Ancolies Le 10-10-2025 à 11:35
Oh la la, que vous êtes exigeante Deo. Vider son caddy ne vous suffit pas, il faut se vider de soi-même aussi, ne plus être rien pour s'offrir à Lui. Vider son ego, bien d'accord, mais vous allez jusque se dénier. Évidemment vous direz que ce n'est pas le bon terme mais ça y ressemble : ne plus être rien puisqu'Il est tout. Moi je n'en suis pas sûr. Il faut garder de l'amour-propre et du respect pour soi-même. Là je trouve que c'est vous qui parlez de ramper nu devant son Créateur.
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Deogratias Le 10-10-2025 à 12:16
Non Ancolies, vous faites erreur. "Fais toi capacité, je me ferai torrent" (citation à Ste Caterine de Sienne). Il ne s'agit pas de dénégation, ni de mépris de soi, ce qui serait encore une marque d'orgueil. Mais bel et bien de se recevoir de plus haut. Ne pas se prendre pour le centre de gravité de nos amis, de notre vie, de nos pensées et de nos choix. Rien de plus. Rien de moins. Quand on a un peu d'expérience de la vie spirituelle, la connaissance soi augmente. Il ne s'agit pas d'une connaissance de soi purement psychologique. Cela n'est que la superficie des choses. La connaissance de soi au niveau spirituel c'est reconnaître que nous sommes petits, c'est voir avec une claire lumière la totalité de ce qu'on est : des êtres capables du pire, des êtres qui, à tout moment, posent des choix contraires à l'Amour. Vous avez une vision de la vie intérieure ajustée mais très psychologiques et introspectifs. C'est un étage, un niveau. La connaissance de soi véritable va beaucoup plus loin. Il ne s'agit plus de connaitre ses qualités, ses défauts etc...C'est autre chose. Cela ressemble bien plus à ce que vous avez éprouvé sur votre voilier en mer. En un seul regard, on sait ce qu'on est, ce qu'on vaut face à ce qu'Il est. Ce qui apporte à la fois une grande paix et une connaissance de soi salutaire : On reste à sa place de petite créature. On sait que tout bien vient de Lui : "C'est lui qui nous donne l'être, le vouloir et le faire" : notre travail, nos efforts, nos choix, nos labeurs : A qui le devons -nous ? A nous seul ?...C'est le regard de foi qui vous manque. Car me voir dans la vérité, dans la nudité de ses pupilles de père, ce n'est pas tomber dans le désespoir parce que du coup je vois toutes mes imperfections etc...Bien au contraire, la rencontre avec mon vrai moi même (connaissance de soi par son regard et non le mien), me donne la paix. Une paix profonde. Un peu comme dans l'océan : la surface peut s'agiter, gonfler les vagues, transporter bien des écumes...Mais au niveau profond, les poissons sont en paix. Il en va de même de la vraie connaissance de soi. Le secret : lui laisser la place. Accepter d'être dépendant. De se recevoir d'un autre que soi. ...Comme un enfant dans les bras de son père et de sa mère. Cette dépendance loin d'être aliénante procure paix et liberté. Profondes, durables et véritables...Donc, je ne me nie pas...Je me reçois. Le respect de moi même : je le reçois. L'amour propre est bien trop élevé en nous. "Si le grain de blé ne meurt, il ne peut porter du fruit"...Il s'agit de mourir à soi. Non pas dans le sens d'un massacre à la tronçonneuse de ma personnalité, non, mais de notre petit égo : toujours prêt à revendiquer ses droits, à se placer à la première place, à mettre en avant uniquement sa volonté propre...Au lieu de lui laisser la place, de se recevoir. ...Voilà, difficile de vous en parler avec le plus de justesse possible car pour comprendre il faut avoir la foi..."Heureux les pauvres" c'est la première béatitude. Ce n'est pas pour rien. Elle sous tend toutes les autres. Elle est aussi bien pour les riches que pour les pauvres au niveau social et matériel. Cette pauvreté là, cette mort à soi, cette pauvreté intérieure est la plus importante de tout. On peut n'avoir qu'une tente ou dormir, qu'une seule assiette, pas de fringue mais si on est riche de soi...On peut être aussi très riche, avoir des chateaux, des actions, des trésors et être pauvre de coeur. Evidemment, un certain dépouillement extérieur favorise davantage l'exercice de cette première béatitude. Mais elle n'est pas pour autant la condition sine qua none. Ce qui est premier pour avoir le désir de mourir à soi, de se vider, vous devinez ce que c'est ? C'est l'Amour Ancolies. L'Amour avec un grand A, lui seul, peut nous donner ce désir car lui seul est don total, lui seul consiste à se vider, à tout brûler par amour...jusqu'au sacrifice (rendre sacré)...l'Amour se nourrit de sacrifice. Ce gros mot écarté de nos vocabulaires modernes...qui sous tend pourtant bien des attitudes oblatives...L'Amour donne des ailes, celles de la véritable liberté intérieure car elle nous met à nu, nous appauvrit de nous mêmes. Sans cela, ce n'est pas de l'amour, ce n'est qu'un pâle reflet guidé par notre penchant pour la captation, la concupiscence et notre propension à prendre plutôt qu'à donner...Je m'arrête là...J'ai peur de vous perdre...Bien sûr, je ne prétends pas vivre cela parfaitement. Loin s'en faut !! Mais c'est à cela que nous devons tous tendre...Voilà pour l'explication...Il est 12 h 15 : Bon milieu de journée...:) Sylvie.