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Regrets personnels inventaire - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 23-06-2023 à 13:03

Salut D'Jenn. Oui tous ces ratés peuvent filer le bourdon. Le truc auquel je pense le + souvent, c'est ma collec de vinyles. Baignant dans la musique, il n'y a pas un jour où je n'ai l'occasion d'entendre 1 ou des morceaux divers et variés et de me dire Ce disque-là je l'avais. J'ai toujours du mal à comprendre que cette collec ne soit plus la mienne, qu'elle soit passée dans les mains d'un autre. Il y a 2 aspects : le côté argent - laisser 40.000 ou 50.000 euros à mon fils n'est pas négligeable - et le côté passion. Cette collec a représenté en quelque sorte ma vie et ma raison d'être pendant pas mal de temps. Moi aussi il m'aura fallu du temps pour ouvrir (complètement ?) les yeux. Je crois que j'ai appris la vie à coups de souffrance et de solitude. Et moi-aussi on m'a volé des cartons lors de mon déménagement de l'année dernière, dont nombre d'originaux de dessins (que j'ai heureusement scannés) et l'original d'un livre "Chu pas net" écrit lors de mes jeunes années dont je n'ai pas de copie. J'ai appelé la boîte de déménagements : Nous n'avons pas de voleurs chez nous m'a t'il été répondu. Tu parles Charles. Faire un inventaire des aspects positifs de sa vie ? Oui c'est possible. Mais c'est délicat, il ne faut pas que cela frise l'orgueil. Je crois que nous sommes d'accord sur les différences entre orgueil, pas toujours bien placé, et amour-propre, indispensable pour se regarder dans une glace, même si je ne le fais plus que pour me raser. Je pense que je regarde mon miroir intérieur pour être sûr d'être à l'heure avec moi-même et que (orgueil ?), je ne m'en tire pas trop mal. Intégrité, dignité, parole donnée, simplicité restent mes maîtres mots. Si je ne me sentais plus digne, j'imagine que je prendrais mes cliques et mes clacs (claques ?). Merci pour ta lecture, toutes mes amitié et à bientôt.

Johann Christoph Schneider

Johann Christoph Schneider Le 23-06-2023 à 9:45

Bonjour Ancolies Votre anecdote des vinyles "taxés" au Monoprix m'a beaucoup amusé et m'a rappelé mes 16-17 ans, une brève période durant laquelle j'ai pratiqué ce que j'appelais pudiquement des "emprunts forcés". Ma victime : la FNAC du Forum des Halles à Paris - à l'époque (1979-80) les rayons n'étaient pas terriblement bien surveillés et il n'y avait pas encore de vidéo. Ceci dit mon butin est resté mince : le Bouvard et Pécuchet de Flaubert en Folio et quelques BD de Manara, Pichard (Blanche Epiphanie), Wallace Wood (Sally Forth) (je les trouvais bandantes, c'était mes hormones qui voulaient ça je suppose). Les vinyles (et surtout les K7) je me les procurais "légalement" à Pygmalion, un immense magasin de musique au début du boulevard de Sébastopol. A bientôt. PS : je vous fais un MP tout de suite.

Jenny

Jenny Le 23-06-2023 à 0:21

Triste inventaire que je connaissais déjà puisque tu en parles si souvent. Le voici réuni sur cette page. Mis bout à bout, cela file le bourdon, raison pour laquelle, je ne veux pas faire d'inventaire ; ce qui n'empêche pas de soulever le couvercle de la marmite puisque bilan, on finit tous par faire. Toute ma modeste collection de vinyles m'a été volée lors d'un déménagement avec d'autres trucs dans même carton. Voilà ce que c'est que d'écrire le contenu, histoire de faciliter la tâche du voleur. S'il y a un truc que je n'ai pas digéré et m'a coûté 7 ans de ma vie + bousillé le jour de mon mariage, c'est d'avoir laissé ma belle-mère (sous prétexte qu'elle était âgée (j'ai été élevée à respecter les anciens...)) me persécuter (une autre PN) pendant tout ce temps. J'ai organisé mon évasion et celle du foyer fondé. Elle a bien tenté de me poursuivre, en vain ! Il m'a fallu attendre mes 40 ans pour ouvrir les yeux sur père & mère ; et là le combat fut bien plus douloureux (et c'est rien de le dire). De la vie, j'ai surtout expérimenté le combat pour survivre. Dans la vie, on court, on court, car il nous faut avancer et vite, et puis un jour, on se retourne, et on se reprend tout dans la figure. Fort heureusement, j'ai su dépasser ce cap pour me consacrer aux miens. A propos de ton Ps(1) ; j'aurais été très très étonnée si tu avais dit le contraire. Aucun inventaire ne soulage ; ce qui est écrit est écrit, on ne revient pas sur ses pas. Tu as forcément un inventaire positif à faire aussi. C'est celui là qu'il faut garder et emporter avec toi, le jour où tu t'envoleras... Amicalement, d'Jenny. Ps- comment se battre pour sa dignité qui nous humanise si on renonce à notre Amour-propre ! L'orgueil, on ne s'envole pas avec...  Fin de la () Ps.

