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Une tache sur la belle robe - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 11-04-2023 à 12:16

Bonjour David. Je vous réponds avec un grand retard, désolé. Merci pour votre compassion. Cependant nous sommes ainsi doués - et c'est tant mieux - d'une immense capacité d'adaptation (sans laquelle je pense d'ailleurs que nous ne pourrions vivre bien longtemps). Je crois savoir que vous aussi souffrez physiquement. Mais comme moi j'imagine vous avez du trouver es solutions pour "faire avec". Le texte ci-dessous voulait plus pointer la personnalité de ma mère que mon handicap. Et pour poursuivre, je dirai qu'avec elle, j'ai plutôt du "faire sans". Sans amour et écoute maternelle je veux dire. Cordialement.

Ancolies

Ancolies Le 11-04-2023 à 12:00

Tu as eu raison D'Jenny de ne pas rentrer dans le jeu de ton père, celui de partager sa haine. Tu en sors victorieuse. J'ai fait de même avec ma mère, ce qui en réalité ne m'a pas été difficile car je n'éprouvais aucuns sentiments pour elle, elle ne m'était qu'une étrangère. Par ailleurs, l'ultime solution est le pardon, mais il est des cas où il se révèle proprement impossible. Un ami croyant m'a d'ailleurs dit que ce pardon était effectivement impossible sans l'aide de Dieu. Et à moins que je ne me trompe Dieu n'est pas ta tasse de thé. Enfin, je vois que tu as retrouvé ta Bretagne. Mes parents y sont enterrés dans une chapelle familiale du côté de Plougrescant si ça te dit quelque chose. Et comme chantait Jean-Michel Caradec, parti trop tôt dans un bête accident de voiture, "Qu'elle est belle ma Bretagne quand il pleut". Bonne semaine à toi.

Jenny

Jenny Le 10-04-2023 à 23:30

— Mon père est désormais de l'autre côté, là où il a dû se regarder dans le miroir... jusqu'au bout, j'ai essayé de l'aider, et jusqu'à son dernier souffle et même après, il a tenté de m'anéantir. J'ai pitié de lui ! Sa haine, je n'en veux pas chez moi ; je fuis toute forme de toxicité. En revanche, je ne lui pardonne pas de m'avoir arrachée à ma Bretagne à 16 ans pour le suivre dans sa "carrière" ! Jamais ailleurs, je ne me suis sentie chez moi. PS - je viens de voir que tu avais omis de répondre à David. A bientôt. D'jenn

Ancolies

Ancolies Le 31-03-2023 à 8:19

Comme tu le dis D'Jenn, époque révolue Dieu merci, même si la nouvelle n'est pas parfaite loin s'en faut. Corrige moi si je me trompe mais j'ai l'impression que tu hais toujours ton père. Merci pour l'explication du de toute façon. Les producteurs futurs d'une écriture sans fautes et sans faille se retrouveront perles rares et exceptions lettrées et qui sait enviées du monde avenir. Sinon, relativement à ta remarque que mon fils en aura des anecdotes à raconter, il ne lit pas ce genre de textes, celui-là comme de nombreux autres, que je publie ici mais nulle part ailleurs et pas dans mes livres. Il sait que tout n'a pas été rose entre ma mère et moi, il sait (et est fier) que j'ai brisé le carcan familial à 18 ans comme 12 ans plus tard celui de la pub mais je lui évite les détails. A +

Benadel

Benadel Le 30-03-2023 à 20:40

Ancolies, j’ai lu avec compassion une tranche de votre vie. Je suis entièrement avec vous dans cette révolte qui se fait sentir à travers vos phrases où la dérision se marie bien avec la désillusion. A travers vos mots, j’ai senti cette fatalité rejaillir sur une certaine acceptation qui, je pense l’âge aidant vous permet de prendre des distances avec une maman en prise avec un ego qui la fit prononcer un mot qu’elle n’aurait pas dû. Si la cartouche contient la charge d’une arme à feu, la bouche, elle, renferme les explosifs d’un dispositif froid. Cordialement. David

