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Pas une larme - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 02-04-2018 à 22:53

Béatrice, merci de votre commentaire et de votre partage. Vraiment je suis surpris que cette tranche de vie écrite sans affect suscite des réactions sentimentales. Mais peut-être que sans que je m'en sois rendu compte le fond a pris le pas sur la forme, bien sèche celle-ci. J'espère pour vous que votre histoire avec vos filles soit tendre et fusionnelle. Fusionnel, même si c'est dangereux c'est ce que je nous souhaite à tous. Bien à vous.

Eryndra Elwing

Le 02-04-2018 à 22:35

Bonjour Ancolies, ma première visite pour l'un de vos textes provoque un mini séisme en moi, pour tant de raisons que vous avez si bien décrites, oui l'on peut grandir et vivre sans réussir à aimer comme on le désirerais nos géniteurs mais peut-on rendre ce que l'on a pas reçu. Moi aussi j'ai voulu "apaiser mes relations" mais il est vrai que les yeux restent secs... Hélas cette situation je la vis encore au quotidien au travers d'un enfant qui m'est très proche, toujours d'actualité de drame de l'amour maternel défaillant... fort heureusement certains (dont nous sommes) prennent le contre-exemple et casse la lignée, ma mère aussi avait souffert de "mal-amour"... avec mes filles j'ai été très fusionnelle, aujourd'hui je suis éloignée géographiquement d'elle mais mon coeur les accompagnent au quotidien. Vraiment très fort et prenant votre écrit sur une tranche de vie, bravo. A très bientôt. Béatrice.

Ancolies

Ancolies Le 02-04-2018 à 11:53

Bonjour Mireille. Merci de ton long commentaire. C'est vrai naturellement qu'on peut vivre sans aimer sa mère, mais quand je vois la relation d'amour que j'ai avec mon fils, eh bien ce manque d'amour que j'ai connu quel dommage. Ma vie en aurait sûrement été transformée. Je 'ai pas eu cette chance, tant pis, j'ai fait sans, mais je suis très heureux de ne pas reproduire le même schéma. Quelle richesse je rencontre alors. Le plus important n'est pas d'être aimé, mais d'aimer. A bientôt Mireille et merci de ton passage.

Mireille Masson

Mireille Masson Le 02-04-2018 à 9:00

Bonjour Ancolies, "grandir et vivre sans aimer sa mère !" Quel gâchis ! Quel gâchis ? Faut-il considérer que l'on doive absolument porter un amour sans borne à sa mère ? Les images que l'on voit souvent de l'enfant en adoration devant sa mère, et la mère, posant un regard énamouré sur son enfant sont ... des images ! Cela existe, mais pas toujours, pas aussi souvent qu'on peut le penser ! Ton passé est tragique, je dirais ! Une accumulation de situations dramatiques. C'est courageux de nous livrer cette tranche de vie pas très heureuse. Dans les commentaires, on s'aperçoit que les relations mère (et père) et enfants n'ont pas été toujours de grands moments de bonheur ! C'est vrai que l'expression "on ne choisit pas sa famille" prend ici particulièrement tout son sens. Alors, pas une larme ! oui, je le comprends bien et l'admets. Moi je dis "bravo" pour avoir partagé cette tranche de vie, je crois que je ne l'oserais pas. Se livrer n'est pas facile du tout. Merci, en tout cas. Mireille

Ancolies

Ancolies Le 31-03-2018 à 11:46

En écrivant en 10 mns ce texte, je ne pensais guère qu'il intéresserait quelqu'un. Et voilà comment manifestement si. Stéphanie, je suis très surpris de votre réaction car je ne vois pas bien comment ce texte sans âme ni amour peut être poignant. Comme dit Hika dans le 1er commentaire, on dirait un documentaire ben disséqué sans perte de temps entre 2 informations. Merci de votre passage Stéphanie, ça va être à moi d'aller vous rendre visite. Bon we.