Ancolies

Ancolies Le 22-06-2023 à 16:09

Eh bien David, dans ce lot de synonymes il y en a d'attrayants et d'autres sont carrément des défauts, qui relèvent de l'orgueil mal placé. C'est la raison pour laquelle je me méfie de ce mot. Un écrivain américain dit que la mort est à l'origine de toutes nos peurs. Moi je me demande si ce n'est pas l'orgueil. Quoi qu'il en soit, je suis fidèlement la devise: On fait son travail et on regarde le score s'afficher.

Benadel

Benadel Le 22-06-2023 à 15:56

Cher Ancolies, voici les synonymes d'orgueil, tels qu'ils figurent dans les dictionnaires : fierté, vanité, arrogance, suffisance, amour-propre, dédain, insolence, fatuité, infatuation, impertinence . Mes sincères amitiés. David

Ancolies

Ancolies Le 22-06-2023 à 11:11

Re David. Je me méfie de l'orgueil qui peut vous entraîner je ne sais où. Je préfère l'amour-propre.

Ancolies

Ancolies Le 22-06-2023 à 10:51

Bonjour JC. Jean Roger Caussimon époque Saravah, tous les Manset, Pierre Rapsat, Catherine Sauvage, Gribouile, Colette Magny... évidemment j'avais. Vous qui semblez être passionné, si cela vous intéresse je peux vous envoyer la liste de toute ma collection en me laissant votre adresse mail en mp. Mes premiers achats ont été un peu antérieurs aux vôtres, en 73 ou 74. Je me souviens des 2 premiers, le Tommy des Who et le le magnifique Crown of creation du Jefferson Airplane dont j'étais fan du bassiste. Après j'ai commencé à les piquer - ainsi que des bd, c'était l'époque de l’Écho des savanes, de Blueberry, de Bernard Prince etc... -. Une fois je suis rentré dans un Monoprix, me suis rendu au rayon disques où j'en ai rassemblé une trentaine qui m'intéressaient, que j'ai laissés dans un bac. Je suis ressorti 10 mns, rerentré pour aller directement aux bacs, attraper sous le bras tout ce que j'avais préparé et ressorti aussitôt tranquillement. Mon père voyait ma chambre se remplir et demandait d'un air soupçonneux : ça vient d'où tout ça ? C'est des copains qui me les ont prêtés. Après j'ai bossé dans la pub, gagné plein d'argent et n'avais plus besoin de taxer. Je connaissais tout, l'album, l'année, les musiciens participants..., un vrai malade de collectionneur. Quand un musicien participant me plaisait j'allais éplucher toute sa discographie. Je vous redis que si cette liste vous intéresse je vous l'envoie. Je vais aujourd’hui aller regarder d'autres textes de vous, j'ai bien aimé celui que j'ai lu. Bonne journée.

Ancolies

Ancolies Le 22-06-2023 à 10:32

Bonjour David. Merci pour ce long commentaire. J'étale mes regrets, j'ai l'impression - ce n'est pas la seule fois - d'être impudique. Mais aucun de mes (rares) proches ne connait l'existence de ce site donc je reste anonyme. Il est exact que comme votre mère j'ai agi à chaque moment sur mon ressenti d'alors mais quand même certaines choses restent en travers de la gorge. En ce qui concerne ma collection de vinyles, c'était une partie de mon âme,. Et côté argent, léguer à mon fils 40.000 ou 50.000 euros n'aurait pas été négligeable. Et j'aurais aimé, argent mis à part comme je l'ai écrit, partager avec d'autres passionnés. Regardez le commentaire de JCS ci-dessous, c'est le début d'un échange de passionnés Tel disque, telle année, avec tels musiciens... nous savions tout. Sinon, bien entendu j'ai une satisfaction d'avoir créé tous ces livres et albums de musique mais peut-être bien qu'ils mourront avec moi. Je ne veux résolument pas charger les épaules de mon fils de quelque chose qui ressemblerait à un devoir de mémoire. Et pour finir, oui comme vous dîtes, on est toujours plus intelligent après. Encore merci de votre lecture et bonne journée.

