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Léon qui a toujours raison - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 02-07-2026 à 9:30

Bonjour Donald. Oui bien sûr c'est de la satyre. Il n'empêche que durant le long fleuve intranquille de ma vie j'en ai rencontré des Léon. Mais comme je dis à Abdellah il y a aujourd'hui longtemps que j'ai cessé de débattre. La dialectique n'est qu'une belle connerie et une perte de temps. Quoique sympathique, mon Léon l'est moins que celui de Brassens qui joue de l'accordéon au paradis, embrasse parfois une dame d'antan et boit du petit bleu au sein des vignes du Seigneur. Private ps :à force de les écouter en boucle, ne les avez-vous pas toutes enfoncées ?

Donald Ghautier

Donald Ghautier Le 01-07-2026 à 13:36

Bonjour Ancolies, il y a du rythme dans ce texte, par l'usage de la première personne du singulier, la rapidité des faits, l'analyse qu'en fait le narrateur comme si le lecteur l'écoutait parler. L'histoire est marrante parce que ça fait un peu pieds nickelés du grand banditisme. Le fin est toute aussi drôle, du genre parodie de polar. Cette histoire se lit toute seule, sans se prendre la courge. Merci pour le moment de détente. Amitiés. Donald.

Ancolies

Ancolies Le 12-04-2026 à 19:11

Bonjour Ted. Oui, à la demande d'un éditeur d'histoires très courtes, je me suis attelé à la rédaction de mini polars. J'ai bien aimé cet exercice que j'ai trouvé amusant et intéressant. J'en ai fait un livre et du coup, lancé, je me suis mis à écrire des histoires très courtes de fiction, la plupart du temps absurdes. Cela me change de mon registre habituel et c'est très bien. Je vous remercie de votre lecture et suis heureux que vous ayez aimé. Quant à la phrase attribuée à Gandhi, il me semble que ce monde a depuis longtemps dépassé les borgnes. Bien à vous.

Ted

Ted Le 12-04-2026 à 14:02

Bonjour Ancolies, J'ai beaucoup aimé ce texte, à la fois drôle et féroce. Le ton, très oral, embarque tout de suite, et les images font mouche (mention spéciale aux "paquets cadeaux" et aux "sourcils circonflexes" !). On sent un vrai plaisir d'écriture. Et puis cette chute à la fois logique et implacable : avec quelqu'un "qui a toujours raison", il fallait bien que ça finisse ainsi. En lisant cette escalade sans fin, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à cette phrase souvent attribuée à Gandhi : "Oeil pour Oeil, dent pour dent et le monde finira aveugle." Elle résonne bien ici, tant la spirale des représailles devient absurde et inévitable. Un polar qui ne se prend pas trop au sérieux, mais qui tient parfaitement sa promesse : du rythme, de l'humour noir et une belle efficacité narrative. Amicalement Ted

Ancolies

Ancolies Le 11-04-2026 à 23:37

Parfaitement inutile en effet de débattre avec qui n'écoute pas mais cherche à prouver. Et quelle délivrance ! Et liberté en effet. Et qu'importe ce qu'en pensent les autres, le seul juge de soi c'est soi. Connaissez-vous cette phrase de l'actrice Meryl Streep : Je n'accorde plus ma patience à ceux qui ne la méritent pas.

Abdellah

Abdellah Le 11-04-2026 à 23:10

Bonsoir Ancolies, Merci pour votre retour et pour le regard que vous apportez. Votre exemple est parlant et ouvre une autre manière de voir les choses. Avec le temps, je me rends compte que certains échanges ne cherchent pas forcément à comprendre, mais plutôt à avoir raison… et cela ne mène pas très loin. Alors j’essaie, quand c’est possible, de garder un peu de recul. Je vous rejoins sur cette idée qu’à un moment, ne plus débattre peut être une forme de liberté… et peut-être même une forme de paix. Au plaisir de vous lire. Amicalement. Abdellah

Ancolies

Ancolies Le 11-04-2026 à 20:27

Bonsoir Abdellah. Oui nous avons déjà parlé d'orgueil. En voilà une illustration. Le narrateur l'est peut-être encore plus, orgueilleux, que Léon. Celui qui veut avoir toujours raison est un monstre d'orgueil. J'aime beaucoup la phrase de Brassens : Mieux vaut avoir tort seul dans son coin que raison avec tous. Il y a une autre histoire : 2 amis se retrouvent après 30 ans de séparation. L'un s'exclame Mais c'est incroyable, tu n'as pas changé, quel est ton secret ? Je ne débats plus répond l'autre. Je n'y comprends rien, reprend l'autre, explique-moi. Je ne débats plus. Au-delà de cette histoire l'une des caractéristiques de la liberté n'est-elle pas de n'avoir rien à prouver pas plus qu'à cacher ? Amicalement.

