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Qui de nous s'aime lui-même ? - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 08-07-2023 à 17:20

Bonjour GuiliuG. Ouh là, vous me donnez le tournis avec votre cercle vertueux. Une chose est certaine pour moi : l'on peut aimer son prochain même si l'on ne s'aime guère soi-même. Et heureusement. Par contre, un catholique pratiquant m' répondu qu'on aimerait plus son prochain si l'on s'aimait soi-même. Ma question reste entière : comment s'aimer soi-même ? Merci de votre lecture et à bientôt sur vos lignes.

GuiliuG

GuiliuG Le 08-07-2023 à 16:33

Faudrait-il dans ce cas « aimer son prochain » plus qu’on ne s’aime soi-même ? Ou au contraire faudrait-il « s’aimer plus que l’on aime son prochain » ? L’amour d’autrui découle-t-il de l’amour de soi ? Ou est-il au contraire possible d’aimer autrui même si l’on ne s’aime point ? En voilà une question difficile… Mais ce qui semble certain, c’est que l’amour de soi découle de l’amour d’autrui ; et que si l’on aime son prochain, il est plus que probable que ce fameux prochain se mette à s’aimer un peu plus ; et qu’en contrepartie, il aime à son tour un peu plus aussi ses prochains, formant là une sorte de cercle vertueux. Mais comment s’aimer si l’on n’a pas été aimé, ou pas été aimé suffisamment, c’est un problème qui n’a pas encore été bien résolu, je le crains ! Merci pour cette réflexion très personnelle, Ancolies ! 

Ancolies

Ancolies Le 14-05-2023 à 12:04

Salut D'Jenn. Ton com est presque aussi long que mon texte ! Réponses dans le désordre : Je suis d'accord avec ta réflexion sur l'estime et l'empathie, et selon toi j'en aurais pour moi-même. Admettons. Je ne l'ai jamais pensé en ces termes mais je sais que je suis une "bonne personne", la vie me l'a montré. Aurais-je été différent si j'avais "réussi" ? Non. J'ai en quelque sorte "réussi" quelques années avec mon groupe rock à Paris, les concerts faisaient salle comble, les groupies également, cela ne me changeait pas d'un iota, mon crédo était de travailler et travailler encore. D'accord avec ton point de vues sur l'amour propre relativement à l'orgueil. Et je suis comme toi viscéralement attaché à ma dignité, celle qui permet entre autres le courage. Enfin tu dis que la question de s'aimer soi-même ne t'a pas effleurée mais elle existe. Je pense que mon fils sait parfaitement prendre soin de lui et probablement s'aime-t'il, ce qui serait à mon sens une réussite. Merci de ta lecture et bon dimanche très chère.