Evzone

Evzone Le 31-03-2018 à 8:27

Bonjour Ancolies ; je viens de répondre à l'un de vos commentaires. Je reviens sur ce texte que j'ai beaucoup apprécié. En complément de ce que je vous avais écrit le 29 mars, je tenais à vous préciser que j'ai écouté plusieurs de vos chansons et de vos refrains et lu avec attention les paroles, vos paroles, qui elles me parlent beaucoup plus ; car je suis un piètre musicien : de surcroît, (sans doute est-ce dû à l'âge?) je n'ai pas une très bonne oreille! Néanmoins, j'y reviendrai et je vous en tiendrai informé car il y a matière à réflexion. À bientôt, et très amicalement.Evzone

Stéphanie Sellier

Stéphanie Sellier Le 31-03-2018 à 7:39

Waouh! Quel texte! Je suis littéralement saisie par ce récit à la fois triste, profond et distant. L'histoire est un "gâchis " malheureux mais pas sa mise en mots littéraire, que je trouve poignante et belle. Stéphanie

Diamantina Tina R

Diamantina Tina R Le 30-03-2018 à 10:46

Salut Gilles, ton texte est très touchant. Comme tu le dis si bien quel gâchis. Je me demande si je verserai une larme à la disparition de mes parents...rien que de dire ça, ça me déprime... J'aime cette façon que tu as de t'adresser à tes lecteurs sans fioritures avec beaucoup de sincérité. Merci du partage qui fait réfléchir à l'importance de communiquer et surtout d'aimer ses proches. Notre vie d'adulte est irrémédiablement liée à notre enfance, quoi qu'on en disse ou fasse. Bonne journée et à bientôt

Jenny

Jenny Le 30-03-2018 à 0:24

Les regrets ne nous nourrissent pas, autant les évacuer. Je suis comme Einstein, je ne crois pas au hasard, il y a toujours un fil d’Ariane qui se tisse avec ceux/celles qui ont vécu des pages d’un livre commun. La douleur est une et indivisible, elle peut toutefois fondre lentement au contact du partage amical et sincère. Nougaro, je l’ai toujours aimé ; une grande sensibilité.

Ancolies

Ancolies Le 29-03-2018 à 23:26

D'Jy, merci pour l'erreur orthographique, maintenant rectifiée. Oui il m'a fallu du temps, 30 ans, pour me retourner vis-à-vis de ma mère. Je rabâche mais lorsque je constate la relation, pourtant pas toujours facile, que j'ai avec mon fils, je me dis que si j'avais aimé ma mère, mon destin aurait été tout autre. Qu'importe, les années passent et passeront et je suis toujours choqué qu'à 30, 40, 50, 60 ans, on soit toujours affectés et manipulés par les névroses de nos parents. Comme tu dis, il y a un temps pour tout, et quand on en perd trop - de temps -, on constate qu'on a vécu à côté, et fait probablement du mal à nos proches (qui ne se gênent pas non plus pour en faire autant). Bref, il y a un côté décourageant et nihiliste à tout cela. Mais à tout cela encore puisque ce n'est jamais fini tant qu'on vit, il faut tourner la page comme chantait Nougaro (Nougaronne puisque j'habite Toulouse). Les années et les épreuves passant, je crois que je me suis à la fois endurci et son contraire affectif. En fin de compte puisqu'on est malgré tout toujours là, je terminerai modestement par une de mes citations miracles : Les raisons de désespérer sont multiples, celles d'aimer innombrables. Innombrables comme les belles rencontres, par exemple de plume avec toi. Encore merci de tes riches partages.