Abdellah

Abdellah Le 11-04-2026 à 20:15

Bonsoir, J’ai lu ça comme une montée lente, presque inévitable… au début on croit encore à un échange possible, puis on sent que chacun reste campé sur sa position, et que ça ne peut que mal finir. Il y a quelque chose de très humain là-dedans, dans cet entêtement, ce besoin d’avoir raison coûte que coûte. Et en même temps, c’est ce qui fait glisser doucement vers la rupture. La fin est assez marquante, un peu sèche, presque froide… comme si tout s’était joué bien avant. Merci pour ce partage. Amicalement. Abdellah

Ancolies

Ancolies Le 11-04-2026 à 12:52

Bonjour Albert. Merci pour ce commentaire fourni. Oui je poursuis mon exploration du mini polar. Ici en effet Léon est un principe. Et le narrateur une crapule pire que son adversaire, qui semble lui respecter les lois du désordre établi. Vous avez raison, je pourrais resserrer là et là et rajouter un peu d'humour. Enfin pour moi l'humour est déjà dans l’appellation Léon qui a toujours raison. En fait, quand je fais trop dans l'humour je plonge dans la satyre, vous verrez j'en ai fait quelques-uns comme cela. Et la satyre, l'humour très noir est bien aussi. J'en ai fait aussi dans l'absurde, bref j'ai exploré différents genres. C'était vraiment autant amusant qu’intéressant. Il est bon de bousculer sa plume, cela évite un peu de trop se répéter, ce qui était en train de m'arriver. Dans ces polars, je soigne particulièrement la chute, l'action et les dernières phrases qui, en tout cas j'essaie, claquent. Je vous souhaite un rès bon we.

Albert B

Albert B Le 11-04-2026 à 9:27

Bonjour Ancolies, votre texte a une vraie saveur, presque une voix qui claque comme une porte dans un polar à l’ancienne, avec quelque chose qui mêle gouaille, violence et ironie sans jamais s’excuser. On sent très vite que vous avez trouvé un ton, et c’est déjà beaucoup, car nombreux sont ceux qui racontent des histoires, mais rares sont ceux qui imposent une voix reconnaissable dès les premières lignes. Ici, Léon devient immédiatement une figure, presque un principe plus qu’un homme : celui qui a toujours raison, quoi qu’il arrive, et autour de lui tout s’organise, ou plutôt se dérègle. C’est simple, efficace, et surtout très visuel. On voit les scènes, on entend les dialogues, on ressent la mécanique absurde de cette guerre qui s’emballe presque toute seule. Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est cette montée en escalade, presque enfantine dans son principe mais terriblement brutale dans ses conséquences : tu m’en prends deux, je t’en prends trois, tu frappes, je frappe plus fort. Il y a là une logique implacable, et en même temps une forme d’humour noir, parce que tout devient comptable, presque dérisoire dans sa démesure. Vous touchez quelque chose de très juste sur la nature humaine, ou en tout cas sur celle de vos personnages : l’orgueil, le besoin de dominer, l’impossibilité de reculer sans perdre la face. Et Léon, dans tout cela, reste fidèle à lui-même, presque admirable dans sa constance, même si cette constance le rend redoutable. Le narrateur, lui, est intéressant parce qu’il n’est pas meilleur. Il le laisse entendre sans détour : il s’en moque. Et c’est là que votre texte prend une dimension plus profonde qu’un simple polar. Ce n’est pas l’histoire d’un affrontement entre un bon et un méchant, mais celle de deux logiques semblables qui se heurtent. Deux hommes qui se ressemblent plus qu’ils ne voudraient l’admettre. Leur échange au bar est particulièrement révélateur : Léon y avance des arguments presque rationnels, presque professionnels, et le narrateur est contraint de reconnaître qu’il a raison. C’est un moment très réussi, parce que vous bousculez les attentes : celui qui a “toujours raison” n’est pas seulement autoritaire, il est aussi cohérent dans son propre système. L’idée de l’église apporte également un souffle différent. Elle introduit une pause, un léger décalage, presque une suspension au milieu de la violence. On sent une écriture plus intérieure, plus réfléchie, sans que cela ne rompe le rythme. Au contraire, cette parenthèse prépare la suite, comme si la réflexion menait inévitablement à une décision encore plus tranchée. L’équilibre entre action et introspection est bien tenu, ce qui n’est pas évident dans un format court. La fin est particulièrement bien pensée. Elle referme le thème avec une logique implacable : un homme qui veut toujours avoir raison doit forcément avoir le dernier mot, quoi qu’il en coûte. C’est à la fois ironique, cohérent et fataliste. Vous ne vous arrêtez pas à une conclusion attendue, vous allez jusqu’au bout de votre idée, et c’est ce qui donne au texte sa vraie force. Si je peux me permettre une piste d’amélioration, ce serait peut-être de resserrer légèrement certains passages, notamment dans la répétition des représailles. L’idée est très bonne, mais en la condensant un peu, vous gagneriez encore en impact, en rendant chaque coup plus sec, plus marquant. De la même manière, quelques touches d’humour pourraient être encore plus percutantes en étant légèrement épurées, comme laissées en suspens. Mais l’ensemble est déjà solide : une voix, un rythme, une cohérence, et une chute qui reste en mémoire. On sent une écriture habitée, avec ce mélange de lucidité, de noirceur et d’ironie qui donne au récit toute sa singularité. Merci encore pour ce moment de lecture vif et savoureux, albert.