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Canta, la Dame blanche de Francardu - Roman

Roman "Canta, la Dame blanche de Francardu" est un roman mis en ligne par "Francis A.Denis"..

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  Avertissement  (+13 ans)  

Certaines scènes de ce roman  présentent un contenu violent.

Pour tous les miens…

                                                                        

 

CANTA

 

La Dame blanche de Francardu

 

 

 Roman d'anticipation

4ème de couverture


     Le « Populu Corsu » traînait sa carcasse fatiguée au large des côtes de Sicile, à seulement deux mille cinq cent mètres d'altitude. Ce cargo aérostat, mastodonte à l'enveloppe déformée par l'usure de trop nombreux tours du monde, avait pourtant connu une gloire éphémère près de vingt ans auparavant. Son commandant, Alexis, vieux boucanier plus habitué aux tavernes du subcontinent indien qu'aux tableaux d'honneurs, rongeait son frein dans l'attente de la prochaine escale. La mission semblait particulièrement désagréable. Camille, sa cousine, se trouvait à son bord. Elle devait débarquer en cette terre hostile qu'était devenue la Corse, sous le joug de l'actuel dictateur, pour rencontrer l'âme de la rébellion, le légendaire « Signore di a filetta ».

La jeune guerrière venue d'Orient allait nécessairement mettre en contact deux mondes aux mœurs diamétralement opposées. En plus de ses monstrueux dogues de combat, elle apportait dans ses bagages un être des plus sombres, aux réactions incontrôlables. Alexis avait décidément de bonnes raisons de s'inquiéter…

 


 

 

INIZIU

 

 

    Note du patriarche (extraite des archives Balleras)

     J'avais déjà beaucoup voyagé avant d'être muté par mon entreprise sur le petit aéroport de Bastia. J'aimais mon métier d'ingénieur aéronautique. Tellement de travail était nécessaire pour se voir admis dans la confrérie. J'avais débarqué plein d'à priori comme tous ceux qui ne connaissent la Corse qu'au travers des médias. On disait les habitants belliqueux et peu accueillants envers ceux nés ailleurs, d'où qu'ils viennent et plus particulièrement les Français du continent. Les journaux se délectaient d'attentats séparatistes et entretenaient la légende d'un peuple fainéant jamais satisfait. Curieusement, ce furent pourtant bien les Corses qui me jetèrent dans les bras de leur déesse faite ile. Ma rencontre avec Anto Vallone et sa fratrie, descendants d’une vieille famille politique locale, allait décider du futur de tous les miens.
Anto avait hérité d’un caractère ombrageux. Il reflétait un savant et judicieux mélange de méditerranéen montagnard. De l'océan, il tirait son agitation et sa joie de vivre et des grands monts, gardait la rudesse et une fierté inaltérable… Grâce à lui, me vint l'étrange sensation d'avoir toujours connu cet endroit ou d'être arrivé au bout d'une quête, né pour découvrir la magie d'une montagne que les poètes nomment « la plus près des îles lointaines. » Mes proches ne comprirent pas à quel point j'en devins viscéralement attaché ; comment mon âme se trouva prisonnière du hasardeux sort qui m'avait jeté sur ce rivage. J'étais le « pinzutu* » égaré, enchaîné par un amour exclusif à une terre qui me rappelait trop souvent qu'elle ne serait jamais mienne.


     Hélas, les années passèrent trop vite et s'annonça le temps d'un nouveau départ. Je revins d'abord fréquemment visiter mon presque frère tant sa lucidité me manquait. Puis, pris dans de nouvelles obligations, mes voyages s'espacèrent. Nous sommes toujours restés en contact mais je me rends compte maintenant combien j'ai oublié la leçon de vie dont il m'avait fait profiter. Il est vrai que les temps ont changé très vite comme personne n'aurait pu l'imaginer. Ai-je bien fait de suivre ma route sans me retourner ? Me suis-je fourvoyé dans ces voies politiques et monétaires qui m'ont rendu si riche et puissant, tout en me laissant un goût amer au souvenir de ma vie sur l'île ? La donne mondiale s'est radicalement transformée et la Corse n'a pu y échapper. J'ai troqué mon humble peau pour un habit de grand requin dont je ne suis pas fier. Anto a-t-il renoncé à sa droiture et à son honnêteté pour des chemins plus tortueux, juste avant de mourir ? Je ne peux me résoudre à penser qu'il se soit abaissé, comme je l'ai tristement fait, devant l'argent. Mes filles me reprocheront mes absences, à juste raison, et mon manque de clairvoyance quant à leur avenir étriqué dans des rôles de dirigeantes, aux confins de la terre. Je me suis si peu occupé d'elles depuis la disparition de leur mère que ma dernière, dont je tremble de n'avoir de nouvelles, semble même me détester. Je suis impardonnable en ce sens que je connaissais la valeur d'une autre vie dont j'ai fait abstraction, croyant mieux les préparer au monde froid de la finance et aux intrigues du pouvoir si intimement liés. La perte de mon ami, m'ouvre une plaie à l'âme des plus béantes. Au crépuscule de ma vie, j'ai la certitude d'être passé à côté d'une chance insolente qui m'avait été confiée de rendre les miens plus heureux en un lieu plus humain...

 

Il ne me reste que des regrets…

 

 Claude Balleras

 

*

     C'est en classant les affaires personnelles de feu mon pauvre père que j'ai remis la main sur ces quelques pages manuscrites, qui m'arrachent des larmes au rappel de ce temps passé, si simple et si agréable à vivre. Ma jeunesse et mes attaches à cette Corse qui a, depuis, tout comme le reste du monde, sombré dans le chaos, surgissent comme autant de souvenirs douloureux. Je me décide, enfin, après toutes ces années, à faire la lumière sur l'aventure de Camille. En regard de l'amertume qui ne quitta plus mon père, après la disparition d'Anto, force m'est de constater, qu'en droite ligne de ses erreurs, je me suis, moi aussi, égarée en héritant de sa place à la tête de l'empire Balleras. Un vieil air jamaïcain, depuis longtemps oublié, tourne en boucle dans mon esprit :

« Pense au nombre d'amis que nous avons connus,

et à tous ceux que nous avons perdus, le long du chemin…»  

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Francis A.Denis

27-10-2011

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Canta, la Dame blanche de Francardu n'appartient à aucun recueil

 

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