Jenny

Jenny Le 29-03-2018 à 22:54

Il faut du temps pour se retourner quand on a passé son temps à courir pour avancer plus vite. Il y a toujours plusieurs pièces qui se jouent, celles dans lesquelles on est acteur passif ou actif, peu importe, et celles où nous découvrons des histoires qui ne sont pas les nôtres. On juge avec l’œil de l’enfant, de l’adolescent, de l’adulte et, puis, un jour de l’homme ou de la femme, débarrassé de certains affects. Il y a un temps pour tout, celui pour souffrir et celui pour dérouler l’histoire de chacun ; comprendre et refermer le livre. Quand on a trop versé de larmes, il arrive un moment où le puits est à sec. Cela ne veut pas dire que le cœur est asséché. En revanche, quand on n’a pas été habitué, on s’étonne toujours de l’amour des autres ; cela peut être source de problèmes de communication. Ce que tu n’as pas reçu, tu as voulu le donner plus/trop fort.
Je partage avec toi ce puits sec, ceux qui ne comprennent pas que cela puisse être ne peuvent s’ériger en juge. Le pire à mes yeux, ce sont ceux/celles qui jusqu’au bout se pensent/veulent blancs comme neige, et se permettent d’arracher inlassablement tout lambeau qui résisterait. Il me semble que tu as échappé à cela, c’est, l’air de rien, une lueur dans l’obscurité. Je ne l’ai pas connue. — (Error : Les années ont forcément passées/passé (comme tu le sais ;)) —   Amicalement, d’Jy

Ancolies

Ancolies Le 29-03-2018 à 21:56

Ezvone, je devrais rajouter que vous pourriez vous intéresser à mes chansons car, indépendamment de la musique, elles sont construites avant tout sur des textes importants. Que j'ai eu l'opportunité de performer sur scène avec le souffre des guitares électriques. Je vous l'assure, balancer ses textes d'amour dans ces conditions, je ne connais rien de pus intense que l'amour fou qui s'écrit au fer rouge ou encore l'ivresse de l'inspiration (quand elle est là) et de l'écriture. Bien à vous.

Ancolies

Ancolies Le 29-03-2018 à 21:43

Ezvone, merci de votre passage et partage. Oui mon père a été faible et s'est laissé faire face à ma mère, qui a réussi en moins de temps qu'il faut pour l'écrire à le brouiller avec sa propre famille. (Nous privant nous les enfants du même coup de la présence de grands parents, d'oncles, de tantes, de nombreux cousins cousines.) J'apprécie votre citation finale. Je n'ai pas été un enfant désiré ni assumé mais ça ne change rien à ma propre responsabilité vis-à-vis de moi-même. Avale, il y a ô combien bien pire. Ma mère a privé mon père et ses enfants de leur amour réel et mutuel. Elle le chassait de nos horaires de vie et nous devions nous contenter après notre dîner bien propre, douchés et peignés, d'un prompt baiser - Bonne soirée Père - avant d'aller nous coucher avec interdiction de lire avant de s'endormir ô combien frustrés. Cela m'a chassé de la maison familiale, quoique j'aimais énormément mon père mais ne pouvais comme lui le dire et le vivre. Quel gâchis. Mais comme écrit plus bas, j'ai à mon tour un fils et nous nous aimons. Ce n'est pas la même planète que celle que j'ai connue enfant. Vous voyez, je ne suis pas à plaindre. Encore merci de votre com et bonne soirée.

Ancolies

Ancolies Le 29-03-2018 à 21:16

Benabel, d'abord merci de votre lecture. Ma mère a été une étrangère. Puis l'âge venant, j'ai regretté cet état de fait et lui ai ouvert ma porte à défaut de mon cœur inutilisable. Comme j'avais été séparé d'elle pendant 30 ans, lorsque j'ai fait la démarche de reprendre contact, je n'avais guère plus de sentiments à son égard, mais la relation a été alors d'adulte à adulte (contrairement à mes frères et sœurs qui n'avaient jamais coupé le lien). Après je me suis contenté de lui parler d'elle, et personne n'avait manifestement eu ce geste à son égard. D'où sa gratitude . C'était pourtant si simple. Comme ça l'est avec les autres en général. Mais effectivement et sans doute malheureusement, je n'ai pas versé une larme ni été ému de quelque façon. Quand je vois la relation qui nous unit mon fils de 20 ans et moi, j'ai bien la conscience d'avoir été privé de quelque chose d'impérieusement supérieure. Mais c'est ainsi. J'ai fait du mieux que j'ai pu, mais je n'ai jamais été ému. J'ai juste fait mon devoir par rapport à un être perdu. A bientôt David.

