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De la patience, la pub et la résilience - Commentaires

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Deogratias

Deogratias Le 06-04-2024 à 15:50

Bonsoir Ancolies, merci pour votre réponse. Je suis K.O aujourd'hui. Encore une promenade en forêt d'annulée. Je n'arrive à rien. Mais j'ai écrit un texte sur l'écriture. Je le publierai demain je crois...Prenez soin de vous. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 06-04-2024 à 14:56

Deo ps : je pars un peu moins en fumée maintenant que j'ai cessé de fumer (obligé, 2 pneumopathies avec hospitalisation en 2 ans).

Ancolies

Ancolies Le 06-04-2024 à 14:17

Bonjour Deo. En effet la gloire est détestable. J'ai rajouté en bas de texte ma chanson Je ne rêve pas ma vie qui commence ainsi Certains croient le contraire, comment leur faire admettre, je ne rêve pas de gloire, je ne rêve pas de star. Je voudrais que mon travail soit plus partagé tout en restant anonyme. Mais j'ai eu largement le temps de me faire à la situation qu'il le soit peu et m'accommoder du maigre public que j'ai. Et je pense souvent à cette phrase de la Bible Qu'as-tu fait de ton talent ? Je pourrai répondre présent. C'est ce qui compte. Je pense que je le matérialise, mon travail, surtout pour mon fils, sans comme je l'ai dit vouloir lui peser. Et il s'y intéressera ou pas, à sa guise. Je me doute bien que vous êtes opposée à l'euthanasie et au suicide mais reconnaissez, vous le voyez un peu avec votre amie mère adoptive que l'âge avancé est particulièrement cruel et mène parfois à des situations désespérées. Montherlant s'est suicidé lorsqu'il est devenu aveugle. Il n'y avait pas de livres audio à l'époque et pour lui, ne plus pouvoir lire et écrire était insupportable. Et nous sommes loin d'Alzheimer. Brel chantait Mourir ! Ah mourir la belle affaire, mais vieillir ! Même sans la vieillesse il faut également reconnaître qu'il y a des êtres d'exception, Steve Hawking (pas sûr de son nom) par exemple, tétraplégique et pire, qui a réalisé un travail remarquable sur le big bang. Cela force l'admiration, et l'humilité. Je ne sais pas si je crois à la pérennité de l'âme. Mais indépendamment des inutiles statues, de nombreux grands hommes comme l'on dit, artistes, architectes, hommes politiques ... ont traversé le temps de par leur œuvre. Je n'en demande pas tant, en fait je ne demande rien. Bon we Forêt, en aussi bonne santé que possible.