Johann Christoph Schneider

Johann Christoph Schneider Le 22-06-2023 à 9:23

Superbe texte. Dans lequel il est aisé de se retrouver, quel que soit son parcours personnel, dès lors qu'on appartient à une certaine génération (pour faire simple : ceux qui sont nés avant 1965). Alors évidemment il y aura toujours des petits malins qui viendront vous dire : "Des regrets ? Peuh ! J'en ai aucun, moi : que des souvenirs !" C'est mentir et se mentir à soi-même. En vous lisant on ne peut faire autrement que se retourner sur son propre passé, mais il faut être capable de le faire comme vous, c'est-à-dire sans la moindre complaisance pour soi-même. Ce n'est pas donné à tout le monde, et de cela vous pouvez légitimement être fier. L'inventaire de votre collection de vinyles m'a passionné. Je n'en ai jamais possédé, depuis mon premier achat en novembre 1977 (Spectres, de Blue Öyster Cult), qu'une quarantaine et les plus récents flirtent avec la quarantaine d'années. Nos goûts ne sont pas exactement semblables (et pourquoi devraient ils l'être, d'ailleurs ?) mais par exemple dans mon inventaire idéal, du côté de ce que vous appelez les "français intéressants" j'ajouterai sans hésiter Henri Tachan, Jean-Roger Caussimon, Barbara, Catherine Sauvage, Philippe Clay, Pierre Rapsat (belge mais francophone) et Gérard Manset. Si l'écriture de ce texte ne vous a pas soulagé, sachez que sa lecture m'a beaucoup apporté. Merci pour ça. Bien à vous. JC

Benadel

Benadel Le 21-06-2023 à 21:57

Merci Ancolies pour avoir partagé vos inventaires personnels. S'ils peuvent être marqués par les regrets, on est toujours plus intelligent après. Certains de vos inventaires, Ancolies, et j'en suis persuadé, peuvent être exhibés avec fierté. Le fait d'avoir pu faire le gros dos, d'avoir su attendre que l'orage passe, d'avoir continué à vivre, et cela malgré tous vos avatars, peuvent déjà alimenter votre orgueil. Certes, certaines décisions peuvent s'avérer regrettables, comme d'avoir bazardé une de vos collections ainsi que certaines œuvres de compositeurs bien connus, mais peut-être si vous les aviez gardées, elles auraient pu provoquer certains déconvenues; les voies du destin ne sont-elles pas insondables ? Oui, vous auriez pu en tirer plus d'argent, mais auriez-vous alors été plus heureux ? Ma mère nous disait toujours, je n'ai aucun regret, car sur le moment j'ai agi selon mon ressenti et selon mon état d'âme. De n'avoir pas, des années auparavant, su ce que l'aurait aimé être, entreprendre, ne doit doit pas occulter le fait que vous avez agi selon ce qui vous semblait à un moment donné approprié. Et comme je vous l'ai dit dans mon précédent commentaire, si vos livres et chansons n'ont quasi pas de lecteurs, le fait que vous en avez été l'auteur est déjà une satisfaction en soi. Par eux, vous vivrez éternellement, car ils sont l'empreinte de votre esprit. Mes amitiés. David

Christiane Bonnavion

Christiane Bonnavion Le 19-06-2023 à 13:53

Ancolies bonjour. Quand on est en rupture, on ne mesure pas les tenants et aboutissements de nos actes. On dépoussière, on jette etc. on ne veut que plus  nous rattacher à quelque chose, à quelqu'un. Des claques on veut bien en recevoir mais tendre l'autre joue certainement pas. Des regrets oh que oui nous en avons tous, on se pardonne, on pardonne mais au fond on garde les blessures. Il est dit par je ne sais qui, que nous avons plusieurs vies (vraies ou faux), et que ce que tu ne réalises pas dans celle-ci, tu le feras dans la prochaine. Ma foi va savoir si ta mission n'est pas d'engranger le maximum de savoir, pour ne pas répéter les mêmes erreurs. En même temps moi je me dis que plus tard, je m'en fou c'est ici et maintenant, je me retiens de me taper la tête sur les murs. Parfois j'aurais bien besoin de hurler ma peine. Garde l'espoir en musique au moins tu as encore ça dans le sang. Avec ton fils va plus loin dans le dialogue et trouve le chemin de la sérénité. Mes amitiés jeune ami. Christiane

Deogratias

Deogratias Le 18-06-2023 à 19:01

Bonsoir Ancolies, je vous ai envoyé par email quelques uns de mes nombreux regrets...Oui, nous sommes seuls responsables de notre vie et de nos choix. Mais pas que. Nous avons beaucoup de circonstances atténuantes. Et dans une même faute que nous avons commise (erreurs ou maladresses...), les autres ne sont jamais tout à fait innocents non plus. Ce serait trop simple. Vous savez combien la vie est complexe...Je vous souhaite une bonne soirée. Sylvie.

