Connexion :

Finalement - Commentaires

Navigation : > Finalement > Voir les commentaires
Ancolies

Ancolies Le 15-01-2026 à 16:52

Merci Albert pour votre regard sur ce texte, regard qui me paraît très juste et pertinent. En m'interrogeant moi-même j'invite le lecteur à faire de même, mais le fait-il, je ne sais. Ma grande question est, amour filial mis à part : savons-nous réellement aimer ou nous berçons-nous dans l'illusion ? Prenons-nous sans en fait réellement donner ? Bien sûr nombre savent effectivement aimer et donner mais est-ce la majorité ? Ne sommes-nous pas très nombreux à pratiquer cet amour égoïste que j'évoque, voire un amour-béquille car seuls nous sommes perdus. A mon âge avancé comme dit le texte, je suis au moins certain de croire à la tendresse, mais de plus en plus dubitatif sur ce que nous croyons, depuis que la poésie existe, être l'amour. Ce que vous appelez fort justement la responsabilité, l'écoute, le renoncement. L'église catholique sans cesse appelle à ce renoncement à soi-même. Comment demeurer fidèle à soi-même, ce qui me paraît une véritable nécessité, en renonçant à soi-même, je trouve que c'est un sujet bien mystérieux. Merci de votre lecture. Amicalement.

Albert B

Albert B Le 15-01-2026 à 13:24

Ancolies, votre texte est une longue mise à nu, sans fard ni posture. Vous ne cherchez ni à séduire ni à conclure : vous interrogez, et cette interrogation devient la matière même du texte. L’amour y apparaît non comme une certitude acquise, mais comme une zone de doute, de tâtonnement, parfois d’inconfort, et c’est précisément cela qui le rend vrai. Vous osez dire l’écart entre les mots que l’on prononce et ce qu’ils engagent réellement, entre la bienveillance facile et le don qui coûte. Ce qui frappe, c’est votre lucidité sans complaisance : vous ne vous absolvez pas, mais vous ne vous condamnez pas non plus. Vous observez vos limites, vos élans, vos contradictions avec une honnêteté presque désarmante. L’amour filial apparaît comme un repère solide, évident, tandis que l’amour des autres demeure une question ouverte, jamais résolue, toujours recommencée, et cette tension traverse tout le texte et lui donne sa profondeur. Votre écriture avance par détours, images, aveux parfois abrupts, mais elle reste portée par une même exigence : comprendre ce que « aimer » veut réellement dire lorsqu’il ne s’agit plus de poésie, mais de responsabilité, d’écoute, de renoncement possible. En refusant les réponses simples, vous offrez un texte profondément humain, qui parle à chacun parce qu’il n’érige aucune leçon ; vous ne prétendez pas savoir aimer mieux que les autres, vous montrez simplement combien la question demeure, et combien la poser avec sincérité est déjà une forme de vérité. Bien à vous, Albert.

Abdellah

Abdellah Le 14-01-2026 à 12:44

Bonjour Ancolies, Vous n’êtes pas seul. D’autres continuent aussi à parler franc, même s’ils sont rares et parfois invisibles. L’essentiel est peut-être là : rester authentique, fidèle à son essence, éveillé. Garder la posture du veilleur, non par supériorité, mais par responsabilité. Le reste ne nous appartient pas. Amicalement, Abdellah

Ancolies

Ancolies Le 13-01-2026 à 20:24

Bonsoir Abdellah. Les échanges avec vous sont toujours francs, qualité non négligeable en ce monde de faux-semblants. Franc je le suis toujours mais ne rencontre guère beaucoup d'interlocuteurs. Depuis 50 ans je lance des pavés dans la mare, mais la mare s'en fout, ne déborde même pas, n'en a même pas marre, jamais ne se marre. Qu'importe je persévère, je crois que je ne sais faire autre chose, syndrome probablement névrotique. Amicalement.

Abdellah

Abdellah Le 13-01-2026 à 2:37

Bonsoir Ancolies, Je crois que votre texte dit déjà exactement ce que vous décrivez ici : une introspection ouverte, sans posture, sans leçon. Que certains lecteurs le prennent au pied de la lettre n’enlève rien à cela. Le doute, quand il est sincère, ne cherche pas toujours une réponse immédiate chez l’autre . Il circule, parfois en silence, parfois plus tard. Et c’est peut-être ainsi qu’il agit le plus justement. Merci pour cet échange franc. Amicalement Abdellah

Ancolies

Ancolies Le 13-01-2026 à 1:38

Bonsoir Abdellah. Dans ce texte comme bien d'autres, je me remets en premier lieu en question. Tout ce que je dis est juste : ai-je été finalement amoureux de la personne qu'était fondamentalement cette femme ou bien simplement de sa beauté - je suis un inconditionnel de la beauté des femmes. Quels étaient mes sentiments réels ? Ai-je, mon fils mis à part, réellement des sentiments pour les autres, au-delà d'une banale empathie ? Toute ma vie amoureuse n'a t'elle en réalité été qu'illusion ? Égoïsme ? Et est-ce que mon texte parvient à amener les autres à s'interroger sur eux-mêmes, leur réalité, leur parcours ? En fait je ne pense pas, les lecteurs prennent ce texte juste au pied de ma lettre. Il faudrait que je termine par un "Et vous, qu'avez-vous dans votre caddie ?". Mais, même si je le fais souvent quand même, je ne peux ni ne veux me placer en position de donneur de leçons. Aussi je fais de l'introspection ouverte, tout en trouvant qu'il est très impudique de parler de moi. Mais le mensonge du monde me heurte tellement, je ne puis me taire et m'exprime comme je peux. Je vous remercie de m'avoir lu et vous souhaite une bonne semaine.

Abdellah

Abdellah Le 13-01-2026 à 0:30

Bonsoir Ancolies, Ce texte frappe par sa lucidité désarmante. Il ne cherche ni à séduire ni à se racheter, mais à regarder en face une contradiction intime : aimer, donner, se dire bienveillant, tout en protégeant jalousement sa liberté intérieure. Le doute n’est pas un effet de style ici, c’est le véritable moteur de l’écriture. On sent une parole qui s’examine sans complaisance, qui interroge la valeur du don lorsqu’il ne coûte rien, et qui préfère l’honnêteté du questionnement aux réponses rassurantes. L’amour apparaît moins comme une relation que comme une idée, un élan intérieur parfois suffisant à lui seul, et cette position est assumée, puis immédiatement remise en cause. La présence du fils, seule certitude indiscutable, agit comme un point d’ancrage silencieux au milieu de cette réflexion. La fin, centrée sur l’écoute plutôt que sur le don héroïque, laisse une impression juste : aimer n’est peut-être pas tout donner, mais être réellement là. Amicalement Abdellah