Connexion :
Vous devez vous inscrire pour voir l'intégralité de ce profil

Je contemple souvent le ciel de... - Domaine Public

Domaine Public " Je contemple souvent le ciel de ma mémoire" est un texte du domaine public mis en ligne par "Marcel Proust".Vous voulez partager avec la communauté de DPP, un texte appartenant au domaine public. C’est ici !
Chacun peut ressentir l'envie de faire découvrir les œuvres de certains auteurs.
Alors n'hésitez pas à le faire, les auteurs et textes à découvrir seront mentionnés sur votre profil.

Venez publier un texte du domaine public ! / Protéger un texte du domaine public

• Marcel Proust (1871- 1922)

Poèmes

_________________________________________________________________

Je contemple souvent le ciel de ma mémoire

Le temps efface tout comme effacent les vagues

Les travaux des enfants sur le sable aplani

Nous oublierons ces mots si précis et si vagues

Derrière qui chacun nous sentions l’infini.




Le temps efface tout il n’éteint pas les yeux

Qu’ils soient d’opale ou d’étoile ou d’eau claire

Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire

Ils brûleront pour nous d’un feu triste ou joyeux.




Les uns joyaux volés de leur écrin vivant

Jetteront dans mon coeur leurs durs reflets de pierre

Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière

Ils luisaient d’un éclat précieux et décevant.

D’autres doux feux ravis encor par Prométhée

Étincelle d’amour qui brillait dans leurs yeux

Pour notre cher tourment nous l’avons emportée

Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.


Constellez à jamais le ciel de ma mémoire

Inextinguibles yeux de celles que j’aimai

Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires

Mon coeur sera brillant comme une nuit de Mai.



L’oubli comme une brume efface les visages

Les gestes adorés au divin autrefois,

Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages

Charmes d’égarement et symboles de foi.




Le temps efface tout l’intimité des soirs

Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige

Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège

Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.



D’autres, les yeux pourtant d’une joyeuse femme,

Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs

Épouvante des nuits et mystère des soirs


Entre ces cils charmants tenait toute son âme




Et son coeur était vain comme un regard joyeux.

D’autres comme la mer si changeante et si douce

Nous égaraient vers l’âme enfouie en ses yeux

Comme en ces soirs marins où l’inconnu nous pousse.



Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes

Le désir gonflait nos voiles si rapiécées

Nous partions oublieux des tempêtes passées

Sur les regards à la découverte des âmes.




Tant de regards divers, les âmes si pareilles

Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus

Nous aurions dû rester à dormir sous la treille

Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su




Pour avoir dans le coeur ces yeux pleins de promesses

Comme une mer le soir rêveuse de soleil


Vous avez accompli d’inutiles prouesses


Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,




Se lamentait d’extase au-delà des eaux vraies

Sous l’arche sainte d’un nuage cru prophète

Mais il est doux d’avoir pour un rêve ces plaies

Et votre souvenir brille comme une fête.

Partager

Partager Facebook

Proposé par

Deplume

Auteur

Blog

Marcel Proust

25-09-2015

Couverture

"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Je contemple souvent le ciel de ma mémoire n'appartient à aucun recueil

 

Domaine Public terminé ! Merci à Deplume.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.