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Les délateurs - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 24-05-2026 à 16:36

Bonjour Ted. En effet une satire de nos fonctionnements, ou alors dysfonctionnements. La jalousie et l'envie font partie des 7 péchés capitaux ce qui ne les empêche nullement d'être extrêmement pratiquées, phénomène qui n'élève guère la condition humaine laquelle en aurait pourtant grand besoin. Merci pour votre amicale lecture.

Ted

Ted Le 24-05-2026 à 12:38

Bonjour Ancolies, Une satire efficace qui se lit d'un trait ! A force de vouloir tout contrôler, on finit par fabriquer une société de dénonciation permanente... et ingérable. On a beau abroger les lois, il reste toujours une chose impossible à supprimer : le génie créatif des dénonciateurs. A ce stade, le vrai crime semble être de ne rien avoir à dénoncer... mais ça viendra 😉Amicalement Ted

Ancolies

Ancolies Le 22-05-2026 à 20:35

Salut D'Jenn. En effet je n'ai pas eu à chercher bien loin, me contentant comme à l'habitude d'observer mes contemporains qui sont aussi les tiens. En effet encore, du menu fretin comme tu le soulignes qui permet aux racailles en col blanc de s'adonner à leurs jeux préférés : nous laisser quelques miettes pour bassement nous occuper qu'afin ils se livrent tranquilles à leurs occupations d'envergure. Et tous de bien marcher dans la combine, il suffit de regarder les résultats de la commission d'enquête sur l'Arcom, donnez-leur des jeux télévisés et de la tv réalité et ils ne feront pas chier. C'est de toute façon tout ce que nous valons comme dit mon club préféré Loreal de Madrid. En effet rien ne vaut la vie pour piocher et écrire. Et si l'on se demande pourquoi tant d"artistes" notoires sont en panne d'inspiration, c'est simplement que leur précitée notoriété aura tellement développé leur narcissisme et égocentrisme qu'ils ne voient plus rien qu'eux-mêmes. Donc tu écris des romans, bravo. Je ne suis pas capable de dépasser la nouvelle. A bientôt.

Ancolies

Ancolies Le 22-05-2026 à 20:15

Bonjour Donald. En effet il est d'un goût très douteux d'enterrer sa belle-mère juste après Halloween. Je me tue à le répéter : Pour vivre heureux, vivons garçons et filles tous bien solibataires. Mais personne n'entend, personne n'écoute, personne ne sait ce que ça me coûte. Alors ils font tous mentir le sage adage Mieux vaut vivre seul... on connaît la suite. Eh oui cette bonne vieille jalousie est antique comme le monde est monde et les Hexagonaux ne faillissent pas à cette tradition. Le rejet de l'autre prend des proportions massives, le vivre et laisser-vivre s'efface de cette planète. Quant à Homo Sapiens, la collectivité ne lui a jamais rien valu qui vaille. Je cite tonton Georges : Le pluriel e vaut rien à l'homme et sitôt qu'on est 4, on est une bande de cons. Mais je ne vous dénoncerai pas.

Jenny

Jenny Le 22-05-2026 à 20:11

Salut Ancolies ! Eh bien, j'ai comme le sentiment que tu n'as pas eu besoin de harceler ton imaginaire pour énumérer autant de cas à peine grotesques... dans un pays à la hauteur de sa sinistre réputation. Quand tu es conseiller municipal, l'art majeur que certains maires attendent de toi, c'est celui d'épier les administrés et de remonter tout acte (même mineur) susceptible d'arriver aux oreilles de la gendarmerie soucieuse de tout savoir de toi, en attendant que l' IA fasse le boulot. Le sujet est excellent, la satire politique ça fonctionne, et l'idée très tendance de se rallier aux centristes pour ne prendre aucun risque est bien vue. Les délateurs restent du menu fretin ; il y a pire, ceux qui mettent des contrats sur ta tête pour t'apprendre à taire tout ce qui relève de haute trahison, de magouilles lucratives ou trafic d'humains. A croire que ce député cherchait à brouiller toutes pistes sataniques. Blablater de faits mineurs, du pain béni pour les racailles en col blanc. Bravo pour cette satire bien brossée. Pour ma part, j'ai horreur des mauvais esprits, je les sniffe rapidement, et les observe pour leur donner corps dans mes romans. Rien de tel que la vraie vie pour écrire. On n’est jamais déçu tant la perversité de certains semble irréelle. @bientôt, Jenny 👍

Donald Ghautier

Donald Ghautier Le 22-05-2026 à 19:08

Bonjour Ancolies, voici une histoire courte qui met un bon coup de sulfateuse à pas mal de monde. Je me suis bien marré avec la référence au parti du centre et aussi au courage du député lambda - élu on ne sait comment et par qui - dans un narratif où les pandores servent de McGuffin au récit. Oui, les collabos sont nombreux et c'est une mentalité hexagonale vieille comme le pays. La jalousie en est un des moteurs. Le rejet de l'autre peut également s'ajouter à ses vecteurs. Homo sapiens n'a pas montré sa capacité collective à s'élever, bien au contraire. Bon, je sais, ça fait ermite de dire ça, surtout que je suis moi-même un homo sapiens en plus hexagonal mais je tiens à dénoncer mon voisin parce qu'il a enterré sa belle-mère au fond du jardin un soir de novembre juste après Halloween même que j'entends la mégère râler que ce n’est pas possible de ne pas terminer le travail, ce sont vraiment des faignants. Ah, ça fait du bien en fait ! Allez, je m'en vais rédiger quelques lettres. Collaborativement. Donald.

