GIRAUDOUX JEAN
(1882-1944)

Hippolyte Jean Giraudoux est un écrivain et un diplomate français, né le 29 octobre 1882 à Bellac dans la Haute-Vienne et mort le 31 janvier 1944 à Paris.
Brillant étudiant et soldat décoré pendant la Première Guerre mondiale, il occupe des fonctions diplomatiques et administratives tout en écrivant des romans (Suzanne et le Pacifique en 1921, Siegfried et le Limousin en 1922) avant de se diriger vers le théâtre après sa rencontre avec le comédien Louis Jouvet qui mettra en scène et interprétera ses œuvres principales.
Un romantique du xxe siècle, qui finit par prendre rang dans la lignée des classiques, à la suite de Marivaux et Musset, et pas tellement loin de ce Racine dont il a parlé comme d'un double ; un La Fontaine, rêveur et distrait, qui laisse une œuvre de quarante volumes ; l'« enchanteur » de son temps, comme fut nommé Chateaubriand, et comme lui caressant l'idée d'une mission politique, qui se résorbe en littérature : les paradoxes qu'inspire le cas Giraudoux ne peuvent se résoudre que dans une réflexion sur les pouvoirs de l'écriture.
L'écrivain Giraudoux est tout entier écrivain, comme son Racine, en qui « il n'est pas un sentiment qui ne soit un sentiment littéraire : sa méthode, son unique méthode, consiste à prendre de l'extérieur, par le style et la poétique comme par un filet, une pêche de vérités ».
Pour l'homme Giraudoux, attentif à ses plaisirs, à ses amours, à ses amitiés, à sa forme physique, à son équilibre moral, à son élégance et à sa jeunesse d'allure, l'écriture fut le plus équilibrant des plaisirs. Il écrivait d'un jet, sans ratures, laissant parfois un mot en blanc parce qu'il savait que les difficultés se franchissent dans la foulée, comme les haies de 400 mètres, dont il était champion universitaire. Il écrivait un roman en trois semaines, pendant ses vacances, en guise de vacances. Le miracle, c'est que tant d'humanité soit passée dans l'écriture.
Il est aujourd'hui surtout connu pour son théâtre qui compte des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1928), La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Électre (1937) ou Ondine (1939) ou La Folle de Chaillot jouée en 1945 après sa mort. Jean Giraudoux a participé comme d'autres dramaturges des années 1930-1940 (Cocteau, Anouilh, Sartre, Camus par exemple) à la réécriture des mythes antiques éclairés par les mentalités modernes. Il a su allier fantaisie poétique et goût pour les images insolites et également associer le tragique et le léger dans une langue élégante et fine, parfois même poétique comme dans Intermezzo ou Ondine.
Germanophile et diplomate de carrière, il est Commissaire général à l'information en 1939-1940 et pendant l'Occupation sa situation est complexe et son rôle contrasté.
Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans, à la suite d'une intoxication alimentaire ou d'une inflammation du pancréas.
Provinciales, 1909
L'École des indifférents (comprenant Jacques, l'égoïste ; Don Manuel, le paresseux ; Bernard, le faible Bernard), 1911
Lectures pour une ombre, 1917
Simon le Pathétique, 1918
Amica America, 1918
L'Adieu à la guerre, 1919, Grasset
Elpénor, 1919
Adorable Clio, 1920
Suzanne et le Pacifique, 1921
Siegfried et le Limousin, 1922 qui lui apporta le succès. éditions Grasset
Juliette au pays des hommes, 1924
Bella, 1926
Églantine, 1927
Aventures de Jérôme Bardini, 1930
La France sentimentale, 1932
Combat avec l'ange, 1934
Choix des élues, 1939
La Menteuse, publié à titre posthume en 1958
Les Cinq Tentations de La Fontaine, 1938
Pleins pouvoirs, 1939
Littérature, 1941
Sans pouvoirs
Visitations, 1947
Or dans la nuit, (recueil posthume en 1969)
Les Contes d'un matin
De pleins pouvoirs à sans pouvoirs, 1950
Pour une politique urbaine, 1947
Siegfried, 1928
Amphitryon 38, 1929
Judith, 1931
Intermezzo, 1933
La guerre de Troie n'aura pas lieu, 1935
Supplément au voyage de Cook, 1935
L'Impromptu de Paris, 1937
Électre, 1937
Cantique des cantiques, 1938
Ondine, 1939
L'Apollon de Bellac, 1942
Sodome et Gomorrhe, 1943
La Folle de Chaillot, 1945
Pour Lucrèce, 1953
Les Gracques, pièce inachevée publiée en 1958
Les Siamoises, pièce ébauchée publiée en 1982
1942 : La Duchesse de Langeais, de Jacques de Baroncelli d'après Honoré de Balzac (adaptation et dialogue)
1943 : Les Anges du péché de Robert Bresson (scénario, avec Robert Bresson et Raymond Léopold Bruckberger, et dialogue)
Source : wikipédia et encyclopédie universalis