Jenny

Jenny Le 13-05-2023 à 23:56

Salut Ancolie. «Tu aimeras ton prochain comme toi-même » pour ma part, je ne prends pas ce commandement au premier degré ; je le traduis par -estime ton prochain comme toi-même- ; -aie de l’empathie et de la considération pour ce prochain malgré ses différences-. Or, il me semble que chacun a besoin de se considérer pour regarder sa conscience en face. Accorder de la considération à autrui, c’est lui accorder du crédit. Crédit qui pourra être révisé en cas de nécessité (la vie en société impose ses codes). Il est donc sain de s’accorder du crédit pour avancer sur son chemin de vie avec l’estime et la force nécessaire pour affronter les difficultés sans nuire à autrui. Tous les commandements sont autant de règles de bon sens pour vivre en société et en bonne intelligence. — J’ai pendant un certain temps coécrit avec un journaliste exégète catholique ; je me souviens avoir longuement débattu sur les termes « orgueil et amour propre ». Selon lui, l’amour propre était à bannir ; seul l’orgueil était acceptable. Or, je pensais exactement le contraire ! L’amour propre nous étant vital au même titre que notre dignité. Quiconque enlève sa dignité à un être humain lui soustrait cet amour propre qui lui est vital pour se sentir humain. L’orgueil blessé n’est pas mort d’homme. L’humilité permettant de se souvenir que nous ne sommes rien à l’échelle individuelle et encore moins à l’échelle cosmique.
Ainsi la question n’est pas de devoir s’aimer pour… mais d’avoir estime et considération pour soi. Et sur ce plan, tu n’en manques pas de mon point de vue. Difficile de dissocier l’homme de l’artiste ; son travail témoignant du premier. La considération est là même si la consécration et reconnaissance publique ne le sont pas, malheureusement pour toi. Toutefois, je pense qu’il faut toujours raison garder et se questionner sur ce qui est. Est-ce que la consécration aurait changé l’homme que tu es ? Es-tu à l’image de cet homme-là ? La réussite d’un être sur son chemin de vie n’est-elle pas d’avoir su franchir les obstacles de la vie sans piétiner autrui… ? Peut-être as-tu comme d’autres cherché à être Humain… ce qui induit : s’estimer. Bien plus important que « s’aimer » si cher aux psys ; je te le concède. Pour ma part, je ne me suis jamais posé cette question. En revanche je suis viscéralement attachée à ma dignité tout autant qu’à celle des autres. — Voici mon retour de lecture et mon sentiment abrégé, car il y aurait tant à dire. Mais à quoi bon, j’ai dit mon essentiel. @ bientôt, Jenny 🌞

Ancolies

Ancolies Le 11-05-2023 à 15:54

Bonjour Hika. Heureux d'avoir de vos nouvelles. Oui, comme toujours je m'interroge, et si mes réflexions amènent à faire de même d'autres, eh bien c'est tant mieux. J'aborde ici une question qui me paraît très importante dans l'accomplissement de soi-même, et si je m'interroge c'est bien entendu que je n'ai pas la réponse et me demande si d'autres l'ont. Et si oui, qu'ils me la donnent, ça m'éclairerait bien. Indifférent à moi-même, j'ai toujours été comme ça et je me demande si c'est courant. Peut-être est-ce en cela que je suis "différent" comme on me l'a tant de fois dit. Mais je n'y suis pour rien. Mon identité est d'abord bâtie sur mon éducation détestable, mère qui n'aimait personne d'autre qu'elle même (en voilà une), et donc même si le temps a largement passé cela reste un fondement chez moi cette sensation de m'être étranger. Parce que je n'ai pas été désiré, aimé, reconnu pour qui j'étais. Il a alors fallu que je fasse le boulot seul, apprendre à vivre après avoir passé mes premières 25 années à chercher comment mourir. J'ai demandé un jour à une amie à son avis qu'aurais-je fait de ma vie si j'avais été un "sujet" pour mes parents, s'ils m'avaient aidé à trouver ce que j'aimais et désirais plutôt que me prendre dès le départ comme un objet projection de leurs propres aspirations : tu feras un bac C, puis maths sup et spé puis polytechnique ou l'Ena. Alors que je n'avais aucun goût ou compréhension pour les maths et que j'étais plutôt bon en français. Donc avec des parents "soutenants", j'aurais pu passer un bac littéraire et faire kâgne et hippokâgne qui sait... ? Mais mon amie m'a répondu que j'aurais probablement fait la même chose que celle que je fais depuis des années, la création, la souffrance et la difficulté du chemin en moins. Enfin, cette question de s'aimer soi-même me paraît assez fondamentale. Ce n'est pas non plus que je me déteste, pas du tout, mais encore une fois je me suis totalement étranger et indifférent. Je suis d'accord avec vous, c'est à chacun de faire sa propre analyse quel qu'en soit le prix et de faire aussi sa propre révolution avant d'aller comme on le voit si souvent la faire avec de grands cris sur la place publique sans même savoir qui ou ce que l'on est. Bref, s'interroger d'abord sur soi-même au lieu de comme bien souvent tomber à bras raccourcis sur les autres sans s'être posé la question de soi-même. Enfin et pour finir, en ce moment je suis assez sec côté création, suite à une expérience plutôt idiote que j'ai faite- jouer 36 heures d'affilée aux échecs - expérience qui m'a en fait pas mal déstabilisé. Les choses se remettent en place peu à peu mais c'est long pour moi de me retrouver. Et puis toujours, d'une façon plus générale, la tentative permanente de régler ses regrets, les conneries que l'on a faites et qui ne s'effacent pas. Chère Hika, je vous dit une phrase que l'on entend souvent mais que je ne pratique pas tellement vu encore une fois mon statut d'indifférent : prenez soin de vous. Par contre, je crois que mon fils a parfaitement saisi cette phrase et il est bien possible qu'il s'aime lui-même ce qui serait à mon sens une réussite. Toutes mes amitiés et à bientôt.