Evzone

Evzone Le 29-03-2018 à 20:57

Bonsoir,Ancolies. Je devrais vous commenter plus souvent même si je découvre un peu vos écrits à dose homéopathique car je ne suis pas un très grand fervent de chansons et de slam. Et pourtant derrière vos écrits se cachent beaucoup de profondeur et de non-dits. Je m'en aperçois encore aujourd'hui en lisant cette tranche de vie. Il faut du courage pour avoir dû affronter les difficultés que vous avez connues en particulier par le manque d'affection venant de celle qui en général est prête à tout donner pour ses enfants. Je n'envie pas votre jeunesse (d'autant plus que votre père a été pour d'autres raisons pratiquement absent lui aussi). Je vais vous faire une confidence : la mienne n'a pas été de tout repos également. Même si les circonstances ont été moins dramatiques et traumatisantes que celles que vous avez vécues, elle m'a laissé de profondes cicatrices . On ne choisit pas sa famille ; l'enfant devenu adulte n'oublie jamais ce qu'il a vécu lorsqu'il était jeune. Il est marqué à vie. Mais s'il parvient, et c'est sans doute votre cas, à surmonter toutes les épreuves passées, présentes et à venir, alors la force de caractère et la volonté lui permettront sans doute d'être un homme accompli. Ne pas avoir à verser une larme ne signifie pas pour autant ne pas éprouver de chagrin, au contraire.
Robert Sabatier écrivait : « L’homme naît le plus souvent d’une erreur dont le destin fera une vérité. »
Bonne soirée, Evzone

Benadel

Benadel Le 29-03-2018 à 18:23

Merci Ancolies d’avoir eu le courage de partager avec nous une vie dont le destin n’a pas été un festin que l’on croque à pleines dents. Malgré ce que vous avez vécu, vous avez eu cette étincelle de paix qui illuminait la maison maternelle. Ah, si cette étincelle pouvait également jaillir des esprits va-t-en-guerre, la paix régnerait sur la terre. Et si chacun d’entre nous éclairait sa vie de la sorte bien des existences seraient accortes. Si votre mère vous ne l’avez pas aimée, si à sa mort aucune de vos larmes n’a été versée, d’avoir été près d’elle, et de l’avoir soutenue est une marque d’amour, on ne peut plus bienvenue et belle. Amicalement. David

Ancolies

Ancolies Le 29-03-2018 à 9:18

Vous avez raison Hika, je n'ai pas pardonné à ma mère qui a tué mon père et traumatisé ses 5 enfants. Peut-être suis je trop dur, ou encore trop jeune. Quand je compare mes relations avec elle et celles que j'ai avec mon fils, ce n'est pas la même planète. Mais mon chemin est fait et je dirais que je m'en fous de ce qui s'est passé avec elle ou plus tard. Il y a longtemps que je suis le seul responsable de moi-même. Et cette vie que je mène, c'est à moi que je la dois. Détrompez-vous, j'apprécie votre commentaire, qui me donne à réfléchir. Et si je lui pardonne, me pardonnerais-je du même coup ? Comme un documentaire écrivez-vous. Vous avez raison, je n'ai pas eu un gramme d'amour pour cette personne. Dommage bien sûr. Bien à vous aussi, merci de m'avoir lu.

Hika

Hika Le 29-03-2018 à 0:55

Grandir sans aimer sa mère. le dire, l'écrire , comme on fait d'un documentaire , je connais assez, jusqu'à la réversibilité. et l'amour de ses géniteurs. C'est moi qui réagis la première à cet écrit très dense et cette "tranche de vie". et suis presque sûre qu'à vos yeux, c'est moi qui projette. Je sais juste qu'il faut du temps pour sentir et voir autrement géniteurs et parents imparfaits. Même soi, pour rendre hommage à tous, mêhe à soi. C'est la route, c'est le chemin qui compte. en tout cas, c'est ce que je me dis. Je doute que vous appréciiez mon commentaire. Bien à vous en tout cas. Hika