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L’affaire de la syntaxe - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 02-04-2026 à 20:07

Bonjour Albert. Merci pour votre analyse approfondie et fort juste, même si je n'ai pas pensé à tout cela en écrivant ce texte, exercice qui m'a plutôt amusé. Mais Leroy a raison, les règles établies sont également faîtes pour être bousculées, c'est ainsi que le monde va de l'avant. Bon, plus personnel j'ai aussi mis en avant ma sainte horreur des institutions et surtout des Institutions quelles qu'elles soient. Voyez-vous j'ai écrit une bonne quinzaine de livres, que personne ne lit car ils ne ressemblent à rien de ce qui existe, sinon à de l'inclassable. Ils ne respectent aucun format, aucun genre ni catégorie, pas la moindre tradition. Je pense quand même et prétentieusement qu'ils sont novateurs. Je déteste la culture et jeune j'ai cru trouver remède dans la contre-culture, notamment américaine, laquelle relève en fait du même acabit, des mêmes règles de bourgeoisie - le soin radical des apparences, que ce soit le jean bardé d'épingles à nourrice ou le costume trois pièces, et surtout bien rester dans sa zone de confort, sa zone de conforme. Moi je crains toujours de m'embourgeoiser, non par mes possessions car ma position est le dépouillement, mais par mes habitudes. Il se trouve que jusqu'au jour d'aujourd'hui, toujours me sont venues des opportunités de bouger, de travailler sur de nouveaux thèmes et sujets. Rien que penser au nombre d"artistes" (je déteste aussi cette appellation) qui se répètent est déjà lassant. Bien à vous Albert.

Albert B

Albert B Le 02-04-2026 à 17:09

Bonjour Ancolies, merci pour ce texte qui est à la fois drôle, absurde et profondément réflexif sur la liberté d’expression et les limites que la société impose parfois à la création. J’ai été particulièrement touché par la manière dont vous mettez en scène la bataille de Leroy contre la syntaxe et les institutions, car ce n’est pas seulement un combat pour écrire, c’est un combat pour exister pleinement en tant qu’individu et créateur. On ressent à travers chaque réplique la frustration, la colère et la détermination de celui qui refuse de se plier à des règles qui l’étouffent, mais aussi l’ingéniosité et l’esprit de résistance qui lui permettent de transformer chaque obstacle en opportunité de rébellion créative. Ce qui est fascinant, c’est la manière dont vous mélangez le réel et le burlesque, comment un simple conflit grammatical devient une aventure explosive qui questionne le pouvoir, la censure et les hiérarchies culturelles. On peut rire de ses escapades, de ses prises d’otage de juges et d’académiciens, mais en même temps on perçoit un fond très sérieux sur la valeur de la parole, de l’écriture et de la liberté individuelle face à des institutions rigides et parfois ridicules. J’ai été sensible à la force symbolique de l’Académie en feu, qui ne se réduit pas à une simple image comique mais devient une métaphore de la transformation nécessaire pour que la langue et la pensée restent vivantes, qu’elles ne se laissent pas étouffer par des règles ou des traditions qui n’évoluent pas avec le monde. Vous parvenez à faire sentir au lecteur l’urgence de cette liberté créative, l’importance de ne jamais laisser quelqu’un décider à votre place de ce que vous pouvez dire ou écrire, et cela avec un style très vivant, proche de la voix du personnage, qui nous entraîne avec lui dans toutes ses aventures, ses colères et ses stratégies. En fin de compte, ce texte est bien plus qu’un simple récit drôle et déjanté, c’est une réflexion sur ce que signifie être un créateur libre dans un monde parfois absurde, et il laisse au lecteur une impression durable d’énergie, de rébellion et de nécessité de défendre ce qui nous rend humains et inventifs. Bien à vous, Albert.

Ancolies

Ancolies Le 01-04-2026 à 21:01

Bonjour Paulette. Tant mieux si vous vous êtes amusée à la lecture de ce texte, moi je me suis amusé à l'écrire. Ah ça, on ne touche pas à la langue française, bien qu'elle soit bien malmenée de nos jours la pauvre. Le stylo-plume est un peu antinomique avec le traitement de texte mais ce vaurien de Leroy fait feu de tout bois. Quant à moi je ne supporte pas plus l'Académie Française que la Comédie Française. Normal, je ne suis qu'un petit fils de libertaire moyen comme chantait ou presque Annie Chancel. Merci de votre lecture.

Paulette Pairoy-Dupré

Paulette Pairoy-Dupré Le 01-04-2026 à 18:33

Bonjour Ancolies, Quelle idée originale ! Arrestation, inculpation, incarcération, procès pour avoir malmené la langue française au nom de la liberté d'expression ! Excellent ce procès ! La cour puis l'Académie Française sont bel et bien égratignées. Trop drôle le stylo plume sur la tempe ! Dommage que Leroy y passe, il ne le méritait pas. Mais là encore la police regorge d'incapables . Si Laurence dont le nom rime avec Clarence, le lion qui louche, pas étonnant qu'il y ait tant de bavures ! Je me suis régalée avec ce texte. Bravo et merci, amicalement, Paulette

Ancolies

Ancolies Le 01-04-2026 à 10:44

Bonjour Abdellah. J'aime bien cette histoire, à a fois absurde et pas tant que ça. Comme chez Brassens le juge y passe (Gare au gorille). L'un des intérêts de la syntaxe est de la tordre, la pousser jusque ses limites tout en la respectant. Oui il faut la bousculer, il faut toujours bousculer les choses, y compris la sérénité et la tranquillité sauf à s'endormir. Comme vous le dîtes dans l'un de vos textes, il ne faut jamais hésiter à douter. J'ai bien aimé aussi écrire cette histoire qui me change de mes thèmes habituels et récurrents. Il faut se bousculer sans cesse pour éviter de se répéter, et j'ai l'impression de beaucoup me répéter. En fait, à la demande d'un éditeur d'histoires très courtes, j'en ai écrit un petit paquet, que je vais publier ici dans le recueil Polars'oïds, bien que cette affaire de Leroy ne soit pas un polar. L'exercice m'a beaucoup amusé. Bonne journée. Amicalement.

Abdellah

Abdellah Le 01-04-2026 à 3:04

Bonjour Ancolies, J’ai aimé cette idée de juger quelqu’un pour sa manière d’écrire. Ça pousse la logique jusqu’au bout, presque jusqu’à l’étouffement, et ça fait réfléchir sans en avoir l’air.Le personnage de Leroy est excessif, mais justement, c’est ce qui donne de la force au texte. On sent une tension entre le besoin d’exprimer librement et le poids des règles.Et puis cette montée vers le chaos… elle arrive progressivement, presque naturellement, comme si tout était déjà en germe dès le départ.Un texte qui se lit d’un trait, avec un mélange de sourire et de malaise. Amicalement Abdellah