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Zulu - Inclassable

Inclassable "Zulu" est un inclassable mis en ligne par "Davy ".Inclassable mais non dénué d'intérêt

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Zulu

Je me souviens, j’ai entendu des rythmes en Anglais, puis les premières prémisses de RAP en Français. Les premiers beats de Dynasty, les premiers mots de Lionel D. J’ai appris la formule secrète, me suis laissé envahir par les tam-tams de l’Afrique, découvert ce nouveau son venu des states, qui n’était pas encore une pompe à fric.

Mais vous êtes fou ???? Le rap n’était pas qu’un intermède de

danse hip hop. Les mots entremêlés de textes intelligents créaient le choc, dans mes oreilles une onde de choc, parfois même j’ai dansé le hip hop hop hop. Les flows ont été décriés à cette époque, souffrant volontairement d’une image déformée pour tuer le fond au nom de la forme. Ils avaient peur que ce son sonne, que les gens écoutent le sens, plutôt que la norme.

Je n’étais pas né sous la même étoile, pas né dans un pavtar , une mère qui rentrait tard, j’écoutais tard le soir. Parfois, les jeunes se couchent en espérant que demain ça ira peut-être mieux, car demain c’est loin, et d’autres arrivent à faire mieux. Pourtant, beaucoup de familles vivent au RMI, certains MC rêvent de lâcher la meute sur les flics. Où je vis, il n’y a plus de vie, mais les flows passent de bouche en bouche, même dans celle de Brigitte femme de flic. Ils étaient devenus les Public Ennemy, l’espoir de leurs posses. Je n’ai jamais eu besoin dans ma vie de trucs grandioses, mais les paroles avaient un sens, cherchaient à faire prendre conscience, à faire réagir les instances.

J’ai lâché un peu, pensant ce son gravé dans la roche, entre Renaud, Brassens et Ferré, j’ai laissé place au silence. Je me souvenais d’un rythme entêtant, de convictions pour sortir les jeunes de leur transe. Les échos que j’ai, annoncent argent, meufs et violences, nous parle trafics, bizness et influences. Les meufs de ces clips ne me rendent pas dingue dingue dingue dingue…Autant de tombes à fleurir qu’il y a de dingue dingue dingue dingue dingue. Rohff et Booba sont hors de contrôle, pendant que l’un se taille un trône, l’autre taille un costard à un vendeur de fringue pour les trolls. Le nouveau millénaire a perdu son bon sens, il ne faut pas me prendre pour un âne, ni moi, ni ma maille, ils ne respectent ni l’homme ni la femme.

Ne laisse pas trainer ton fils, le rap est passé du côté obscur. Je pensais qu’il fallait rester fier, garder le regard fier de notre mère, avancer malgré tout, créer le choc dans l’obscur. Putain, ils me font passer pour un vieux con, me ranger du côté des vieux pions. La génération non non, m’a fait sortir de ma bulle, quoiqu’un peu gamin, le flow et les lyrics m’ont fait danser dans ma turne, ma France à moi a fait zing zing, sa tête à elle a fait bing bing. Elle a passé la burqa, sos, elle a mis un voile sur ses idées, éteint son Flow contre Marine. Laisse pas trainer ton fils sur la route, si j’ai vu du roots il verra des poufs, des bellas, ce rap-là dans ces sapes là, j’ai pleuré comme jamais de ce rap là. De la section d’assaut à la section des veaux, Jul a la tête dans les nuages de ce rap là, au son électronique au sens pathétique pour des enfants abrutis de ce hip hop hop hop là. Tu m’étonnes que Solaar pleure.

De chez moi, on entend Demie Portion, Oxmo Puccino est magnifique, trône à côté de Brel, Rose, Gainsbourg, Shu et même Cabrel. Kool shen enchaine ses lyrics pendant que Renaud fait le phenix. Ils ont insultés notre intelligence en critiquant les textes urbains, aujourd’hui même certains instits sont rentrés dans le bain, écoutent ces vieux textes comme une référence, ne font plus de différence avec les textes rupins. Le rap à l’ancienne est monté sur son piédestal, chaque génération voit sa culture monter sur un piédestal. Le style peu académique est devenu une académie. Ce n’était pas mieux avant, ca sera mieux demain, les Authentik se fraieront toujours un chemin parmi les mercantiles, les uns restent pendant que les autres disparaissent. Je me souviens, le monde de demain leur appartient, le monde d’aujourd’hui est à nous, nous faisons déjà partie d’hier, nous ferons partie de demain.

Davy.

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Davy

02-12-2017

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Zulu n'appartient à aucun recueil

 

Inclassable terminé ! Merci à Davy .

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