Jenny

Jenny Le 29-03-2023 à 23:45

Salut Ancolies. Mon père avait été élevé ainsi et ma mère était orpheline. Autant dire qu'il n'y avait pas à discuter. Tout le monde devait attendre le retour du patriarche pour lui déposer une bise imposée par ma mère (son règlement de l'enfant bien élevé) avant de filer rapidement se coucher dans le plus grand silence. Il ne tolérait pas le moindre chuchotement. Bref, une époque révolue ; on est passé à la génération des enfants qui font leur loi. A propos de "toute façon" ; c'est assez simple, cela veut dire "quoi qu'il en soit". Mais bon aujourd'hui, les fautes fleurissent sous mon nez un peu partout, dans les articles, les bandeaux TV, ouvrages à corriger ou à pleurer. Le moment où plus grand monde ne saura écrire et parler correctement ne va plus tarder. Mon 'chaton' qui n'aime que les sciences trouve tout cela pure perte de temps mais répète les règles pour me faire plaisir (sic). A bientôt l'artiste !

Ancolies

Ancolies Le 28-03-2023 à 14:18

Salut D'Jenn. Il me semble que lorsque tu évoques les principes de ta jeunesse - les enfants ceci..., les enfants cela... -, il s'agit là d'une pensée révolue. De toutes façons (je sais qu'on écrit De toute façon mais je n'ai jamais compris pourquoi, c'est De toutes les façons non ?), donc de toutes façons la majorité des gosses ont aujourd'hui les yeux et l'esprit totalement collés aux plafonds de leurs portables et il est inutile de leur adresser la parole. Surtout faire exactement le contraire que l'éducation que tu as reçue me paraît un peu réducteur, il faut créer sa propre position, avec toutes les nuances nécessaires, en comprenant également ce qu'est un enfant et son langage, pour façonner des êtres libres. Perso, avant d'avoir mon fils, j'ai eu une très jeune belle-fille, dont j'attendais - grossière erreur évidemment - qu'elle se comporte comme une adulte. Je m'en suis excusé auprès d'elle quand elle a eu 20 ans, et elle a ri et répondu que quand même, heureusement que j'avais été là pour lui avoir évité d'être une enfant pourrie gâtée avec la personnalité adulte qui s'ensuit. A ton A la guerre comme à la guerre, moi j'ai répondu A la gare comme à la gare lorsqu'une de mes tantes m'a dit "Toi qui es dans la pub, avec tes tonnes d'idées, tu ne pourrais pas me trouver une définition pour le musée d'Orsay pour mon grand concours Paris-Match". Ah oui, le texte ! La jolie robe de Folcoche ! Fils tu es gênant, tout d'elle est dit dans cette phrase. Mais il y en a des qui vont la comprendre et trouver cela logique, normal. Et moi j'aurai accompagné et guidé (accompagne et guide) mon fils pour lui apprendre à gérer cette maladie héréditaire. De toutes façons (encore), relativement à moi, cette maladie et cette Folcoche, et mon père si faible, tout cela j'en ai royal air foutre : on n'est pas responsable de ses maladies ou son environnement mais on est responsable de son rétablissement. Je me porte bien, mon fils itou (il a une copine maintenant, grande et heureuse nouvelle), et nous sommes tout 2 des personnes honnêtes et libres, voilà l'important. Bon, ma réponse est un peu décousue, pas comme l'ourlet de la jolie robe parfaite. Oui j'ai démontré qui ou plutôt ce que je désirais et devais être, mais cela s'est fait dans la souffrance plutôt que dans l'écoute et les encouragements. Aucune importance à l'heure d'aujourd'hui mais comme tu le dis, les larmes forgent aussi des armes, et comme on le dit Ce qui ne tue pas rend plus fort. Cria cuervos, tournait Carlos Saura : Élève des corbeaux, ils te crèveront les yeux. Je n'ai pas eu besoin d'aller jusque là, juste 35 ou 40 années d'éloignement et puis un retour le poing sur la table et le verbe haut quand nécessaire. Très efficace. C'est mon père qui aurait dû le faire mais faute de merles, je m'en suis chargé. Merci de ta lecture et à bientôt D'Jenn. Ps : j'ai fait pendant 2 ans la pub du BHV.