Hika

Hika Le 11-05-2023 à 14:37

Bonjour Ancolies, vous me faites reprendre- contact- avec « les mots » , Merci, tant les vôtres et vos réflexions procèdent par question et remise en cause des réponses ou Réponse s, « ici- bas » . Je suis humainement « enthousiasmée » par votre vigilance votre honnêteté votre vie à l’oeuvre à relire nuancer habiter des mots galvaudés , au nom des Commandements régisseurs , païens ou non et en tout domaine. Je trouve, je ressens avec écho, autrement comme chacun , « qu’après avoir cherché interrogé « « pourquoi , pour quoi, à cause de qui et quoi », vous posez la seule qui fait réfléchir à soi comme aux autres dans ses propres actes , c’est - comment - . je préfère me dire « misanthrope » plutôt que de parler Amour Bienveillance Eveil , des Apôtres ( tous humains et datés au passage , et en tout domaine ). Je n’oublie pas non plus pour m’y être déversée , peut-être dé tordue, que personne - n’est- analysé mais – fait- son analyse ( sauf discutables « guides » des autres derrière leurs bureaux ou derrière les sofas) . Je vous dis simplement , ce qui m’apparaît plus sain et honnête – sur terre- de saluer le vivant flore et faune , dont l’humain n’est qu’un élément . Création … Bien à vous Ancolies, à la vie en vies , et encore merci à qui s’interroge sur ses actes en ses dires , et sait tant, comme vous ressentir et partager large sans jamais peser. , à vous non plus j’espère , façon de vous dire ce en quoi …je crois, ni plus haut , ni plus bas , le temps de mon passage, « entre ciel et terre » . Hika

Ancolies

Ancolies Le 11-05-2023 à 9:19

Salut Vert-de-Gris. Merci de ta lecture et ton long com. Auquel je ne sais pas vraiment répondre. : Où suis-je quand je pense à moi ? Eh bien je ne pense pas que la question soit géographique mais philosophique. La réponse est nulle part, je ne pense pas à moi. Si je m'y essaie j'y pense comme quelqu'un dont je connais les goûts, les habitudes, les activités etc... mais j'y pense comme une personne étrangère qui n'est pas moi. C'est l'autre question, qui suis-je ? Je ne sais pas du tout. Je porte un nom qui m'est certes familier, je réponds lorsqu'on l'appelle mais je me sens encore comme un inconnu. Ce nom n'est pas le mien, je n'en ai pas. Pour continuer à te répondre, ne pouvant (à ce jour) m'aimer, il n'y a pas de lieux de cet amour. Et quand je pense à moi, eh bien c'est toujours comme à une personne que je ne connais en fait pas, un étranger encore une fois, sans sentiment à mon endroit, indifférent. Oui je suis spectateur de moi-même, agissant selon mes valeurs mais spectateur des gestes et du résultat quand même. Voilà. J'espère à mon tour que ma réponse n'est pas trop confuse ... ni décevante. J'espère avoir bien compris ta question. A bientôt sur tes lignes.

