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Abonnés absents - Commentaires

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Ancolies

Ancolies Le 14-03-2025 à 11:42

Salut D'Jenn. Toujours bon pied bonne plume je vois. Il m'étonnerait comme toi que l'au-delà répare les torts, cette dernière strophe n'est qu'un artifice d'un plumitif agnostique. La terre est un lieu de punition et d'injustice mais je crois également comme toi que la pesée se fait ici-bas, chacun être sombre ou de générosité et lumière. La différence est peut-être l'apaisement. La solitude et la paix avec soi-même sont selon certains philosophes les 2 conditions à remplir pour aborder une mort sereine. C'est ok pour moi, je coche aux 2 cases. Et je suis heureux, mon fils étant l'un de ces êtres rayonnants, cependant ses inévitables tourments. Pourquoi regretter de n'être qu'un grain de sable invisible ? Pour vivre heureux vivons anonyme. Avec ce poème j'aborde toujours les mêmes sujets, me répétant à l'envie sur l'incommunication, l'indifférence, l'égoïsme, la surdité, la solitude qui en découle,... Ô oui ils sont nombreux aux abonnés absents. Si tu veux une relation fraternelle ici-bas, à toi de prendre ton tel et de l'entretenir, c'est comme ça. Si tu ne le fais pas, elle fond comme neige au soleil. Oui, si je ne prends pas mon tel, c'est sans doute une vingtaine ou une trentaine de personnes (qui m'aiment bien) qui disparaissent de mon existence, accaparées qu'elles sont par les occupations et difficultés à chaque jour réaliser pour construire et conserver leur zone de confort. En fait vivre seul te laisse beaucoup plus de temps et donc de latitude pour faire ces gestes qui échappent aux autres. La vieillesse est un drôle de phénomène : t'arrives (peut-être) à être à peu près ok dans ta tête, alors que ton corps part en vrille et que ton agenda est surtout empli de rv médicaux, d'un spécialiste à un autre. J'ai choisi mon camp, banni autant que faire ce peut les praticiens pour choisir de belles et compétentes praticiennes, ce qui t'allège (m'allège) le parcours de soins. Merci de m'avoir lu et content d'avoir eu de tes nouvelles. A bientôt D'Jenn.

Jenny

Jenny Le 13-03-2025 à 20:21

Salut Ancolies, j'en vois tant de gens inscrits aux abonnés absents, condamnés à un jour sans fin, regrettant de n'être qu'un grain de sable invisible sur cette planète. Devoir composer avec ces silences et sentiments pesants. La vie est étrange, elle se déroule sous nos yeux sans nous donner le choix des images et des émotions qu'on ne réussit pas à expirer comme ces nuages de fumée qui permettent de brouiller l'amertume. Chasser la fumée, faire semblant d'être plus fort ou se résigner ? Vieillir n'est pas un cadeau de Dieu dans la mesure où Dieu en ferait... ! Porter sa croix sur son chemin de solitude me semble bien ressembler à cet enfer promis à certains alors même que je le vois réservé à la plupart. Est-ce que l'au-delà redressera tous les torts... ? je ne le crois pas, ce serait trop simple et je n'y tiens pas. J'aime la pesée juste et je veux croire à l'existence de cette balance non divine mais morale. Courage à toi sur ton propre chemin. D'Jenny

Ancolies

Ancolies Le 09-03-2025 à 18:42

Bonjour Deo, Ted, Fée Brille, ne m'en voulez-pas pour cette réponse groupée mais je ne ferais que me répéter. Oui c'est un poème bien pessimiste sur ce et ceux qui nous entourent ou plutôt nous détourent. Non sans peine celle-ci s'habitue à la solitude mais ne pouvoir partager sa joie pour une fois qu'on en reçoit ! Nous sommes si nombreux en ce cas et pourtant nous ne parvevons pas à nous rejoindre. Comme Deo la solitude est à la fois ma meilleure amie et ennemie. Comme elle est là j'ai tenté d'en faire un art suprême mais ce n'est que de la littérature. Qu'on se le dise : la réponse est l'instant et normalement sauf drame, il n'en est nul d'insurmontable. Mais le vide rôde toujours, la vacuité... entraînant la tentation du découragement et c'est un combat de tous les instants justement de ne pas laisser tomber et renoncer. Celui qui succomberait, il en serait alors fini de lui. Quant à la dernière strophe, c'est autant un artifice de la plume qu'une question sans - pour moi et manifestement Fée Brille - réponse. En avant-première le titre du nouveau livre sur lequel je travaille : "D'amour inachevés"... comme une éternelle impossibilité. Merci à tous les 3 de vos lectures et avis.

Manore

Manore Le 09-03-2025 à 18:15

Waw très prenant, c'est profond! Aussi soit court un tel récit en dévoile autant qu'un roman. Ici, l'amour s'éteint jusqu'à rencontrer celui du saint... Enfin peut-être car qui sait ce qu'il y aura après? Des lauriers? Dieu qui retranche son jugement dernier? Où le vaste univers du commun des mortels aussi noir et sombre que la par dessus la voute du firmament? On verra bien se qui ce cache derrière tout ça. L'amour exploré à maintes reprises est signe de désillusion, d'une quête inachevée, incomplète. Dieu saura certainement répandre mieux son amour (invisible soit-il) que ceux des gens qui nous entourent?

