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Menu oriental orné de mots et de... - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "Menu oriental orné de mots et de saveurs morales " est une grande nouvelle mise en ligne par "Mokham Mokhtari"..

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 Menu oriental orné de mots et de saveur morale

Genre : fiction psychosociale, historique et religieux.

Avertissement : + 13 ans !

Certaines scènes peuvent présenter un contenu choquant

Prologue :

J’étais seul, dans une salle obscurcie par la noirceur de la nuit. J’étais dans un pur paradoxe, dans des univers contradictoires. Je plongeais dans le réel et l’irréel, explorant la science et la magie. J’incarnais différents personnages et j’éprouvais toute une variété de sensations. Péché et bonté, joie et malheur, amour et haine, sourire et larme, paix et guerre.

Chaque nuit, je m’enfermai dans ma cuisine, un coin étroit dans ma petite chambre. En usant de toute mon âme, je préparai mes plats avec acharnement et habilité. Chaque minuit, je m’assis sur la table de mon bureau et je goûtai mes plats confectionnés avec amour et patience.

Je prenais mon dîner, seul, comme un loup solitaire. Je voulais tellement le partager, mais dans mon entourage, personne ne voulait goûter à ma nourriture spirituelle. Alors, accepteriez-vous, chers lecteurs, de déguster avec moi ce dîner à la fois délicieux et amer ? Si oui, cela me ferait grandement plaisir.

« C’est un goût étrange que celui des mots, pas si différent du goût d’un fruit mûr », L’Art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière.

Je m’appelle Mourad, j’ai vingt-huit ans. Je suis un jeune écrivain et cette nouvelle est ma première œuvre. Je suis passionné par l’écriture et la lecture depuis ma tendre enfance. Je m’amuse à déguster les différents goûts des mots, des idées et des faits. Je considère la lecture comme la nourriture de l’âme et l’auteur de ces délices un pro chef-cuisinier. Tel est ma perception des livres ; des plats variés qui vous donnent envie de les dévorer.

Aujourd’hui, je vous invite à un dîner oriental pimenté par des mots doux et par des phrases aussi piquantes qu’une Harissa. Je serai votre chef-cuisinier et j’espère que ma cuisine vous plaira. Avant de passer à table, permettez-moi de vous faire part des coulisses de ce modeste dîner. Je vais à présent vous raconter, dans les moindres détails, la façon dont j’ai confectionné les plats que vous avez devant vous.

Les coulisses du Dîner, première partie : le souk social

« Les écrivains devraient mettre plus souvent les pieds dans la société civile », Taher Ben Jelloul.

Avant d’entrer à la cuisine et de passer à table, il fallait que j’aie acheté mes ingrédients. Je sortis faire un tour dans le souk social. J’habitais dans le quartier « Bab-El-Djedid » de la ville historique « la Casbah », la citadelle d’Alger. C’était une vieille ville qui datait de l’époque de la colonisation française. En 1992, l’UNESCO l’inscrivit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité. La Casbah, située entre la forteresse et le bord de la mer, n’était aujourd’hui plus qu’un espace de spéculation et de transit où la majorité des habitants louèrent et sous-louèrent leurs possessions.

Je marchai dans un fascinant enchevêtrement de maisons basses. Tout était mystérieux dans ce labyrinthe étroit. Il n’y avait d’espace que pour les passants, pas de place pour les véhicules. Le terrain était accidenté et en pente, cent dix-huit mètres de dénivellation. Les rues torturantes me renvoyèrent dans un Alger nostalgique et d’un temps lointain ; des hommes au burnous et des femmes en haïk descendant majestueusement les escaliers accommodés à leurs pas.

Je passai dans un passage surchargé. Des cris d’enfants dévalant la ruelle à toute allure bercèrent mes oreilles. L’odeur nostalgique du Tajine à l’agneau, olives et poivron rouge infiltra mes narines et me mit l’eau à la bouche.

Des fontaines fraîches, une vue sur la mer, une surcharge de population et un ensemble architectural fabuleux de richesses, de couleurs et de dépaysements successifs. Telle était La Casbah, une ville unique. Seuls ceux qui avaient mis les pieds là-bas pouvaient sentir son originalité.

J’arrivai devant une foule d’enfants. Ils jouaient au foot avec un ballon de papiers enrôlés dans un sachet de lait. Je m’arrêtai quelques instants et je leur fis une démonstration de ma maîtrise du ballon. Ils étaient bouche bée devant mes quelques jungles acrobatiques à la Ronaldinho et des roulettes à la Zizou. Je les quittai le sourire aux lèvres, content d’avoir passé du temps avec eux. Ces enfants continuaient d’afficher un sourire radieux et insouciant malgré la misère et la pauvreté. J’espérais de tout mon cœur que ce sourire ne s’éteindrait jamais.