Vert-de-Gris

Vert-de-Gris Le 10-05-2023 à 21:42

Salut Ancolies, Chouette réflexion que tu nous offres là ! Enfin... "chouette" c'est un peu fort je l'admets. Je veux dire qu'elle est plaisante par la sympathie qu'on peut très naturellement lui donner. Je comprends ce que tu veux dire... enfin je pense. Je pense que tu décris là un sentiment inhérent à l'existence. Consubstantiel si j'ose dire. Je vais pas m'étaler en réflexions à mon tour, je te poserai simplement une question. Puisque la question porte ici sur la possibilité de s'aimer... bon et bien peut-être faudrait-il s'entendre sur ce que ce mot peut bien vouloir dire. Mais je te demanderai autre chose : "Où es-tu par rapport à toi dans ta vie ?" Tu évoques cela dans ton texte... que tu es spectateur. C'est intéressant ça. C'est parlant je trouve. Je pense que l'amour, en tant que sentiment, en tant que sensation presque, est d'abord une perception presque physique de l'autre. Lorsqu'il s'agit de soi... eh bien c'est pareil. Où es-tu quand tu penses à toi ? Si tant est que tu puisses/doives t'aimer toi-même... eh bien où es-tu ? Si tu aimes une femme ou un homme... tu aimes quelqu'un... une chose qui a une place dans ton esprit, dans ton coeur. Une chose localisable en somme... localisable dans des souvenirs, dans des lieux visités ou fantasmés, dans des circonstances vécues ou souhaitées... voilà tout un tas de lieu de l'amour de l'autre. Et toi ? Si tu peux t'aimer, quels sont les lieux de cet amour ? Où es-tu quand tu penses à toi, amoureux de toi ? Voilà je pose ça là en espérant ne pas avoir été trop confus. J'espère que ça t'aideras, très curieux d'avoir une réponse en tout cas ;)

Ancolies

Ancolies Le 08-05-2023 à 14:38

Bonjour Joëlle. Merci de votre lecture et votre réflexion. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec vous : on peut offrir bienveillance et attention à son prochain sans s'aimer soi-même, j'en témoigne. Mais cela ne change pas le fond de ma question, comment fait-on ? Certes les injonctions parentales et sociétales jouent un rôle mais justement je me dis qu'il ne doit pas être naturel ou facile de s'aimer si ses propres parents ne l'ont pas fait. A bientôt sur vos lignes.

Joëlle

Joëlle Le 07-05-2023 à 15:01

Merci, Ancolies, de votre réflexion. Je pense que, comme beaucoup d'entre nous, vous êtes victime de la société qui accuse d'égoïsme toute personne qui cherche à exister, c'est à dire à s'intéresser à soi-même. Pourtant, il faut bien avoir au moins de l'estime, et même, de l'amour envers soi-même, pour que celui-ci déborde et rayonne autour de soi ! Comment offrir aux autres ce que nous n'avons pas en nous ? Pour être honnête, j'ai moi aussi du mal à trouver cet équilibre, car je suis aussi conditionnée par ces injonctions parentales et sociétales. J'espère être sur la bonne voie ! Amitiés. Joëlle

Benadel

Benadel Le 22-04-2023 à 18:41

Je l'ai lu Ancolies. A mon humble avis et comme je l'ai dis et redis," Aimer" rime" également avec respecter, dans le sens d'épargner à autrui ce qu'on épargnerait à soi-même, par instinct de vie et de joie. Amicalement. David

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 17:26

Entendu David. Je me permets aussi de vous suggérer de lire l'instructif commentaire de Deogratias.

