Damy Cantarrieu Le 02-09-2026 à 16:55
Bonjour Paulette, Merci infiniment de m’avoir invité à regarder le chef-d’œuvre cinématographique d’Anne Fontaine « Boléro », un éclairage inspiré de la vie de Maurice Ravel dans ses rapports à la musique, aux femmes, à l’amour, à la notoriété… Je m’y retrouve. J’ai peur que la sensualité, l’érotisme, l’élégance, meurent sous la vulgarité de la pudibonderie et de la censure galopantes en ce XXI° siècle devant maîtriser les insanités diffusées dans les « réseaux sociaux ». J’ai peur que les rapports femmes/hommes ne soient plus que conflictuels et ne se traduisent plus que dans les tribunaux. En tant qu’homme, il faut que je fasse attention aujourd’hui à mes paroles, à mes gestes, à mes regards. Dire à une femme « Vous êtes belle » est devenu pour nombre d’entre elles une offense machiste. Nous ne sommes hélas plus dans les années trente où la joie, la gaieté, régnaient dans les maisons closes. J’ai l’âge d’avoir eu vingt ans dans les années soixante-dix de la liberté sexuelle, de la liberté des mœurs, de la révolte contre l’ordre établi. Deux époques propices à une créativité musicale hors normes. Ravel m’apparaît étrangement dans ce film comme un révolutionnaire frustré, malgré tous ses succès musicaux et féminins . D’où lui vient ce fétichisme pour les gants de satin et les souliers vernis, symboles du raffinement nécessaire à l’expression artistique, qu’il fuit sans cesse, semble-t-il, ou qu’il n’ose enfiler ? J’ai appris grâce au film que le rythme du « Boléro » lui avait été inspiré par sa femme de chambre, la mélodie s’en est suivie. Le bon goût traverse les classes sociales. La poésie, que je pratique avec humilité, n’est rien sans la clameur de la musique et, pour moi, le « Boléro » est un des plus beaux poèmes lyriques qu’il m’est été donné d’écouter et qu’il m’arrive d’écouter encore, les yeux fermés sur les années perdues. Serait-ce possible que les gants, les souliers, la bonne, ne soient qu’un travers imaginaire d’Anne Fontaine pour tenter finement de dévoiler la personnalité introvertie de Ravel ? C’est souvent par l’art que les personnes introverties se réalisent. Le film ne dit pas de quoi Ravel a été opéré. D’après les images floutées de la fin du film, il aurait survécu et peut-être alors aurait-il accepté de rester dans la pénombre ? Je lirai sa biographie. Avec tout mon intérêt, bien sincèrement. Damy
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Paulette Pairoy-Dupré Le 04-09-2026 à 9:55
Bonjour Damy, Merci pour ce commentaire . Je suis ravie que le film d'Anne Fontaine vous ait plu. Il est en effet très riche et très beau d'un point de vue esthétique. Il est deux autres films où ce "Boléro" est omniprésent, "Fanfare" sorti l'an passé et que vous avez sans doute vu et le film de Lelouch "Les Un et les Autres", films qui mettent en scène musiciens et danseurs. Quant à l'évolution des rapports hommes/femmes, mouvement "Mee too" et néoféminisme, la gent masculine paie l'addition du règne machiste des siècles précédents. Mais comme toujours, les grands coups de gueule finissent par se calmer. Ce sera sans doute le cas d'ici une décennie. Je vous conseille le livre du philosophe Pascal Bruckner "Le paradoxe amoureux". Vous y trouverez quelques réponses. Bonne journée ! Bien à vous, Paulette