Jenny

Jenny Le 27-03-2023 à 23:25

Salut Ancolies, un nouveau divan avec la terrible 'Folcoche' ; ton fils ne manquera pas d'anecdotes, ce qui est important pour lui permettre de mieux comprendre ce qu'il n'aurait pas compris. Cela m'a beaucoup manqué d'ignorer tant et tant pour avoir des pistes de compréhension quant à ma famille. Dis-toi que tu es loin d'être le seul à avoir poussé de travers en quête de fin de tunnel. Probablement que pour ma part, j'aurais moins été une ado' rebelle ; j'enviais les familles capables de se saigner pour le bien-être de leurs enfants. Encore aujourd'hui, certaines phrases résonnent en moi "les enfants ont des devoirs envers leurs parents" ; "les enfants doivent obéissance à leurs parents"... et quand j'avais l'outrecuidance de demander des livres, une radio... la foudre tombait sur moi. Tout cela m'aura apporté la clé de ma future éducation donnée à mes enfants : surtout, faire très exactement le contraire, cela ne pourra qu'être bien. Des maladies génétiques, on en traine tous un peu en soi ; parfois, il faut longtemps pour les découvrir. Ce sont des angoisses en plus ; la vie charriant ses vents glacés. L'anecdote que tu racontes sur cette sortie mémorable m'en a remémoré une des miennes. Alors que je sortais de l’hôpital après un séjour traumatisant. Mon honorable père me traina au BHV pour faire ses emplettes ; j'ai encore le regard des passants sur mon visage tuméfié et agrafé. Il faut dire pour pardonner à la foule que je pleurais toutes les larmes que mon père ignorait, implacable comme d'habitude. Là aussi, il m'a rendu service ; ce fut mes dernières larmes et mes premières armes. On se forge jamais par hasard. A la guerre comme à la guerre comme disait toujours mon père qui considérait que les filles ne servaient à rien. J'ai fini par lui démontrer qu'une femme pouvait valoir deux hommes ! Tu as sûrement su démontrer qui tu voulais être. C'est l'essentiel ! ne pas se perdre en chemin. A bientôt, d'jenny 🙂

Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 23-03-2023 à 12:32

Ancolies bonjour. Moi j'aurai tendance à dire : ce qui est fait, est fait ! Aucun retour en arrière possible et c'est bien dommage parfois (du moins pour nos parents). Nous avons récolté la rage de vivre ce qui fait notre force. Mes amitiés Christiane

Ancolies

Ancolies Le 22-03-2023 à 7:20

Bonjour Christiane. A la question que tu poses si tu aurais fait mieux avec une enfance lisse et parfaite, j'ai rajouté 3 lignes dans mon texte pour dire que personnellement oui, j'aurais sans doute fait la même chose - la création - mais la souffrance en moins. Par contre mon destin eût pu être différent si mes parents plutôt que me considérer comme un objet de leurs rêves (tu feras math sup, math spé et l'ENA ou Polytechnique) avaient été à l'écoute de mon identité et m'avait aidé à la développer, plutôt que je fiche tout en l'air à l'adolescence et que je mette en place mes propres codes ce qui a été passablement long. Quant à la maladie, même si elle prend une certaine place dans le texte, elle n'y est qu'un prétexte à présenter la personnalité de ma mère. A mon âge j'ai largement eu le temps d'apprendre à gérer cet handicap et accompagner mon fils dans cette voie. A bientôt.

Ancolies

Ancolies Le 22-03-2023 à 7:05

Mon cher Damien, en fait ce texte porte plus sur ma mère que sur la maladie qui n'est ici qu'un prétexte pour relater la personnalité de ma génitrice. A mon âge j'ai largement eu le temps d’apprendre à gérer cette maladie, par contre rien ne remplace une enfance fichue en l'air. Aujourd’hui ma mère est décédée depuis plusieurs années (mon père il y a 45 ans), je ne peux plus donc régler mes comptes avec eux mais je l'avais fait avant. Quant à affection parentale et espace de vie sain, j'ai un fils avec lequel je m'entends merveilleusement bien, en lui apprenant aussi au passage à gérer ce handicap. Merci de votre lecture et commentaire et à bientôt sur vos lignes.

Damien Origine.