Benadel

Benadel Le 22-04-2023 à 17:05

Ancolies, permettez-moi de conclure en disant que votre texte étant une réflexion, et non la narration d'une tranche de vie, j'ai cru bon de vous donner mon point de vue sur ce que l'on entend par s'aimer, tel que formulé par le verset biblique, et qui a mon avis n'a pas une connotation narcissique. La Bible nous enjoint simplement de ne pas faire du mal à son prochain, comme on ne le ferait pas à soi-même, malgré que l'on n'éprouve aucun amour pour soi. Dommage, que vous n'ayez pas compris que je ne parlais pas de vous, ni de ce que vous avez subi, mais de l'interprétation que l'on pourrait donner à un verset qui est le sujet de votre réflexion, et qui vous parait obscur, en vous prenant pour exemple. Je pense donc ne pas être passé à côté de votre propos. Amicalement. David

Deogratias

Deogratias Le 22-04-2023 à 16:35

Coucou Ancolies, Je vous invite à commencer par Croire pour comprendre. Et non l'inverse. Imitez les enfants...Vous y gagnerez en liberté. Il ne s'agit pas de devenir crétin...mais de faire confiance... S'il est bon de chercher à comprendre, à un moment donné, il faut "lâcher prise" (expression très en vogue qui recouvre des réalités très différentes mais je l'emploie quand même ici)...Si vous voulez continuer de discuter sur le sujet, vous le pouvez, par email. Bonne soirée à vous. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 16:29

Bonjour Sylvie. Merci de votre lecture attentive et votre longue explication. Je pressentais bien cela : qu'il s'agit d'une question de Foi. Et pour commencer je n'ai toujours rien compris au mystère de la Sainte Trinité : Jésus, Fils de Marie et de Dieu, Sainte Marie Mère de Dieu, Jésus et Dieu frangins ? Tout-à-fait d'accord avec le père Guibert, je suis mon pire ennemi, ou mon père ennemi. A une époque j'avais écrit que je n'avais plus peur de grand chose sinon de moi évidemment. En fait je devrais savoir un peu de tout ça ayant écrit il y a 40 ans dans une chanson Je suis mon propre père et son fils en même temps, c'est à dire à la fois mon guide et mon agneau. Et aujourd'hui, si au moins je me supporte, c'est probablement bien parce que mon fils me supporte, pire m'aime et est fier de moi, comme je suis fier de lui d'ailleurs. Se regarder au travers des pupilles du Père : j'en reviens toujours au même problème : pour accepter la Joie sur cette basse terre il faut être croyant, ce que malgré mes efforts, retraites en Prieuré, discussions théologiques avec le Frère Supérieur, discussions avec des vendeurs porte à porte de Bibles, séjour à Lourdes... sans aucun succès. Mais je me répète, je le vois bien, la Joie et même l'Allégresse se trouve chez les véritables croyants. Les veinards. Croyez, me direz-vous, laissez-vous faire et croyez... Ben non, je ne me laisse pas trop faire et lâcher prise. Déjà tout petit : lorsque j'ai fait ma 1ère communion dans mon collège catholique privé, à la fin de la cérémonie, mon père m'a demandé (l'indiscret) ce à quoi j'avais prié après avoir reçu l'hostie sacrée. Rien compris à sa question. Je ne savais pas cependant les cours de catéchèse auxquels j'avais du prêter une oreille plus que distraite qu'il fallait prier à ce moment là, et du diable si je savais seulement (et si je sais aujourd'hui) ce que signifie prier. Non, la religion m'a toujours été aussi étrangère que l'a été pour moi ma mère. On en revient à cette 1ère image de Dieu, celle de nos parents. Épouvantables les miens, c'est sans doute là que ça commence. Introspection chère aux psys : oui, tout le monde a quelque chose à oublier, à commencer par sa propre existence. Et si je vous suis toujours, Dieu sait compter presque 8 milliards de fois jusque 1. Quelle patience quand même ! Et le désespoir du prof de maths. Bon je vais réfléchir à tout cela, je sais bien qu'en mon texte je prends cela par le petit bout de la lorgnette, mais je crois que j'en reviens toujours au même point : la solution et la délivrance terrestre est de Croire et comment fait-on. Mauvaise question me direz-vous sûrement, ce n'est pas de cette façon qu'il faut le prendre. Enfin, encore merci à vous de cette longue explication, circulation de l'amour sans sens interdits, en résumé Dieu m'aime donc je peux y aller. Bon week-end.

