

Le noir en griffera tout le bord des nuages,

Pénètrera dedans pour leur donner une âme,

Se perdra dans le trouble, le doute, la limite.

Enfin, je broie la pierre sans le moindre outrage

Elle livrera la cendre, le silence absolu.

Il me faudra de l’eau en écailles d’argent,

L’eau de la vie qui mord.

La toile n’est plus vide, elle a viré la mort.

Il lui manque un point rouge celui du cœur qui bat

Je le pose en bon ordre.

La toile est ma peau qui désire et reçoit,

Le pinceau, mon baiser,

Les couleurs, mes escales,

Qui viennent ou qui s’effacent,

Ma folie dans les vagues qui déferlent en rouleaux.

Je glisse dans leur voute, me vis dans un trou noir

Du vacarme des ondes vers le puits de l’espoir.

La vague enfin s’échoue, m’éveille sur le sable.

Aimante et docile, elle entre dans le cadre.

La plume s’est retirée, l’oiseau est reparti

Et mes yeux sont rentrés envoutés d’infini.

La toile est là, finie.

 

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Mireille MOULUQUET  16 03 2018

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Auteur

Blog

Aubussinne

06-10-2018

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Je peins appartient au recueil Feuilles de coeurs

 

Poème terminé ! Merci à Aubussinne.

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