Donald Ghautier Le 17-04-2026 à 8:54
Bonjour Albert, bravo pour cet article. Je me souviens de la prestation impressionnante de Brad Dourif, en plus des actrices et acteurs que vous avez cités. Ce film n'est pas mon favori dans la carrière de Milos Forman - je lui préfère Amadeus - mais il a marqué les esprits et je conçois qu'on en parle encore. Ce qu'il dénonce a été souvent mis en scène aux USA - je conseille d'aller voir le film de James Mangold sorti en 1999 et intitulé "une vie volée" où Wynona Ryder et Angelina Jolie livrent une prestation d'anthologie - dont les pratiques en matière de soins aux personnes jugées "hors des clous" ont longtemps été à la limite de la barbarie, en version soi-disant civilisée. Dans ce pays, malgré une forte ouverture d'esprit apparente dans les œuvres culturelles, il ne fait pas bon être différent. Le personnage joué par Will Sampson, le géant indien dans le film de Milos Forman en est un exemple flagrant, ici magnifié par le match de basket-ball où le personnage joué par Jack Nicholson lui apprend à se mettre en dessous du panier. Bref, Milos Forman, réalisateur d’origine tchèque dont les parents ont péri dans les camps de la mort nazis, n’a pas épargné la société américaine de l’époque, dans ce film des années soixante-dix, une période où les tenants de la culture alternative telle que le septième art voulaient changer le monde. Merci pour le rappel de ce film très prenant. Amicalement. Donald.
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Albert B Le 17-04-2026 à 9:05
Bonjour Donald, merci pour votre lecture et pour ce message très riche. Vous avez raison de rappeler la performance de Brad Dourif, qui apporte une vraie intensité au film et complète parfaitement l’ensemble du casting. Votre comparaison avec Amadeus est très juste : on retrouve chez Milos Forman cette manière d’interroger la place de l’individu face aux normes, même si les univers sont très différents. La référence à Une vie volée est également pertinente, elle prolonge cette réflexion sur les institutions psychiatriques et la manière dont la différence a pu être traitée de façon dure, voire inhumaine, dans certaines époques. Je partage aussi votre regard sur le personnage de Will Sampson, dont la présence silencieuse dit beaucoup sur l’exclusion et la dignité. Enfin, votre rappel du parcours de Milos Forman éclaire bien la sensibilité particulière qui traverse ce film. Merci pour cet échange autour d’une œuvre qui continue, en effet, à marquer durablement. Bien à vous, Albert.