Deogratias

Deogratias Le 22-04-2023 à 15:05

Coucou Ancolies, j'ai ri en vous lisant. Vous avez ce don de me faire rire. Surtout le passage où vous parlez du Seigneur !! "Il en a de bonnes. L'a-t-il testé son truc ?"..oui, vraiment, vous avez bien raison : "Il en a de bonnes !". Je ne sais pas si je vais répondre à votre question. Je vais tenter à ma manière : 1/ Au niveau psychologique, c'est très difficile en effet surtout après une éducation rigoriste et quelque peu maltraitante. 2/ Il faut toute une vie. 3/ Au niveau spirituel, (quand on a la chance d'être croyant), je crois qu'il NE FAUT SE REGARDER QU'AU TRAVERS LES PUPILLES DU PERE. Sans ce préalable, vu nos parcours de vie, nos défauts, nos manques, nos blessures, je pense que sans ce préalable, c'est le désespoir assuré. Comme le dit si bien le père Joël Guibert : "Place toi devant un miroir, tu es ton pire ennemi parce que tu es le juge le plus implacable pour toi même". Je crois que c'est vrai. La difficulté est : "Quelles sont les pupilles du père ?" et plus précisément : "Cela sous tend qu'on connaisse et vive Dieu comme un Père" et non pas comme "un père fouettard". Le souci c'est qu'en effet, le psychologique et le spirituel s'entremêlent beaucoup. La première idée et image que nous avons de Dieu vient de l'image de ce que nos parents sont. Or, là, c'est le souci, si je me réfère à cela, il y a de fortes chances pour que bon nombre d'entre nous ne voit en Dieu qu'un beau salopard, jouissant de nos souffrances humaines et pour lesquelles il ne se donne même pas la peine d'intervenir ! Un parfait Dieu distant et sourd...Au niveau spirituel, c'est une question de foi. D'après ce que j'ai appris, Le Christ se reçoit du Père. Il se sait aimé et peut donc nous transmettre cet amour. Puis, comme qui dirait l'autre : "Lui, il n'avait pas besoin de se connaitre. Il est Dieu. Donc, il se connait lui même et il s'aime". Mais surtout il s'aime comme étant le fruit de l'amour du Père. Bon, pas évident à piger car c'est tout le mystère de la Trinité dans la religion chrétienne. C'est TROIS personnes. L'un se recevant et se donnant à l'autre. Chacun. C'est une circulation d'amour. Donc, c'est en cela que le mariage chrétien peut être écho de cette circulation d'amour. L'amour est relation. En aucun cas, il ne peut être le fruit d'un amour narcissique, branché sur lui même uniquement. De la même manière, nous ne pouvons déclencher en nous l'amour de nous mêmes par un travail sur soi, par cette fameuse "introspection" tant chérie des Psys. C'est une limite. C'est un point de départ mais l'amour de soi ne peut venir de cela. J'aime beaucoup que vous précisiez : "Aimer son prochain est naturel pour moi mais s'aimer soi même !". Je crois qu'on apprend à s'aimer dans le regard de l'autre, (les hommes et les pupilles du Père)...Il me semble que c'est une circulation d'amour : je donne et me reçois. J'aime et je m'aime car je me sais aimé. Le manque d'amour est toujours à la racine de nos maux...Voilà pour vous dire, très maladroitement, ce que j'ai appris et qui me semble être le chemin que j'ai moi même parcouru. Les Psys ont des méthodes limitées. C'est heureux. C'est le sens du sacré, l'amour en circulation entre l'autre et moi qui favorise l'amour dans toutes ses dimensions : Dieu, moi, l'autre et le monde...Voilà ...C'est un peu long. C'est un vaste sujet...il y aurait beaucoup de choses à préciser ...Ce serait trop long...j'aime votre humour. En conclusion : "Oui, vous avez raison, il en a de bonnes !" ...et j'vous dis pas quand Il nous commande : "Aimez vos ennemis". C'est un truc de dingue...Mais je vous laisse avec une Parole de saint : "Dieu ne sait compter que jusqu'à 1. Moi seul . C'est la puissance de cet amour qui nous fait nous aimer nous mêmes. Nous sommes UNIQUE pour lui"...Voilà. Bon week-end. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 14:38