Ancolies

Ancolies Le 18-06-2023 à 13:09

Bonjour Forêt. Me procurer un objet symbole de mes regrets, de mes ratés, et finir par le chérir ? Je ne sais pas. Il me semble que, en tout cas dans un premier temps, il ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. Même si c'est impossible, ces regrets je voudrais les oublier, les effacer, qu'ils me laissent tranquille. Peut-être votre conseil est-il le bon cependant. Ai-je accepté ma destinée ? Oui et non. L'oxymore habituel. Oui vous pouvez m'adresser vos regrets par mp ou mail, j'en suis curieux, en supposant que comme les miens ils n'ont rien de très extraordinaire, qu'ils sont humains. Votre copain Dieu le Père nous met à l'épreuve de son inaction. Cela fait longtemps que je sais que je suis seul responsable de mes actes, de mes pensées. Bien entendu je connais les clés qui m'ont guidé vers la mort. La mort qui est toujours là et qui sera délivrance. Même si je n'en ai pas tout-à-fait l'impression dans ma tête, je suis presque un vieil homme et ai bien eu le temps de la réflexion. Bien sûr, finalement j'étais humain, que croyais-je donc ?

Deogratias

Deogratias Le 18-06-2023 à 3:35

Bonjour Ancolies, vos regrets sont très touchants. Vous avez raison, on en a tous. Si je vous disais les miens, vous seriez sans doute réconforté ? Si vous le désirez, je vous les écrirai en MP par email. Non, ici, où tout le monde peut me lire. Des proches trop proches...Mais ce qui est sûr c'est que ça fait mal de s'être trompé. ça fait mal d'avoir jeté à la poubelle des disques, ou bien des lettres, ou bien des collections entières de choses précieuses qui nous tenaient à coeur... Ces occasions ratées de rencontres ou d'amour, ces choses ratées qui nous suivent : nos amitiés rompues à tort, des lettres jetées, des choix interrompus (métiers, projets, relations...). Votre psy a raison : vous êtes humain. L'erreur est humaine. Est-ce que ça nous console ? Je ne crois pas. Vous avez sans doute besoin de consolation, d'être rassuré que vous n'êtes pas le seul à "être humain" avec tout son lot de maladresses, d'erreurs, de gâchis parfois. On en est tous là à des degrés divers. On est tous blessés et blessants. On a tous nos casseroles. Si votre fils a de l'estime pour lui-même c'est une grande victoire. La plus importante sans doute. Soyez indulgent avec vous : ce qui vous a guidé vers la mort dans votre jeunesse a sans doute des clefs d'explication bien réelles. Vous n'êtes pas parfait. C'est vrai. Il s'agit de l'accepter. ça tombe bien, Lui, là-haut, je crois que ce sont ceux-là qui lui plaisent le plus. Les parfaits, les impeccables, avec leurs tronches de premier de la classe, ils seront bien étonnés. Vous êtes un petit. Un tout petit. C'est la voie d'excellence pour Lui et pour l'éternité. Faites un geste : pardonnez-vous. Et puis, allez acheter un truc, ce qui vous plait, posez le à un endroit important pour vous, nommez le : "Mes ratés". (vos vyniles, vos amours, vos projets ratés etc). Cet objet sera le contenant invisible de vos regrets passés. Il symbolisera votre acceptation de tous ces regrets. De votre inventaire. Il fera partie de votre collection actuelle. De ce que vous aimez. Vous finirez par l'aimer vous verrez. Parce qu'il fait partie de vous. Chérissez cet objet symbole de vos échecs personnels. Apprivoisez le. Vous ne faites pas partie des grands de ce monde mais des petits qui ont fait des âneries, des grosses âneries, des ratés en tout genre. Chouette ! Ne vous jugez plus. Prenez votre objet symbole de vos ratés, embrassez le. Vous êtes ce que vous êtes devenu, aussi grâce à tout ces ratés, ces choix morbides, ces blessures infligées et reçues. Nous sommes de la même équipe. A bientôt mon ami. Sylvie.