Ted

Ted Le 09-03-2025 à 10:19

Bonjour Ancolies, Cette solitude que vous décrivez, ce poids des sentiments qui n’ont plus d’écho, je crois que beaucoup peuvent s’y reconnaître. Mais même quand on pense que personne n’est là pour recevoir notre amour ou notre joie, il y a peut-être des âmes silencieuses qui en ont besoin sans savoir comment le dire... Amicalement Ted

Deogratias

Deogratias Le 09-03-2025 à 7:31

Bonjour Ancolies, voilà une poésie à votre image. Touchante, réaliste et jolie. Je connais bien ce que vous racontez là. Tant de personnes le connaissent. Dans ce monde individualiste où chaque être humain est davantage considéré sous l'angle de l'acheteur consommateur plutôt que comme un être à aimer, une âme à rencontrer, une étoile...Alors forcément, le sentiment de solitude éteint le coeur. On n'ose plus aimer, on n'a plus personne à qui raconter ses joies et ses peines, ses élans, ses désirs, son passé, ses doutes, ses questions, ses projets, ses envies, ses manques...N'empêche, malgré tous nos efforts, comme par habitude du rejet ou de la solitude, loin d'éteindre en nous tous nos sentiments, nous les gardons en nous. Ce n'est pas pareil. Les garder en soi, c'est un peu s'anesthésier soi même. On croit qu'on devient indifférent mais c'est bien tout le contraire. Il suffit parfois d'un évènement, oh pas grand chose, pour que, à notre grande surrprise cette partie en nous qu'on croyait morte ou ensevelie sous les décombres de l'oubli, ressorte...une injustice par exemple, un regard tendre, un sourire d'enfant, une conversation imprévue...Vous, vous avez l'écriture, le dessin, la chanson. Vous êtes un faux indifférent. Loin de l'être, vous mettez en mots ce qui vous habite. Et vous faites cela très bien. L'art vous sauve. La solitude est bonne quand on peut la couper. Tout est là. Dès qu'on ne parvient plus à en sortir, elle devient lourde, elle enferme tant qu'on ne désire même plus en sortir. C'est une prison qui anesthésie l'âme...Mais qui ne peut la rendre indifférente. Ce serait sa mort. Simplement, dans la solitude, on fait comme on peut...J'aime beaucoup la 9ème béatitude que vous venez de créer : "Heureux les malheureux dans le giron de Dieu". Vous n'imaginez pas à quel point c'est vrai. ...L'absence de l'autre, c'est quelque chose de si difficile à vivre. De surcroît, la solitude est pour beaucoup une expérience toujours douloureuse. Très subjective aussi. Par exemple, j'ai une amie qui me dit parfois : "Je me sens seule"...et puis on parle, on parle et je me rends compte que sa solitude à elle est composée d'une vingtaine d'amis, qu'elle n'est jamais seule plus de deux jours d'affilée...Et pourtant, elle ose dire : "Je suis bien seule". D'autres par contre, vous raconte combien ils sont occupés, combien ils aiment marcher,cuisiner...Vous grattez un peu le discours, et vous vous rendez compte qu'il n'y a jamais personne pour les visiter, venir déjeuner avec eux, jamais personne avec qui marcher justement...Seuls. Absolument. Pourtant, le vécu subjectif est très différent. Quelquefois j'ai envie de dire à ceux qui se plaignent de la solitude : "Vous ne savez pas de quoi vous parlez". Mais ce serait faire erreur. C'est un vécu très subjectif. Il y a cependant de réelles solitudes, objectivables, factuelles. Et vous en faites partie. Sans compter la dépression, les divisions familiales, la maladie, le handicap : tout cela consitue un terrain propice à la solitude. Voyez vous mon ami quand on est autiste, on chérit la solitude. ELle est à la fois ma plus grande amie depuis toujours et ma plus grande ennemie. Je l'aime parce que, en elle, je me nourris de quelque chose d'unique : non pas ma propre personne mais elle ouvre à la méditation, à la créativité, à la poésie. Quand je rencontre une personne une heure, surtout une inconnue, après j'ai besoin d'une heure de solitude. Je suis ainsi faite que toute rencontre nécessite ensuite une solitude. Je n'éprouve pas le besoin de beaucoup de monde autour de moi. Bien au contraire. Mais ce qui est cruelle c'est d'être entourée et de se sentir toujours aussi seule, tant la rencontre avec l'aute est une chose parfois difficile : les centres d'intérêts, les conversations, les goûts, les vies, les préoccupations. Ce que j'aime, c'est rencontrer l'autre seul à seule et parler au niveau du coeur. Là, c'est intéressant. ...et ensuite, je me "récupère" dans le silence et la solitude habitée. ...Tous mes élans d'amour dont personne ne veut je les place dans l'écriture, dans la prière aussi : j'allume une bougie, je parle "dans le giron de Dieu" : de tout, de rien, des autres...de mes espoirs, de mes chagrins...Je vous dépose dans ce giron de Dieu. Le ciel, avant d'être un "redresseur de torts" est davantage une rencontre d'amour où nous ne serons plus jamais seul puisque dans l'amour. C'est dans ce giron d'amour que je vous dépose. ...Bon Dimanche à vous. Sylvie.