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Le mal de pierres - Commentaires

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Benadel

Benadel Le 24-02-2026 à 23:17

Un grand, grand, merci, cher Albert B pour ce commentaire bien fourni. Cet film que j'ai vu en 2016, bien des choses traînent dans les limbes de mon oubli. J'ai lu avec grand intérêt votre divergence d'opinion sur certaines de mes affirmations. Et tout film, toute œuvre d'art en général peut-être perçu de manière contradictoire, et c'est ce qui fait le charme de toute composition. En tout cas j'admire votre art de la critique fort bien exprimée. Mes amitiés. David

Albert B

Albert B Le 24-02-2026 à 10:27

David, votre chronique est solide, argumentée, et l’on sent une vraie exigence de cohérence narrative. Vous mettez le doigt sur les zones d’ambiguïté qui peuvent effectivement désarçonner. Là où je me permets toutefois de nuancer votre analyse, c’est sur la question de la confusion entre réalité et fantasme. Dans ce film, j’ai plutôt perçu cette ambiguïté comme un choix pleinement assumé. Le film adopte le point de vue intérieur de Gabrielle ; il ne cherche pas à installer une vérité objective, mais à nous enfermer dans sa perception. Dès lors, ce qui peut sembler incohérent sur le plan factuel devient cohérent sur le plan émotionnel. Vous soulignez, à juste titre, la photographie finale comme élément problématique. Pour ma part, je l’ai reçue comme la matérialisation du décalage entre ce que Gabrielle a vécu intérieurement et ce que le monde peut attester. Ce n’est pas une « guérison » soudaine, mais une révélation brutale : l’amour qu’elle a éprouvé était réel dans son intensité, même s’il ne l’était peut-être pas dans les faits. Je vous rejoins en revanche sur un point essentiel : la puissance de Marion Cotillard. Elle porte le film avec une fragilité habitée qui rend crédible cette femme prête à se consumer pour un absolu. Sans elle, l’équilibre serait sans doute plus fragile. Là où vous voyez un scénario amphigourique, j’y ai vu un mélodrame volontairement instable, presque fiévreux, à l’image de son héroïne. Le film ne cherche pas à rassurer le spectateur ; il l’oblige à accepter une part d’incertitude. Cela peut frustrer — et votre réaction est parfaitement compréhensible — mais cette indécision me semble participer de la cohérence esthétique de l’ensemble. En somme, je ne crois pas que le film relève du fantastique au sens strict, ni d’un simple défaut d’écriture. Il me paraît plutôt explorer la puissance du désir et la façon dont l’imaginaire peut devenir un refuge face à une réalité trop étroite. Votre lecture reste pertinente et rigoureuse, mais je crois que le film gagne à être abordé moins comme une énigme à résoudre que comme une expérience subjective à ressentir. Mes amitiés, Albert.

Benadel

Benadel Le 24-10-2016 à 22:08

Merci Emmalys, oui, allez le voir. La prestation sensationnelle de Marion Cotillard en femme éprise, en femme désespérée, en femme rassérénée, en femme maternelle, vaut le déplacement. Dommage que le scénario ne soit pas à la hauteur de sa prestation. Mais je le précise, ce n'est que mon humble avis.

Emmalys

Emmalys Le 24-10-2016 à 21:33

Je ne connais pas ce film et j'avoue ne pas en avoir entendu parler. J'écoute rarement ce qui se dit dans la presse car je préfère me faire ma propre idée. D'instinct, je ne sais pas si je me serais tournée vers ce film. Cependant, le compte-rendu et l'analyse que vous en faites sont bien pesées pour se faire une idée de l'histoire. Malgré les points négatifs qui sont soulevés, cela donne envie de visionner le film pour voir si on en garde la même impression ou si on en retire autre chose. Merci pour ce partage qui vient enrichir la rubrique d'une nouvelle critique.

Benadel

Benadel Le 24-10-2016 à 20:02

Sincèrement à vous, Séléné, et merci.

Séléné

Séléné Le 24-10-2016 à 19:25

Excellente chronique très bien argumentée et précieuse pour guider nos choix. Je me méfie aussi du tapage médiatique. Un sincère merci pour ce partage en ligne.

Benadel

Benadel Le 24-10-2016 à 19:05

Vous ne vous imaginez pas Paulette comme je vous suis reconnaissant pour ce commentaire. Car à lire les critiques dithyrambique de la presse, en général, je me demandais si c'était moi qui était bobet, comme on le dit ici en Suisse. C'est vrai, que Marion Cotillard est extraordinaire, mais de là à taire un défaut de scénario, il y a un pas que le critique n'aurait pas dû pas franchir.

Paulette Pairoy-Dupré

Paulette Pairoy-Dupré Le 24-10-2016 à 18:42

Votre description du film est excellente, ainsi d'aileurs que votre analyse. J'ai vu ce film il y a quelques jours et m'apprêtait à le commenter. Je ne le ferai pas car j'en dirais exactement la même chose. Inutile de faire une redite, donc.Tout comme vous ce film m'a laissée pantoise !! Je doutais de mes facultés de compréhension, me voilà rassurée ! Merci pour cet écrit. Paulette