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La mort au frousse (ces quelques fleurs) - Commentaires

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Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 05-02-2021 à 11:54

Ancolies bonjour. Beaucoup sont partis dans ce dernier voyage rejoindre de nombreux anonymes, personnes ne veut en revenir ce qui veut peut-être dire qu'ils y sont bien. Comme tu le dis si bien : le début, la fin fait partie de la vie et ma foi au lieu de pleurer, moi je dis qu'on se doit de saluer la mission accomplie. Pour toutes les raisons invoquées dans ton texte, oui vivons l'instant présent, réjouissons-nous de seulement vivre. Christiane

Ancolies

Ancolies Le 31-01-2021 à 13:59

Bonjour Brune. Merci pour ce long et instructif commentaire. Pour commencer j'ai suivi (pour l'instant, je pourrais changer d'avis) votre suggestion de passer la frousse au pluriel dans le titre. Bon, de quoi faut-il avoir le plus peur, demandez-vous, de mourir ou d'être mort ? Aucun des 2 répondrais-je. Comme dit dans le texte, à nos connaissances, la majorité des trépassés n'ont pas hurlé à l'instant suprême (si on songe à cet instant-là). Quant à être mort, soit c'est le néant dont nous n'avons alors plus rien à craindre, soit c'est le paradis où nous irons presque tous (presque presque). Blague à part, c'est je crois de mourir dont les humains ont le plus peur dans le déroulé de leur vie, et cela rejoint vos dernières réflexions : nous avons gommé et nié la mort de nos civilisations supposément éclairées à force de progrès, comme s'il s'agissait d'un acte contre-nature, d'une ndécence. C'est pour cela que la peur permanente rôde en sous-jacence dans nos existences. Je ne suis pas historien mais il me semble qu'on la craignait moins auparavant, qu'elle était accepté plus naturellement. Aujourd'hui nos amis les individus les plus riches du monde font plancher les scientifiques sur les organes 3D pour accéder à l'immortalité. Quelle hérésie. Dieu du ciel, heureusement que l'on meurt. Nous pouvons être des saints mais pas des dieux. Ce qui n'est pas une plaisanterie, c'est de vieillir en dégénérescence, ça c'est du lourd, mais mourir à un âge décent et même parfois avant, c'est écrit, acceptons-le le plus tôt possible, enseignons-le aux écoliers de façon qu'ils déroulent leur existence le plus clairement et paisiblement possible, sans être déviés et contrariés dans leurs actes par cette angoisse d'une finitude qui a été posée dès notre naissance. Bien à vous*.

Brune*

Le 31-01-2021 à 13:06

Bonjour Ancolies. J’étais partie commenter votre écrit sur l’empathie que je me suis arrêtée, en chemin, ici :). La mort : sujet passionnant, toujours d’actualité et qui invite sacrément à la réflexion. L’appréhension de la mort me semble normale et saine. Prendre conscience de sa propre finitude permet d’apprécier au mieux la vie et son précieux. C’est aussi une invitation à la prudence On y oppose, plus ou moins, cet instinct de survie que certains penseurs ont, autrefois, associé à "l’amour de soi". La mort est sous-jacente à chacun de nos actes. Elle est certitude (enfin plus ou moins) pour tout un chacun de nous. Elle est incertitude quant à sa date, son lieu et la forme qu’elle prendra. Elle peut être panique tant l’inconnu qui la borde prête à supputations. Elle, à mon sens, exacte définition de l’éphémère. Que l’on cherche/trouve, ou non, refuge dans en nombre de croyances, l’important est de l’accepter au mieux du est/reste à vivre en attendant. La tanatophobie, en revanche, est terrifiante – voire dangereuse - en ce sens qu’elle modifie à l’excès appréhensions et comportements. Laissant sur le qui-vive, elle fait crainte de tout. J’ai lu qu’un psychiatre (dont j’ai oublié le nom) proposait à ses patients, pour se défaire de telle angoisse, d’imaginer leur mort et de la raconter au plus précis à dessein de faire le point sur les priorités et l’importance, de réaliser - ou pas - si l’on manquera à ses proches, d’envisager qui sera là le jour des obsèques, de ce qui sera retenu de l’existence, de savoir si l’on aura des regrets et/ou des remords ou si quels pourraient être ceux des proches. Par ailleurs, force est de constater que notre rapport à la mort a, s’est, au fil du temps modifié. Autrefois, on mourait généralement chez soi, entouré de ses proches, les cimetières n’étaient pas, à de rares exceptions, excentrés des lieux de vie. A ce titre, je vous conseille la lecture des "Essais sur sur l’histoire de la mort en occident" de Philippe Ariès qui, après recherches et autres études, explique combien l’approche de la mort a évolué dans notre société… comment on est passé "de la mort familière, apprivoisée, à la mort refoulée, maudite [.../...]". Pour ce qui est de la Covid galopante, je dirai qu’elle rend la mort juste plus existante pour certains, plus voyante pour d'autres. Pour ma part, ce n’est pas le virus qui m’affole mais bien la "gestion" (je déteste ce mot :)) qui en faite tout autant que l’égoïsme et l’imbécilité de certains en leurs attitudes. J’ai souvent l’impression de vivre dans un monde aseptisé qui voudrait gommer la mort tout en conférant à toute la notion de jetable. Je terminerai en posant une question : De quoi peut-on avoir peur ? De mourir ou d’être mort ? J’ai beaucoup apprécié vous lire et vous en remercie. Bien amicalement et au plaisir… PS : je crois que vous devriez mettre "au frousse" au pluriel :).