Deogratias

Deogratias Le 06-04-2024 à 6:22

Bonjour Ancolies, votre récit est tellement touchant ! La seconde partie m'a beaucoup plus émue que la première. Pour ce qui est de la pub, son univers et les artistes connus que vous avez cotoyés, je ne sais que dire. La renommée des personnes célèbres n'empêchent pas ni la bassesse, ni les petites duplicités, ni l'ingratitude, ni l'orgueil. Plus ça va, plus je me rends compte que la "célébrité" pourrit tout. A partir du moment où vous êtes "connu", on dirait que c'est la porte ouverte à toutes les sottises possibles, à toutes les cupidités, les égoïsmes et l'arrogance surtout. Ce complexe de supériorité parce que vous êtes riche et connu. Cette gloire là n'est rien. Elle disparait quoiqu'il arrive. La mort emporte tout. Même si on parle de vous encore après votre mort, qu'est-ce que cela ? Ce n'est rien. Rien du tout. Quand je vois les hommages, les maisons, les chansons posthumes, qu'on entretient, qu'on ressort du passé etc...Sans compter même des mausolées, des statues à l'effigie du chanteur, comédien d'antan...Je le vis mal. C'est de l'idolâtrie. On peut se souvenir, ça oui, mais de là à "entretenir la mémoire " sans fin, à ériger des statues, à dire : "Moi, je l'ai bien connu !". ça sert à quoi ? Evidemment, il en faut un minimum. C'est bien légitime quand des millions de gens ont aimé. Mais il y a la manière...Surtout, même tous ces hommages, un jour ils disparaitront eux aussi. La mort emporte tout à un moment donné ou à un autre. Parfois, cela prend plus de temps, c'est tout...Que me fait d'être connu ? Ce qui compte c'est d'être reconnu. Ce n'est pas pareil. L'homme a une nature si orgueilleuse qu'un rien lui sert à se glorifier, à devenir très vite un petit dominateur qui écrase autrui ou par sa verve ou par ses actes ou par ses hypocrisies ou par sa violence même...J'ai beau méconnaitre les relations humaines, ce que j'en vois me fait dire que je ne perds pas grand chose. Pas toujours. Je ne cherche pas ma gloire contrairement aux émissions de télé réalités faites pour ça. Il en ressort des êtres complètement narcissiques, préoccupés d'eux mêmes jusqu'à la nausée...
Pour ce qui est de votre désir de transmettre, c'est bien légitime cela. Surtout quand on a des enfants. Mais la gloire, c'est autre chose. Ne vous attristez pas d'être si peu connu et reconnu. Vous connaissez votre valeur artistique, votre talent et combien quelques uns ont su en bénéficier. C'est tout ce qui compte. Le savoir, se dire :" J'ai bien réussi dans ce domaine", j'ai fait fructifier mon talent. La gloire, c'est secondaire...
Votre héritage légué à votre fils, c'est autre chose. Et c'est précieux. Vos enfants vous en seront reconnaissants. Quand un parent meurt, on voudrait tellement avoir quelque chose de lui, quelque chose à en dire. Hormis un tableau et ses photos d'oeuvres, je n'ai rien du mien. Alors je m'accroche à cela. C'est un devoir de mémoire bien utile pour les descendants, pour savoir qui on est et d'où l'on vient. Je ne connais personne de mes ancêtres. Personne. Absolument personne. Une de mes soeurs fascinée par la généalogie a fait des recherches. Elle a même une très vieille photo de personnes fin 19ème siècle entre les mains ou début 20ème. Si je ne connais pas leur histoire, qu'est-ce que cela peut me faire ? Ce sont de parfaits inconnus. Alors, oui, pour cela, vous faites bien. Pour votre fils et vos petits enfants présents ou à venir...
Pour ce qui est de la seconde partie, c'est plus délicat encore d'en parler. Votre maman si diminuée, je comprends que vous ne vouliez pas vivre la même chose. C'est si terrible de voir les nôtres à ce point amoindris, douloureux, plus que l'ombre d'eux mêmes. Je vois bien que mon amie ne reconnait plus les jours de la semaine, qu'elle ne sait plus toujours m'écouter, qu'elle s'endort sans arrêt etc...Est-ce un manque de dignité d'être à ce point en train de fléchir, de vieillir, d'aller vers la mort ?
Vous savez, vous vous en doutez, que je suis contre l'euthanasie. Contre le suicide aussi. Surtout le suicide programmé. Je laisse à Dieu le soin de juger de tels choix. Malgré la douleur, malgré tout, la vie vaut la peine d'être vécu jusqu'au bout. Je l'espère en tout cas. Même dans la dépendance extrême, il y a le regard extérieur que nous portons sur cela, mais le regard intérieur de la personne concernée, ses propres pensées, tout ce qui se vit à ce moment là, on ne peut y avoir accès. Cette dégradation est sans doute très douloureux voir insupportable pour eux, parfois, et pour les autres, parfois aussi, pour ceux qui le voient...Je ne sais pas que penser. Faut-il pour autant abréger la vie à ce moment là ? Je vous laisse le choix de votre réponse.
j'ai connu par le passé une jeune femme qui avait eu une très grave méningite herpétique pendant sa grossesse. Elle était restée plusieurs mois dans le coma et à son réveil, elle ne fut plus jamais la même. Son enfant a été élevé par son ex partenaire. Ellel n'était plus la même. Ni sa mentalité, ni son corps. Plus rien. J'allais la voir de temps en temps dans une maison adaptée pour personnes très lourdement handicapées. Elle ne marchait presque plus et a dû tout réapprendre : manger, boire, parler...Bien que "différente", sans aucune affection maternelle pour son enfant, totalement dépendante avec un esprit amnésique, elle riait encore. Elle parlait un peu. ...Je n'ai plus été la voir aussi souvent ...Ce n'était pas facile tous les jours...Alors, oui, je comprends votre déduction même si je ne partage pas votre désir.
Vos douleurs ne vous laissent pas de répit. Votre dépression doit sans doute aussi prendre son origine là dedans. Pas que. Mais tout de même. C'est difficile la douleur. Au centre anti douleur, à part un psy et quelques comprimés aux effets secondaires, ils ne peuvent pas toujours aider. Hormis en effet la fameuse question : "Sur une échelle de 10, vous êtes à combien ?". Ce à quoi je réponds : "Y'a même plus d'échelle !". Ce qui fait rire...
Vos enfants, vous les aimez, accrochez vous à la vie Ancolies. Ne partez pas en fumée. Votre vie a de la valeur, même sans gloire, sans reconnaissance, sans drapeau ni succès. Sans enfant, sans la santé, sans héritage à donner. La vie est sacrée. Si elle ne l'était pas, moi aussi, pour reprendre une expression de mon frère : "je me ferai sauter le caisson". Car je n'ai rien. Rien de rien. Et mon voisin hydrocéphale qui ne travaillera jamais de sa vie, qui n'a quasiment pas de famille, il a de la valeur. Il existe. Et c'est bien assez. Son handicap, son sourire apporte plus au monde que bien des carrières...Il rachète sans le savoir, par la valeur rédemptrice de son humanité blessée...Mais cela c'est le côté spi qui vous horripile. ALors je n'irai pas dans cette direction avec vous dans mon propos. Trop spi.
Je préfère en rester avec votre coeur : Merci d'exister Ancolies. Et Merci pour la profondeur de votre partage si sincère, si honnête et particulièrement édifiant. ...Mon "pacte" à votre propos est toujours d'actualité. ...Alors ne vous inquiétez pas de trop ! LOL...A tout bientôt. Sylvie.