Salut Christiane. Oui, l'éducation des années 50... Mais en effet, même si l'on n'est pas fan de soi, avec l'âge on progresse quand même et par exemple je ne supporte plus aucune contrainte. Et même me sens agressé lorsque quelqu'un m'adresse la parole sans que je l'y ai autorisé. Mais là c'est franchement exagéré je reconnais.

Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 22-04-2023 à 13:32

Ancolies bonjour. S'aimer soi même est grandiose pris au pied de la lettre. Pour moi, je préfère me sentir bien dans mes baskets, même si pour celà, j'occulte mes besoins, et j'évite de penser à mes manques. Je suis indulgente pour beaucoup de chose, mais je refoule tout ce qui est nocif à mon équilibre. Je refuse de me sentir obliger de... , je me mets à l'abris des conflits. Est-ce égoïste ? Je n'en sais rien, mon quotidien est ce que j'en fais et ma foi pas à pas j'avance. Rien n'est simple et évidement j'ai eu l'éducation des années 50 alors il n'est pas facile de changer sa copie. En attendant j'ai aimé ton brin d'humour sur la question. Mes amitiés Christiane

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 10:41

Je l'ai bien compris David. Je ne fais pas à autrui ce que je me fais à moi-même. Amicalement.

Benadel

Benadel Le 22-04-2023 à 10:32

Ancolies, et pour enlever tous malentendus, je ne suis jamais entré dans les vicissitudes de votre vie privée, j'ai simplement rebondi sur un verset que vous avez cité, pour me lancer dans ma propre interprétation dudit verset, à savoir, et comme je l'ai écris dans mon premier commentaire que : "Aimer" comporte plusieurs sens, notamment celui dans la capacité de juger ce qu'il ne faut pas faire à autrui, et en prenant pour cela comme critère sa propre personne. Amicalement. David

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 10:16

Ne vous énervez pas David, je n'ai jamais prétendu à ce dont vous m'accusez. J'ai juste dit que votre explication de long en large ne répondait pas à l'interrogation que je me posais. J'ai lu votre commentaire plusieurs fois et ai été désolé que vous n'ayez manifestement pas compris ce que j'avais écrit. Votre rapprochement du commandement biblique et de l'adage ne change rien à mon problème, l'indifférence à moi-même que je ne suis certainement pas le seul à éprouver - voir le commentaire de Paulette.

Benadel

Benadel Le 22-04-2023 à 10:06

Ancolies, vous êtes intervenu, car vous ne compreniez pas le sens d'un verset biblique. Je me suis donné la peine de vous l'expliquer en long et en large. J'ai donc humblement partagé ma compréhension en disant que l'adage "Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais qu'on te fasse» est à rapprocher de l'injonction biblique "Aime ton prochain comme toi-même" Or, écrire, et je vous cite : "Je ne fais jamais à autrui ce que je n'aimerais pas qu'il me fasse" sous-entend subrepticement que vous m'accusez de l'avoir prétendu. ce qui est ARCHI-FAUX. Je déplore donc vivement que vous ayez lu mon commentaire en diagonale. Cordialement. David

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 10:01

Bonjour David. Merci de votre lecture et long commentaire. Mais je crois que cette fois encore nous ne nous comprenons pas. Vous passez à côté de mon propos me semble t'il. Je ne fais jamais à autrui ce que je n'aimerais pas qu'il me fasse, comme vous dîtes et l'adage avec vous, je ne pratique pas la malveillance, la méchanceté ou la malhonnêteté ni le jugement, même dans mes jeunes temps où j'étais suicidaire. Mais il n'empêche que je me reste indifférent, sans sympathie pour ma personne qui me reste étrangère. C'est la raison pour laquelle je ne trouve pas évident ce commandement qui pose cela - éprouver de la sympathie envers soi-même - comme une évidence destinée à faire tache d'huile. C'est la raison pour laquelle je l'inverse : Aime-toi comme tu aimes ton prochain. Voilà pour moi le challenge. Bonne journée à vous.

