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Les Raisins de la Colère - Commentaires

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Albert B

Albert B Le 01-05-2026 à 11:45

Bonjour Donald, je vous remercie pour votre message particulièrement riche et pour ce souvenir que vous partagez avec autant de précision. Il est toujours frappant de voir comment cette œuvre peut marquer durablement un parcours scolaire et rester associée à une expérience vécue, bien au-delà du simple cadre d’un programme. Votre récit montre bien ce que le cinéma peut provoquer lorsqu’il vient donner des images et une chair à ce qui, au départ, n’était qu’un chapitre étudié en classe. Je trouve très intéressant ce que vous décrivez sur la réception du film par des élèves aux profils différents, parfois éloignés de ce type d’œuvre, et pourtant rassemblés, le temps d’une projection, par la force de la narration et des personnages. Henry Fonda, la mise en scène de John Ford, le contexte historique de la Grande Dépression… tout cela prend effectivement une dimension très concrète à l’écran. Votre remarque sur le contexte politique et social que vous évoquez ensuite apporte aussi une lecture plus large, en montrant comment une œuvre artistique peut résonner différemment selon les époques et les expériences personnelles. Je vous remercie sincèrement pour ce retour très complet et pour votre lecture attentive du texte. Mes Amitiés, Albert.

Donald Ghautier

Donald Ghautier Le 30-04-2026 à 10:38

Bonjour Albert, je me souviens de mes études au lycée où nous étudions en cours d’anglais le roman de John Steinbeck ; un professeur décida alors d’emmener les élèves de ma classe dans un cinéma d’art et d’essais pour voir l’adaptation cinématographique de ce chef d’œuvre de la littérature américaine. Le programme de ma classe de terminale – nous étions en section scientifique, donc pour certains d’entre nous et pas les meilleurs élèves de la classe, l’anglais restait une matière mineure même si elle avait un coefficient au baccalauréat plus fort que celui de la philosophie ou de l’histoire / géographie voire des sciences naturelles – traitait exclusivement des Etats-Unis d’Amérique, à travers l’art, la politique, l’histoire, j’en passe et des plus approfondies. C’était génial. Le film a démarré et tout le monde est rentré dedans, même les plus réfractaires à ce type de séance. Le visage d’Henry Fonda a marqué les esprits, la force de la narration, de la mise en scène, des événements tout simplement, ces éléments ont mis des images sur ce qui n’était jusqu’alors qu’un morceau de programme d’une matière littéraire perdu dans l’immensité des mathématiques et de la physique qui monopolisaient d’ordinaire notre attention d’apprentis bacheliers. Pendant le temps d’un film, le cerveau d’adolescents, certains mal dégrossis, s’est intéressé à une histoire lointaine, cette crise de 1929 aux Etats Unis, le pays le plus riche et le plus puissant du monde même à l’époque en 1983. Nous vivions dans l’Etat Providence à la française alors que déjà Ronald Reagan avait détruit celui de millions d’Américains, que Margaret Thatcher en faisait de même au Royaume Uni et que des personnalités politiques en France le remettaient en cause. Alors, voir ce qu’une telle crise impliquait pour la vie des gens, c’était un choc salutaire, l’état providence américain ayant été créé par Franklin Delano Roosevelt à la suite de cette Grande Dépression. Bref, nous n’étions pas dans un lycée de socialo-communistes comme aime à le qualifier une grosse dame blonde mais de ce film nous avons compris beaucoup de choses. Et l’analyse que vous en donnez va dans ce sens. Merci pour le partage et pour cette critique une fois de plus très bien écrite. Amitiés. Donald.