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Ravage - Commentaires

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Albert B

Albert B Le 20-04-2026 à 8:45

Bonjour Jenny, merci beaucoup pour votre message, riche et passionnant. On sent à travers vos mots tout l’attachement que vous portez à Barjavel, et c’est un vrai plaisir à lire. Vous évoquez Si j’étais Dieu et la Lettre aux vivants qui veulent le rester, qui montrent effectivement une autre facette de son écriture, à la fois réfléchie, engagée et souvent teintée d’un certain recul, voire d’humour. C’est aussi ce qui rend cet auteur si singulier. Vous avez raison de souligner sa dimension presque visionnaire. Ce qui me frappe surtout, avec le recul, c’est à quel point certaines intuitions font écho à notre monde actuel. La place prise par les écrans dans nos vies, notre dépendance croissante aux systèmes technologiques, ou encore cette impression que tout peut fonctionner parfaitement… jusqu’au moment où tout vacille, sont des réalités qui nous parlent aujourd’hui de manière très concrète. Nous vivons dans un confort technique remarquable, mais qui repose sur des équilibres parfois plus fragiles qu’on ne l’imagine. C’est peut-être là que ces réflexions prennent toute leur force : elles ne condamnent pas seulement une époque ou des outils, mais elles nous interrogent sur notre manière de vivre, sur ce que nous choisissons de préserver, et sur notre capacité à rester maîtres de ce que nous créons. Amicalement, Albert.

Albert B

Albert B Le 20-04-2026 à 8:37

Ancolies, vous soulevez un point intéressant sur la technologie. Là où je vous rejoins, c’est sur le risque de déshumanisation lorsqu’elle devient envahissante ou incontrôlée. Mais je reste un peu plus nuancé : je ne suis pas certain que notre confiance soit totalement aveugle, ni que la technologie soit uniquement destructrice. Elle révèle peut-être autant nos failles qu’elle ne les crée. C’est justement ce que j’aime dans Ravage : Barjavel ne condamne pas seulement la machine, il met surtout l’homme face à ses choix. Votre exemple du Covid est très parlant. Il montre bien cette contradiction humaine : l’aspiration à un retour aux choses simples… et la difficulté à y rester fidèle. Concernant les relectures, je comprends votre ressenti. Il m’est arrivé aussi d’être surpris, parfois déçu. Mais je crois que ces œuvres changent surtout avec nous : ce que nous y cherchions autrefois n’est plus tout à fait ce que nous y trouvons aujourd’hui. En tout cas, votre regard apporte un vrai contrepoint à ma lecture, et c’est ce qui rend l’échange intéressant. Amicalement, Albert

Jenny

Jenny Le 19-04-2026 à 23:10

Bonjour, Albert, j'ai énormément lu de la plume de Barjavel, que ce soit ses romans ou ses essais comme "si j'étais Dieu" où, sur 200 pages, nous assistons au dialogue de Barjavel, l'humain, avec Barjavel, le dieu ; le tout avec humour et recul. Ravage, son premier roman d'anticipation (1943) est le 1er livre, lu de Barjavel. Comme beaucoup d'auteurs de SF, il avait la perspicacité d'un visionnaire ; grand lecteur de revues scientifiques, il n'a pas eu de mal à anticiper l'avenir et l'impact des écrans dans nos vies, idem celui des cartes de paiement. Dans sa "lettre aux vivants qui veulent le rester" (essai), on y comprend tout son engagement et ses perceptions sur l'avenir de l'homme. Ravage demeure un titre qui mérite d'être encore et toujours lu ; merci de l'avoir ajouté aux chroniques du site. Amicalement, Jenny 😉

Ancolies

Ancolies Le 19-04-2026 à 0:44

Merci Albert pour cette chronique relative à ce livre que je n'ai pas lu, resté comme la majorité de mes contemporains à La nuit des temps et au grand secret.
"Notre confiance aveugle dans le progrès" ? C'est discutable. Quand il est mort le poète ? Quand l'industrie est arrivée. Quand il a disparu l'homme, sa chère et tendre, l'enfant avec eux ? Quand la technologie est arrivée. La technologie qui nous détruit bien plus violemment qu'elle ne nous aide, la technologie qui à vitesse grand V nous déshumanise. Précurseur, Barjavel a imaginé un retour à des valeurs simples lorsque les machines se sont déréglées. C'est ce que avons pour une toute petite partie entraperçu avec le covid, cela a été le discours ambiant. Et si cela a pu être réellement effectif pour quelques uns, des queues de plus d'un kilomètre de voitures stationnaient devant les McDonalds dès le premier jour du déconfinement. Il faut s'accrocher pour ne pas désespérer de l'humanité. Quant à moi, il est bien rare que je relise un livre découvert et aimé il y a 50 ans et que je l'apprécie. Récemment j'ai relu du Zola ainsi que les soeurs Brontë. J'ai été effaré. Cela m'a parut petit, étroit, étriqué, étouffant, sans le moindre souffle épique, lyrique, poétique. Et l'on nous dit qu'il s'agit de classiques ! J'ai probablement la berlue. Amicalement.