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Quand le requin dort. - Chronique

Chronique "Quand le requin dort." est une chronique littéraire mise en ligne par "npai".. Vous aussi, n'hésitez pas à proposer vos chroniques littéraires sur l'une de vos lectures.

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Quand le requin dort

Résumé (quatrième de couverture):

 

Sardes depuis le Paléolitique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l'étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable... Une liaison qu'elle cache à sa famille, où pourtant on parle d'amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n'arrive pas à décider s'il existe ou pas. Plutôt qu'à lui, autant s'en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l'existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d'un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d'en sortir quand il dort...

 

Mon avis:

 

C’est une nouvelle fois dans cette Sardaigne qu’elle affectionne tant, que l’auteur choisit de nous entraîner, par sa plume qui ici alterne de contraste comme jamais, en faisant quelque chose d’intéressant pour un public néanmoins avertit.

Si l’on retrouve le charme et la fraicheur de la narration d’une toute jeune femme, les contrastes entre attente de celle-ci et expérience à l’érotisme cru d’une relation extrême et auto-destructrice en font un récit plus oppressant et moins aérien que « Battement d’ailes ». Ce qui peut perturber le lecteur. En replaçant dans le contexte d’un premier ouvrage réédité, on accordera indulgence à l’auteur qui dresse des portraits de femmes intéressants bien que parfois un brin irritant.

Ainsi au sein d’une famille hors norme, mère, fille et tante, subissent les hommes, sont dans leur attente et vivent leur vie de femme dans leur ombre d’une façon telle qu’on regrette parfois le manque de réaction qui a un côté qui peut-être agaçant. Comme si elles ne pouvaient exister par elles-mêmes, contrairement aux personnages masculins qui sont assez poussés à l’extrême dans leur absence de limite.

L’écriture est fluide, simple, les personnages encore une fois en marge et comportant des facettes intéressantes évoluant dans un récit tout en contraste entre volets tout à tour poétiques et légers ,ou très sombres . Le titre percutant comme image d’un carpe diem sombre, peut-être un peu plus cynique, mais brillant par la métaphore qu’il dégage.

Quand les tempêtes de la vie se calment, « quand le requin dort », essayer de se faufiler entre ses dents et de vivre le moment qui se présente jusqu’à la prochaine tempête. Assez significatif de la façon dont est imagé ici la quête du bonheur, qui ne serait pas un état accessible de façon durable, mais une flopée de moments fugaces à saisir.

C’est un des aspects que j’ai trouvé intéressant comme réflexion qui aide à un certain relativisme des choses.

Mal de vivre, complexe, recherche de sensations extrêmes, flirt avec les limites, questionnement religieux, condition de la femme le récit est riche en thème, riche en émotions, et laisse filtrer des lueurs d’espoir malgré le climat parfois étouffant. Si la plume est intérressante quand on aime le genre Milena Agus, je le recommanderais pour des lecteurs avertis,les mots et scènes étant parfois assez crus et de découvrir l’auteur en passant plutôt par Battement d’ailes, ou Mal de pierre.

 

Extraits:

« Mon grand-père était un type fort. A seize ans, l’âge de mon frère maintenant, il devait partir sur le continent, pour faire l’académie militaire. Il s’en vantait auprès de ses camarades. La veille de son départ, certains se sont cachés pour l’attendre et le rouer de coups. A plusieurs contre un. Il est partit quand même, et son aventure se fut la guerre, qui l’a trouvé prêt, et même très en avance. »

« Ce que nous avons en commun maman et moi, c’est que nous mettons du miel sur tout, alors que ma tante est carrée, et quand quelqu’un a envoyé promener quelqu’un d’autre elle dit qu’il lui a « botté le cul ».maman et moi n’aimons pas les manières de ma tante. Nous aimons voir le monde derrière une couche de miel et papa dit qu’on finira par se faire un diabète du cerveau. »

 

 

 

 

 

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Point(s)

+8

Auteur

Blog

npai

27-06-2012

Auteur public

Milena Agus

Couverture

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Quand le requin dort. n'appartient à aucun recueil

 

Chronique terminée ! Merci à npai.

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