Ancolies

Ancolies Le 20-05-2026 à 11:28

Bonjour Abdellah et Albert. Je me permets de faire une réponse groupée car vos réactions sont assez semblables. Abdellah, vous utilisez le terme médiocrité. Je me demande si, outre être nos propres limites, cette médiocrité n'est pas la punition de la condition humaine. Il existe si peu d'êtres accomplis. Oui, sous l'apparent sourire et absurde de ce texte se cache une sorte de 1984, bien entendu créé par l'homme lui-même et non un système politique. L'homme et son envie, sa jalousie. L'homme lamentable qui a tant besoin des apparences pour se sentir exister face aux regards des autres. L'homme et sa position sociale. La bourgeoisie n'est pas réservée aux notaires et aux notables. Ceux-là portent des costumes cravates, les marginaux, les squatters portent des jeans déchirés garnis d'épingles à nourrice, c'est le même processus d'uniformes, c'est la même bourgeoisie. Bref le contraire de la liberté. Pour finir, le second apanage de la bourgeoisie est de ne surtout pas bouger de sa zone de confort, sa zone de conforme. C'est aussi vrai chez le squatters et les 3/4 des musiciens que chez les notaires. Enfin, cette jalousie, cette envie se retrouvent absolument partout et bien peu sont ceux qui tentent de s'élever de nos plus médiocres process et instincts. Bien amicalement.

Albert B

Albert B Le 20-05-2026 à 8:48

Ancolies, votre texte m’a vraiment frappé par son côté à la fois drôle et inquiétant. Au début, on rit franchement devant cette avalanche de dénonciations absurdes, presque enfantines dans leur excès, comme si tout le monde se mettait à accuser tout le monde pour n’importe quoi. Et puis peu à peu, on sent que ce n’est plus seulement une blague, qu’il y a quelque chose de plus profond derrière cette accumulation. Vous montrez très bien comment une idée qui peut paraître au départ “utile” ou “légitime”, comme le fait de signaler des injustices ou des comportements anormaux, peut déraper complètement quand elle devient un réflexe généralisé, presque automatique, où chacun observe l’autre au lieu de vivre tranquillement. Ce que j’ai trouvé intéressant aussi, c’est que même quand la loi disparaît, le problème ne disparaît pas avec elle. Ça veut dire que vous pointez quelque chose d’humain avant d’être politique : ce besoin de juger, de dénoncer, parfois même de régler ses comptes sous couvert de justice. Et puis il y a cette fin un peu désabusée, où tout s’écroule parce que plus personne ne veut ou ne peut gérer ce flot permanent de plaintes. On se retrouve avec une société qui perd ses repères, comme si l’excès de contrôle finissait par détruire le contrôle lui-même. J’ai trouvé que derrière l’humour et l’absurde, vous posez une vraie question sur la nature humaine et sur la facilité avec laquelle une société peut glisser dans la méfiance généralisée. C’est écrit de manière vivante, avec un rythme qui emporte, et en même temps ça fait réfléchir sans jamais être lourd ou moralisateur. Bien amicalement, Albert.

Abdellah

Abdellah Le 19-05-2026 à 23:58

Bonsoir, Votre texte réussit quelque chose de redoutable : faire rire tout en laissant un profond malaise derrière le sourire. Sous l’absurde des dénonciations et l’humour volontairement grotesque, on voit peu à peu apparaître une critique très lucide de la délation, de la suspicion collective et des systèmes qui finissent par nourrir les instincts les plus médiocres. J’ai particulièrement aimé la montée progressive du délire. Au départ on sourit devant “la mafia des pizzas” ou “l’élevage de camions clandestins”, puis on comprend que le texte parle surtout d’une société où chacun finit par surveiller tout le monde. Et plus le récit avance, plus l’absurde devient inquiétant. La grande force du texte est aussi de montrer que certaines mécaniques sociales continuent même après la disparition de la loi qui les a créées. Comme si la rancœur, une fois institutionnalisée, devenait autonome. La dernière image d’un pays noyé sous les dénonciations alors qu’il n’y a même plus de forces de l’ordre est à la fois burlesque et terriblement sombre. Une satire très réussie, drôle en surface, mais profondément dérangeante dans ce qu’elle révèle de la nature humaine. Amicalement Abdellah

Deogratias

Deogratias Le 19-05-2026 à 21:45

Bonsoir Ancolies, votre histoire est très amusante. Je ne la connaissais pas celle-ci...Cela me rappelle une amie qui travaillait aux impôts et qui m'avait raconté que le plus grand nombre de lettres reçues aux impôts étaient en majorité des lettres de délation...Je connais même une personne qui a écrit pour dénoncer une riche veuve qui s'en mettait plein les poches en ne déclarant pas la moitié de ses biens...Résultat : dix ans de redressement fiscal...Cela s'est passé il y a plus de 20 ans mais je n'ai pas oublié...Quant à votre texte, le rythme est bon, les dialogues rendent bien le discours oral, les motifs de dénonciation sont truculents...C'est vraiment bien. J'ai souri tout du long...Décidément, il ne vous reste qu'une version de 300 pages...Je viens de me procurer une formation pour apprendre à mieux maitriser : "le don't tell, show"..(Ne dis pas, montre)...et je révise mes formations pour créer des protagonistes et des antagonistes vivants et réussis...J'ai l'impression quand je vous lis, qu'en ce qui vous concerne, cela vous viendrait naturellement...Bravo à vous. Sylvie.