Damien Origine. Le 21-03-2023 à 21:36

Ancolies... Cher Ancolies... Si votre chère mère déteste autant ces affres que sont vos relations inter-familiales je crois bien... que ce n'est pas votre faute. Si cette maladie est héréditaire, il faut que vous même trouviez un moyen de trouver un espace dans la vie où vous pouvez vous-même concilier affection parentales et espace de vie sain. Courage avec cette maladie. :)

Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 21-03-2023 à 13:38

Ancolies bonjour. Ton texte m'a mis le frisson, la question de savoir si : je me la suis posé pour analyser mon enfer (la souffrance n'a pas d'échelle de valeur, chacun a son propre enfer). J'ai cru pendant longtemps être comme Cosette (placée ou adoptée) j'ai attendu ma vrai mère pendant des années. Puis je me suis dis qu'après tout, il y avait une bonne raison, mais va savoir laquelle ? Aujourd'hui je me demande si j'aurai fait mieux, avec une enfance bien lisse et parfaite, mais là, je suis moins certaine. J'ai développé une sensibilité, un besoin de donner, une main tendue, un geste afin d'avoir un sourire, un merci. Je me contente de peu et ma foi je compatis pour ton fils, je sais comme ce n'est pas simple d'avoir des soucis de santé. Mes amitiés jeune homme et soi fier de toi, continue de nous dire ton ressenti. mes amitiés Christiane

Ancolies

Ancolies Le 21-03-2023 à 7:12

Bonjour Sylvie. Comme vous le notez, le sujet de ce texte est plus l'enfance mutilée que le handicap. Celui-ci, depuis le temps je gère, quoique je sois vraiment navré de l'avoir refilé à mon fils auquel j'apprends à le gérer aussi à son tour plutôt que lui dire qu'il est gênant. Oui je me demande souvent quelle aurait été ma vie, qu'en aurais-je fait si j'avais eu des parents aimants, à l'écoute de qui j'étais, m'encourageant vers mes propres aspirations qu'ils m'auraient aidé à découvrir. Une amie psy m'a dit : Tu aurais probablement fait la même chose que celle que tu fais (la création) mais sans passer par la souffrance. Enfin j'ai eu une réaction bizarre : plutôt que de détester cette mère pathologique, elle m'a toujours été comme dit en fin de texte totalement étrangère, ce qui ne vaut certainement pas mieux voire pire psychiatriquement parlant, plus compliqué à traiter qu'une bonne vieille haine. Bref je considère avoir vécu sans mère et qu'une personne dérangée m'aura élevé. Et oui bien sûr, le dessin dans un premier temps puis la musique et l'écriture ont été et sont toujours une thérapie indispensable. Comme vous dîtes encore, on n'est pas responsable de sa maladie mais de son rétablissement. Dans une de mes chansons j'ai écrit : Du fond de ma faiblesse j'ai remonté ma force, de ma terre de péchés j'ai fait pousser des ailes, je suis mon propre père et son fils en même temps, et ma vie la neige pure d'une hirondelle... Merci de votre lecture et votre partage. Ce dont vous ne pouvez parler ici, vous pouvez toujours le faire en message privé. Bonne journée.

Deogratias

Deogratias Le 20-03-2023 à 22:50

Bonsoir, J'aime beaucoup votre récit de vie. J'y retrouve quelques points communs...mais dont je ne saurai parler ici...Le handicap, la plupart sont invisibles, est une vraie souffrance au quotidien. Mais est-ce exagéré de dire que ce n'est rien en comparaison d'une enfance mutilée, d'une mère absente ou pathologique ? Je crois que l'enfant en nous ne guérit jamais tout à fait de son enfance...Il est toujours vivant. Tellement vivant. La baffe reçue il y a 30 ans est toujours actuelle. Les mots qui giflent aussi. Les carences multiples aussi...Les psy le disent : Pour l'inconscient tout est toujours au temps présent...C'est pour ça qu'un travail de guérison est souvent souhaitable...Comme le dit souvent l'adage : on n'est pas responsable de ce qu'on ressent, on est responsable de ce qu'on en fait...Je ne doute pas en vous lisant que vous avez su faire de vos blessures d'hier, une force pour maintenant. Je ne doute pas qu'une forme de résilience s'est opérée pour traverser les époques de votre vie avec un handicap si lourd au quotidien. Sans hésitation, je suis certaine qu'au final, ces épreuves de la vie ont fait ce que vous êtes aujourd'hui...L'écriture en ce sens est une aide, une thérapie, un partage, une libération, un chemin toujours ouvert vers d'autres possibles...Merci pour votre confiance. Amitiés. Sylvie.