Connexion :

Les délateurs - Commentaires

Navigation : > Les délateurs > Voir les commentaires
Ancolies

Ancolies Le 15-04-2026 à 14:23

Bonjour Albert. Comme je le dis à Abdellah, je pense que la délation a toujours existé, parfois favorisée par un système politique et social. L'envie et la jalousie sont malheureusement si répandues. La détestation, la haine aussi. La majorité du monde n'est pas très jolie à voir. Dans ce texte j'ai posé des dénonciations loufoques, absurdes, mais le fond reste vrai. Comme encore je e dis à Abdellah c'est tout simplement débectant. A travers l'humour je tente de voir le verre à moitié plein plutôt que l'inverse mais ce n'est pas un hasard si depuis de longues années je me suis réfugié dans la solitude, même si j'admets volontiers que ce n'est pas la plus accomplie des postures. Mais ainsi j'échappe pas mal à la petitesse qui tant nous gouverne. Bien amicalement.

Abdellah

Abdellah Le 15-04-2026 à 12:15

Merci pour votre retour. Je comprends tout à fait votre point de vue. De mon côté, je n’ai pas souhaité entrer dans des exemples précis, même si j’aurais pu en évoquer, notamment à travers les récits transmis par ma grand-mère durant la guerre de libération en Algérie, ou encore à partir d’expériences plus proches liées à la décennie noire. Ces réalités existent, et elles traversent les époques sous différentes formes. Peut-être que cela tient simplement à notre nature humaine, avec ses parts d’ombre et de lumière. Quant à la notion de “saints”, elle me semble en effet rare. Elle apparaît parfois avec le temps, lorsque l’expérience apaise certains élans, non pas par absence de tentation, mais peut-être par une forme de recul ou de lucidité. Bien à vous. Abdellah

Albert B

Albert B Le 15-04-2026 à 10:30

Ancolies, votre texte est une satire très efficace et assez mordante de la dérive bureaucratique et morale que peut engendrer une société obsédée par la dénonciation. Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est le procédé de répétition des accusations rocambolesques au début, qui crée un effet de saturation et d’absurde presque comique, comme si la parole publique devenait un flot incontrôlable où tout et n’importe quoi peut être dénoncé sans hiérarchie ni bon sens. On sent aussi une montée progressive vers quelque chose de plus grave, avec l’intervention de la police et la traque du député, ce qui donne au récit une structure presque cinématographique, en escalade continue. Le personnage de l’adjudant-chef est bien trouvé, il apporte une énergie brute, une exaspération crédible qui sert de moteur narratif, tandis que le député lui-même apparaît d’abord comme une énigme presque vide, ce qui est intéressant symboliquement car cela suggère que le système peut être déclenché par quelqu’un de presque invisible ou insignifiant. La chute est particulièrement réussie car elle inverse la logique initiale en montrant que même sans loi, la délation continue par habitude, comme un réflexe social devenu autonome, et cela donne une dimension plus sombre à cet humour grinçant, presque pessimiste sur la nature humaine et sociale. On pourrait dire que votre texte fonctionne comme une fable moderne sur la contagion du soupçon et la perte du sens commun, avec un humour noir constant qui rend le propos à la fois drôle et inquiétant. Bien amicalement, Albert.

Ancolies

Ancolies Le 15-04-2026 à 3:37

Bonsoir Abdellah. Vous avez peut-être entendu ce genre d'histoires plus jeune mais je crains qu'elles n'aient été et soient toujours d'actualité. Pardon pour la trivialité mais ce monde regorge de jaloux et d'envieux. Oui cette mécanique existe bel et bien, sans avoir besoin d'être comme dans ce texte encouragée. Si je ne prends qu'un exemple, ce sera celui de la France occupée avec les dénonciations qui arrivaient à la pelle au commissariat ou à la kommandantur. Et je trouve cela parfaitement débectant. Depuis ma plus tendre enfance la bassesse de la nature humaine m'aura fait souffrir mille maux et morts. Heureusement avec l'âge on parvient à dissocier et comprendre que sa tâche est de réaliser son propre travail quel que soit l'environnement. Il me semble que c'est l'unique planche de salut. Et comme je crois vous l'avoir déjà dit se défendre des dites bassesses par la solitude, à moins bien entendu de parvenir à créer autour de soi un environnement parfaitement sain et amical. Bien à vous.

Abdellah

Abdellah Le 14-04-2026 à 22:58

Bonsoir, Ce texte m’a fait penser à certaines histoires entendues plus jeunes, où, dans des contextes tendus, la parole pouvait vite devenir une arme. Entre rumeurs, intérêts personnels et règlements de comptes, la frontière n’est jamais très claire. Sans aller aussi loin que la fiction, on sent que ce type de mécanique peut parfois exister, sous différentes formes. Merci pour ce partage qui amène à y réfléchir. Amicalement. Abdell