Jusqu'à 44 ans je peignais, essayant sans le savoir, d'exprimer par les formes et les couleurs ce que je refusais aux mots de dire.
Et puis un jour, à la faveur défavorable d'un grand désarroi intérieur, les mots se sont évadés de moi, presque à mon insu, me sortant peu à peu avec eux de mes prisons intérieures.
Tout devenait plus direct, plus immédiat, plus précis que les traces laissées par mes pinceaux sur les toiles me révélant à moi même, comme un monde nouveau dans lequel j'aurais toujours vécu en ignorant son existence même.
Alors j'ai regardé les tableaux que j'avais produits et m'y sont apparus des mots qui maintenant semblaient vouloir crier.