Ancolies

Ancolies Le 22-04-2023 à 9:56

Bonjour Paulette. Je crois en effet que vous avez raison, nous n'avons pas été éduqués à nous aimer. Pour ma part par un catholicisme qui venait justement contredire ce commandement. Lequel commandement passait alors à l'état de péché d'orgueil. Mal foutu leur truc. Personnellement j'apprends à mon âge à être plus attentif à moi, par exemple si je suis chez des gens et m'ennuie, je m'en vais même si sur le moment c'est inamical, je me rattraperai après. Mais je suis très bienveillant envers les autres, cela n'empêche pas. Cela n'empêche pas non plus que je me suis indifférent alors que commandement pose le fait de s'aimer soi-même comme une évidence. Cela l'était peut-être dans d'autres temps, c'est peut-être revenu au goût du jour chez les jeunes, je ne sais pas. Quant à ce ce qui concerne l'indulgence lorsque l'on fait son examen de conscience, moi j'aurai tendance à être sévère envers moi-même. Merci de votre lecture.

Benadel

Benadel Le 21-04-2023 à 20:42

Ancolies, j’ai pris connaissance avec intérêt de votre réflexion. A mon humble avis, je dirais ceci : selon la définition donnée par les dictionnaires, aimer, c’est avoir pour quelqu'un ou quelque chose de l'affection, de la tendresse, de l'amitié ou de la passion. On peut donc ne pas avoir de l’affection, de la tendresse, de la passion pour soi-même, mais avoir pour sa personne de l’amitié, dans un des sens également défini par les dictionnaires, à savoir: avoir de la sympathie pour une personne. Cela étant exposé, « Aime son prochain comme soi-même » nous ordonne d’avoir pour autrui la même sympathie, et toujours selon une de ses définitions, la sympathie se réfère à cette concordance qui permet de rapprocher entre deux personnes certaines affinités, certains goûts ou encore certains jugements. Et arrêtons-nous, Ancolies, sur le mot "jugement". Le jugement implique de décider ce qui est bon ou néfaste pour soi ou pour autrui. Ainsi, l’injonction « Aime son prochain comme toi-même » est-il à rapprocher de l’adage populaire : « ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais qu'on te fasse». C’est pourquoi même si l’on ne s’aime pas du tout, et à moins de se détester jusqu’à avoir des tendances suicidaires, chacun devrait aimer son prochain, comme soi-même, et selon l’interprétation donnée, juger bon de s’abstenir de faire à autrui ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fasse, même s’il ne s’aime guère. Mes amitiés. David

Paulette Pairoy-Dupré

Paulette Pairoy-Dupré Le 21-04-2023 à 18:32

Bonjour Ancolies, un état des lieux plein d'humour comme à l'habitude. Je suis entièrement d'accord pour revoir le dicton en "Aime toi comme tu aimes ton prochain" . Nous n'avons pas été éduqués, à nous aimer nous autres des années 50. Nous aimer, nous regarder dans la glace voire nous admirer eût été même un pêché. Personnellement je suis bien plus attentive aux autres qu'à moi même. Il y a même des moments où j'oublie de vivre, me faire plaisir. "Connais toi toi même", c'est plus facile mais il faut se regarder en toute franchise et là c'est souvent difficile car on a tendance à être indulgent. En tous cas ce ne sont pas les psys qui donnent la solution. Je n'en n'ai jamais fréquentés pour mon compte mais j'ai suivi des proches qui avaient usé du divan. Bonjour les dégâts !! Bonne soirée, Paulette