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Epaule nord - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 15-06-2026 à 10:44

Voyez-vous Alma, lorsque j'écris je ne réfléchis pas. Je laisse sortir les émotions ou les pensées de ma plume. Et puis je lis vos et les autres analyses et commentaires et cela quelque peu m'éclaire. En tout cas, en ce texte pour moi c'est très clair : tous tous les jours à faire l’éphémère, il n'y a rien d'autre. Et, sauf drame imprévu, faire l’éphémère ne pose aucune difficulté particulière. La somme de tous ces éphémères auxquels on ne prête souvent pas suffisamment attention fera la vie d'une femme, d'un homme. Je crois qu'en effet nos préoccupations quelque peu se rejoignent. Quand même pour moi, la beauté sauve. Mais à mon âge, il y a belle lurette que les brûlures ne m'atteignent plus, m'indiffèrent. Tout comme la douleur. Tout comme le mystère. Je laisse le mystère au mystère et je fais mon travail c'est tout. Et c'est très simple. Je ne souhaite ni ne demande rien de plus. Par la fenêtre ouverte je vois le paysage. Même dans l'obscurité il brille de clarté. Je vous souhaite une bonne semaine.

AlmaVeyre

AlmaVeyre Le 15-06-2026 à 9:17

Ancolies, Il y a dans ce texte une manière d’aimer sans exiger l’avenir qui me touche profondément : l’instant, la trace, le visage aimé, le refus des promesses fausses, la beauté qui ne sauve pas mais qui éclaire quand même. J’y vois une parenté de climat avec des choses que j’explore moi aussi : la mélancolie, l’amour sans garantie, le refus des consolations faciles, l’attention au corps comme lieu de mémoire. Mais dans votre écrit, la douleur semble déjà transfigurée par une forme d’acceptation presque solaire. Même lorsque cette femme parle du froid, il y a une confiance dans le passage, dans le mouvement, dans l’instant. Chez moi, l’écriture reste souvent plus près de la brûlure initiale. Elle ne cherche pas tout de suite l’apaisement. Elle demeure dans la question, dans l’adresse, dans ce qui insiste. C’est peut-être pour cela que votre texte me touche autant : il ne m’éloigne pas de ma maison, mais il ouvre une fenêtre sur une possibilité voisine. Il me fait entendre qu’une même matière peut aller vers une autre lumière. Ce passage est particulièrement fort : « Je ne veux pas de promesses. Pas d’avenir. Je ne veux pas de faux soleils. » C’est simple, mais très juste. Vous ne romantisez pas l’éphémère comme une légèreté. Vous en faites presque une éthique : ne pas mentir avec demain, ne pas fabriquer une consolation artificielle. Le motif des deux épaules est très poétique : l’épaule nord, froide, traversée par ce qui a abîmé ; l’épaule sud, chaude, vivante, tournée vers le feu. C’est une belle image parce qu’elle donne un corps à l’histoire intérieure. Ce n’est pas seulement “elle a souffert”, c’est : une partie de son corps garde le froid, une autre porte encore le soleil. Par moments, j’ai eu le sentiment que le texte était presque trop habité, tant il porte d’images, de formules, d’élans sensibles et métaphysiques. Certaines phrases pourraient peut-être respirer davantage. Mais c’est aussi le risque naturel d’une écriture très lyrique, très pleine, et cela n’enlève rien à la beauté de l’ensemble. Ce que je retiens surtout, c’est cette sagesse presque cosmique qui traverse votre texte : l’instant, les saisons, la lune, les branches, les paysages, le mystère. Vous tendez vers une sorte de philosophie sensible de l’éphémère, là où je travaille plus souvent l’endroit où l’éphémère laisse une brûlure dans le corps. Vous habitez une maison proche de la mienne, avec les fenêtres ouvertes sur un autre paysage. Merci pour ce doux partage. Bien à vous, Alma

Abdellah

Abdellah Le 29-12-2025 à 15:52

Merci Ancolies. Je vous souhaite à mon tour une très belle fin d’année.

Ancolies

Ancolies Le 29-12-2025 à 13:28

Bonjour Abdellah. Ce que vous écrivez est exact, c'est bien ce que j'ai tenté de faire passer à travers ce texte. Les2 épaules de la femme représentent des guides pour embrasser la dualité de l'existence. Le froid et la chaleur, la douleur et le rêve, le passé et l'instant présent, tout cela forme une mosaïque qui donne sens à la vie. Et dans cette acceptation, l'homme de notre histoire trouve une paix qu'il n'avait jamais connue. Je vous souhaite une bonne fin d'année.

Ancolies

Ancolies Le 29-12-2025 à 13:09

Bonjour Albert. Non, machette ne m'a nullement heurté. En fait j'avais voulu dire que ce texte était toujours sur la page d'accueil du site, vous auriez eu moins de mal. Je suis heureux qu'il ait fait résonner quelque chose en vous. Si l'on parle d'écrits, c'est cela qui m'intéresse aujourd'hui : la prose poétique. Il m'arrive encore d'écrire histoires ou chansons, mais vraiment le must pour moi, c'est de gravir échelon après échelon cette montagne de prose poétique, où il y a quelque chose d'irrationnel et qui fonctionne quand même (ou tente), c'est ça qui est intéressant. Je vous remercie bien de votre lecture et vous souhaite une bonne fin d'année.

Albert B

Albert B Le 29-12-2025 à 7:48

Bonjour Ancolies, je voulais juste préciser un point concernant mon commentaire d’hier. Lorsque j’ai parlé de “machette”, c’était uniquement pour illustrer de façon imagée la difficulté de retrouver votre texte parmi tant d’articles intéressants sur votre page. Il ne s’agissait absolument pas de vouloir heurter ou mettre à mal vos écrits. J’espère que cette image n’a pas été mal comprise. Je tenais simplement à dire combien j’ai apprécié votre texte. Amicalement, Albert.

Abdellah

Abdellah Le 29-12-2025 à 2:43

Bonjour Ancolies, Le texte s’organise autour d’une opposition symbolique forte , l’épaule nord et l’épaule sud, qui dépasse la simple métaphore amoureuse pour interroger le rapport au temps, à la mémoire et à l’instant vécu. Le refus explicite du futur, des promesses et de toute projection inscrit le récit dans une philosophie de l’éphémère assumé, où seul le présent fait sens. La rencontre n’est pas pensée comme une construction durable, mais comme une intensité suffisante en elle-même. La séparation finale ne produit ni manque ni regret, mais une forme de consolidation intérieure. En opposant savoir et mystère, le texte suggère que la connaissance totale peut appauvrir l’imaginaire et l’amour, et que le non-savoir demeure un espace vital de liberté et de poésie. Amicalement Abdellah

Albert B

Albert B Le 28-12-2025 à 14:52

Rebonjour Ancolies, après de longues recherches armé de ma machette, je suis enfin tombé sur votre texte, que je trouve très beau et touchant. On y ressent avec clarté les émotions, le froid, la chaleur, le silence et la lumière. Chaque instant est décrit avec précision et fait vivre le moment intensément. Vous montrez avec justesse que le présent compte plus que le passé ou l’avenir, et que chaque instant, même bref, a sa valeur. Votre langage simple rend le texte facile à lire tout en conservant sa profondeur. L’émotion qui s’en dégage est sincère et forte, et elle reste en mémoire. J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Amicalement, Albert.