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Boris ou les vagues de l'âme - Tranche de Vie

Tranche de Vie "Boris ou les vagues de l'âme" est une tranche de vie mise en ligne par "Yanis Laric"..

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     Boris ou les vagues de l’âme

 

Boris était sans cesse empreint d’une forme de mélancolie qui, tout bien pensé, devait venir du simple fait d’être né. Cela lui donnait, tour à tour, un caractère irritable ou, au contraire, une franche bonhommie non dénuée toutefois d’une forte dose de dérision. Il estimait en effet qu’une amère lucidité permet de mieux observer ces pans de vérité que d’aucuns n’ont pu ou voulu voir, du fait d’un regard trop marqué par la superficialité. Souvent il était submergé par les vagues de l’âme, celles, calmes, du temps qui passe, fossoyeuses de souvenirs, furtives lames qui mouillent le sable, fragile matière d’une vie toute entière.

 Ainsi, sa vie était faite d’aubes se levant sur les jours anciens et d’aurores plus fatales que boréales. De fait, à la cinquantaine, il était toujours enfermé au pays de ses 20 ans, là ou l’ennui n’existe pas, où l’homme ne se flétrit pas. Du coup il était devenu ce vieux-jeune, légèrement misanthrope, lucide et désabusé en premier lieu par lui-même. Sa nostalgie trop prononcée lui pesait, lui paraissait surfaite, stérile et handicapante. Ses souvenirs ? Tout le monde s’en moquait, et avec raison. Ses passions ? Depuis longtemps obsolètes. Le monde avançait, vitesse TGV. Le mieux qu’il pouvait faire, sans tomber dans un passé largement idéalisé, c était de rester sur place et, tel un bovin, regarder les trains qui passent. Le sentiment que tout ce qu’il pouvait ou voulait être pouvait, en un instant, être réduit au néant n’était guère réconfortant. Plutôt déstabilisant.

Cet imbécile avait cru qu’il pouvait tout dire ou rester posé comme un menhir pour ne pas déroger à ses principes. Il avait en tête « mentir c’est trahir » alors que c’est tout bête mentir c’est parfois sourire, ça permet de vivre…Il s’était bien fourvoyé, dans les grandes largeurs. Il le savait mais ne voulait pas dénier, se renier. L’impasse. Un dernier mot concernant son physique. Physiquement Boris défiait toutes les lois de la description et aucun adjectif, qu’il soit valorisant ou le contraire, ne semblait satisfaisant. De taille moyenne, le visage creusé, les pommettes saillantes, le regard noir, tout trahissait chez lui un individu soumis à un terrible bouillonnement intérieur, aux meurtrissures de la vie et pour finir à un penchant pour l’autodestruction qui, hélas, nous rassemble aujourd’hui. Voilà.

Adieu Boris, des gens t’ont aimé mais t’en es-tu aperçu ?

                                   Discours prononcé aux obsèques de Boris, disparu à l’âge de 50 ans… sans faire de vagues. Paix à son âme…

 

                                                                                  Yanis Laric

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Yanis Laric

29-11-2017

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Boris ou les vagues de l'âme n'appartient à aucun recueil

 

Tranche de Vie terminée ! Merci à Yanis Laric.

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