Je poursuivis ma balade dans les ruelles de mon quartier. J’observai méticuleusement chaque détail dans l’espoir de trouver une source d’inspiration. Accrochées à flanc de colline, les maisons de la vieille ville d’Alger se superposèrent. Les terrasses de la Casbah étaient vraiment originales. Certaines dominèrent d’autres, des lessives bariolées flottèrent sous l’air frais et une embrasure immuable vers le magnifique port d’Alger. La vue était sublime, elle soulageait les cœurs meurtris en leur soufflant un air doux et frais, et une lumière pleine d’espoir, de paix et de prospérité.

Les terrasses étaient des lieux où se déroulaient les mariages et les veillées funèbres. Une simple bâche verte, quelques pics en bois et le chapiteau étaient dressés. Elles étaient aussi un magnifique lieu de réunion, un endroit de détente ou de bancs pour les discussions et les dîners familiaux.

Je continuai ma promenade dans les rues du Bab-El-Djedid, dans un véritable labyrinthe, où j’avais plaisir à me perdre. Mes yeux s’illuminèrent et contemplèrent avec stupeur chaque quartier, chaque recoin, chaque pierre de cette ville précieuse. Des rampes, des fenêtres à moucharabiehs, des escaliers, des voûtes outrepassées, des ruelles sous encorbellements, des chicanes, des boyaux, tout faisait de la Casbah une ville magique.

J’étais conquis et envoûté par l’architecture consciencieuse de ses constructions. J’admirais le travail professionnel et ingénieux de chaque œuvre et je succombais sous le charme des différents motifs qui étaient tout bonnement hallucinants. Tout était calculé au millimètre, utilisant avec perfection les lois géométriques. Les articles et les murs étaient sculptés avec une parfaite maîtrise. Des versets, des noms étaient gravés. Des décorations orientales et islamiques, des illustrations culturelles et des peintures étaient ornées. Cela donnait naissance à des œuvres d’art originales. Ces dernières ne cessèrent d’affoler les yeux de ses visiteurs.

L’architecture de ses maisons, tant extérieure qu’intérieure était tout bonnement fascinante. Ses caractéristiques esthétiques de l’art islamique et matériaux originaux étaient préservées. Elles étaient en ruine, mais conservaient avec splendeur leur originalité et leur identité.

Elles étaient caractérisées par une cour intérieure carrée avec une petite fontaine, autour de laquelle était organisée toute l’habitation. Des plantes de multitude variété étaient plantées dans chaque coin de la cour. La majorité des maisons se composait d’une porte de maison (Bab Eddar), d’un sas (Squifa), d’un patio (Wast Eddar), d’un escalier (Droudj), d’un étage (Fouquani) et enfin d’une sublime terrasse (Stah).

Certaines frôlaient l’effondrement, surtout dans ces périodes où les tremblements de terre et les inondations faisaient des ravages. Par conséquent, certaines étaient en cours de restauration. Les autorités voulaient à jamais les préserver comme témoin de la Casbah.

« Construisant leur casbah, les anciens avaient atteint au chef-d’œuvre d’architecture et d’urbanisme », disait Le Corbusier.

La Casbah détenait encore sa citadelle, ses palais, ses mosquées, ses mausolées et ses hammams qui authentifièrent sa culture et sa civilisation. Son architecture militaire semblait être l’œuvre des Ottomans durant la période de la Régence d’Alger, mais l’architecture civile garda l’authenticité des villes maghrébines.

Marcher dans les ruelles de la Casbah me rappela tant de choses. Tantôt joyeuses, tantôt douloureuses. Mes ancêtres, mes aventures et mon enfance. Période ottomane, colonisation française et guerre d’indépendance.

Ses constructions vieilles et rigides m’émerveillèrent. Elles parlaient d’elles-mêmes. Une source historique pour ceux qui la comprenaient, une ville pourrie et pauvre pour ceux qui la trahissaient. Ses trésors étaient notre précieux héritage. Elles témoignaient l’époque de nos ancêtres et nous rappelaient leurs valeurs et leurs sacrifices.

La citadelle d’Alger ne cessa pas de fasciner les plumes fertiles et d’apaiser les âmes affaiblies. Les poètes, les musiciens et les écrivains, charmés par l’ambiance fabuleuse de cette ville mystérieuse et inspirés par ses perles inestimables et précieuses, continuèrent de la chanter et de l’honorer. La Casbah démurerait un symbole de lutte contre l’injustice et un lieu de mémoire collectif.

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Mokham Mokhtari

29-08-2013

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Menu oriental orné de mots et de saveurs morales n'appartient à aucun recueil

 

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