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Un an - Commentaires

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Deogratias

Deogratias Le 08-11-2025 à 22:44

Bonjour Mégalac, je suis bien d'accord avec vous. Le deuil n'est pas une dépression pas plus que la tristesse. De nos jours, on pathologise un peu trop nos émotions dès qu'elles durent un peu plus longtemps que ce que l'on appelle "la norme". A bientôt. Sylvie.

Mégalac

Mégalac Le 08-11-2025 à 19:13

Bonjour Deogracias. Je suis aussi très interrogatif sur cette formule : "il faut faire son deuil" . Je réfute l'idée que pour aller bien, il faut oublier son chagrin, son amour, l'autre. Il y a comme une injonction dans cette formule. Nous avons droit à un laps de temps pour dévier, ensuite faudra revenir sur la ligne, sinon...?   Mais c'est justement ces moments qui nous permettent de mesurer le poids de la vie, de l'amour, de l'amitié, du partage interrompu. Le deuil n'est pas une dépression. C'est une autre dimension de l'amour. Gilles.

Deogratias

Deogratias Le 08-11-2025 à 5:44

Bonjour Ted (like ?), oui, j'ai écrit ce texte suite à un dialogue avec une psychiatre, compétente, mais bien jeune. ...Ce qui, malgré ses compétences certaines, manque aussi d'expériences...Je pense qu'il y a des deuils à durée bien plus longues...ou plus brèves...Or, elle m'annonçait cela comme une vérité absolue. Je n'ai rien dit sur le moment. Mais il y a une chose dont je suis sûre : c'est que "Un" an ne peut pas être une règle générale, pour tout dire, je pense que le deuil est sans mesure possible. Car il touche à l'amour. L'un comme l'autre sont dépourvus de curseur. Ou bien ils ne sont plus ni la mort, ni l'amour...Elle m'a dit aussi: "Tout amour meurt un jour". En parlant du deuil d'un conjoint ou d'une épouse. Sur le moment, je n'ai rien dit non plus. Puis, après réflexion, j'ai pensé : Non, l'Amour ne meurt pas. Ce qui meurt : c'est la personne. Mais non pas l'Amour. C'est même la seule chose qu'on emporte avec soi et qu'on laisse à ceux qui restent...Je n'avais pas le temps avec elle de prendre le temps de parler de tout cela plus en profondeur. D'ailleurs, j'ai arrêté de la voir. A présent, je ne veux plus en voir des psys. J'ai fait le tour. ...Votre fils est vivant autrement. Ce n'est pas parce qu'ils sont invisibles qu'ils ne sont pas là nos chers défunts. ...Evidemment, cela nécessite la foi...Oui, la perte est une réalité bien vivante avec ses pics de détresse et ses calmes plats. C'est une histoire propre à chacun. Quand je dis : "La personne meurt" cela veut dire : "Elle est passée (pâques = passage) de l'autre côté". Quand je dis : "Deuil" cela veut dire : "Vivre avec au fond de soi", cela veut dire : "Vivre avec" et non "enterrer"... Les mots que nous employons sont souvent tronqués : ils ne disent pas bien ou mal ou de manière incomplète les réalités qu'ils cachent. Ces mots là : deuil, mort, mourir, vivre, touchent tous à la métaphysique. Au sens de l'existence. C'est pourquoi ils ne peuvent nous satisfaire. Quand je dis "enterrer", je veux dire : "encieler" : L'âme au ciel...Dans ma foi, on pense qu'à la mort, le corps va à la terre mais que l'âme monte au ciel...Puis, à la fin des temps, dans le crédo, nous disons : "Je crois à la résurrection de la chair"...Chacun a une vision du Divin et de ce qui se passe à la mort qui varie selon les traditions. Mais un point commun cependant : rien ne "meurt" vraiment. Loin de là...Je ne peux vous souhaitez qu'une chose : c'est de continuer à "vivre avec" votre petit, plutôt qu'à en faire le "deuil". Comme moi même, je vis désormais, bien plus avec ceux qui m'ont quittée qu'avec ceux qui sont là, bien moins nombreux maintenant...Vivons avec eux au fond de nous comme une source chaude alimente toute vie souterraine et fait éclore les fleurs au printemps. Cette vie intérieure peuplée de nos amis enciélés est une des plus jolies part de nous mêmes. La Vie donne la Vie. C'est la Vie à l'Envers (voir mon texte qui a ce titre)...Bonne journée Ted.

Ted

Ted Le 07-11-2025 à 22:12

Bonsoir Sylvie, votre texte m'a pris au cœur, cette phrase répétée, "un an" sonne comme une mesure, un pouls qui hésite. Vous décrivez le deuil comme un paysage dépeuplé où tout fait défaut : c'est à la fois beau et déchirant. Car je vis moi-même "l'après" de mon fils et j'ai retrouvé dans vos lignes ce mélange de rage et de tendresse qui rend la perte si vivante. Je n'aime pas utiliser le mot deuil. Je ne sais pas bien ce qu'il veut dire et encore moins lui attribuer une durée ! Amicalement Ted

Deogratias

Deogratias Le 07-11-2025 à 14:51

Bonjour Albert, oui, je suis d'accord avec vous. C'est un texte fort qui ne se voile pas la face et me confronté à mes douleurs...merci pour votre retour qui m'encourage toujours. Sylvie

Albert B

Albert B Le 07-11-2025 à 12:24

Sylvie, tout dans votre texte respire l’absence, le silence, la perte, et c’est ce qui le rend si émouvant. On ressent votre colère, votre épuisement, mais aussi une forme de lucidité : personne ne sait vraiment comment continuer après une perte. C’est un texte fort, sincère et profondément touchant. Bien à vous, Albert.

Deogratias

Deogratias Le 05-11-2025 à 16:36

Bonjour David, merci pour votre lecture. Oui, j'ai voulu dire ici quelque chose qui me touchait : A savoir que donner à l'avance le temps nécessaire "pour faire son deuil" selon la psychiatrie me semblait une pure idéologie, une pure hypothèse, rien de bien sûr...Chacun son chemin. Il me semble que dire d'une façon péremptoire, que cela ne doit pas excéder "un an" me semble une sottise...Même si le deuil ne doit pas nous enfoncer dans le pathologique, pour des années, on ne saurait, selon moi, déterminer avec exactitude le temps qu'il faut, et ce, quelque soit le motif de ce deuil. Surtout pour un être cher. J'ai dû me séparer de mon chien n'arrivant plus à satisfaire à ses besoins, c'est aussi un deuil...Mais perdre une amie, bientôt, me demandera aussi un certain temps. Temps que j'ignore...A bientôt. Sylvie.

Benadel

Benadel Le 05-11-2025 à 12:35

Oui, chère Sylvie, chacun fait son deuil bon an, mal an. Que ce soit d’un amour atrophié par les sentiments dépérissants, que ce soit d’une variété de plaisirs, et que ce soit comme l’écrivez de manière appropriée, des vicissitudes de l’existence de Dame Nature ou de ce qui l’homme structure. Toutefois, la faculté est donnée à l’humain de se prendre en main pour cheminer sur un autre sentier, là où l’on rencontre l’amitié des choses de la vie. Mes amitiés. David