Connexion : Ou
Mode Application Mode Site

Une question de choix - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "Une question de choix" est une grande nouvelle mise en ligne par "emmalys".. Rejoignez la communauté de "De Plume En Plume" et suivez les mésaventures de Théo, Cahir et cie...

Venez publier une grande nouvelle ! / Protéger une grande nouvelle

Afficher : Complet ou page : 1 2 3 4 5 Lire la suite

Juste pour le fun !

A titre d'information, personnages et univers sont les mêmes que "Dans L'Ombre"...                  

 

 

Science-Fiction

   Une question de choix

 

 

 

                                 

 

 

       

 

     Sa main ne tremblait pas. La cible entra dans son champ de vision. Le point de vue, une tour en chantier, jumelle parfaite de celle où se trouvait l’objectif, était idéal. Tuer proprement a toujours été une question de patience et il lui en avait fallu une bonne dose pour en arriver là. La préméditation avait toujours eu ce quelque chose d’irrévocable, que rien ou presque ne pouvait arrêter. Pour cette raison, elle était devenue l’arme favorite des systèmes de la Bordure, et accessoirement, la sienne, celle d’un assassin que seuls les plus fortunés pouvaient s’offrir. Impitoyable, précise, efficace, elle jouait sur la peur d’une force invisible que rien ne pouvait arrêter et était par conséquent plus efficace que des patrouilles armées, si faciles à éviter ou à soudoyer.

   A la différence de la justice prônée par le Triumvirat, on ne savait jamais quand ni où elle allait frapper. Il fallait dire aussi que le travail ne manquait pas dans ce coin de la galaxie. Mais pour l’heure, il s’agissait plus d’une motivation personnelle que d’un simple contrat. Que la cible visée soit une véritable ordure était un bonus qui raffermissait une conviction déjà inébranlable.

La cible passa dans son viseur. Lentement, son doigt appuya sur la gâchette. Les mercenaires ne virent pas le rayon du laser se poser entre les quatre yeux de leur chef. Le temps qu’ils s’en aperçoivent, il était déjà trop tard…

 

 

 

* * *

 

 

 

2183- Système du Styx, ceinture de l’Achéron

 

C’était une soirée comme les autres ou plutôt, ça aurait dû l’être… Théodora Asper, Théo pour les intimes, était descendue dans le seul bar potable de Kalisten faire le point sur ses obligations avec son contact. Si pour la plupart des clients présents à L’étoile noire, une dure journée de travail s’achevait, noyée dans un verre de pseudo-bière, pour Théo, elle commençait à peine.

  Elle s’installa au comptoir en ignorant superbement les regards rivés sur elle et commanda un verre.

Kalisten était située dans les systèmes de la bordure, les territoires les plus éloignés et les moins contrôlés du centre névralgique du gouvernement galactique. Les systèmes de la Bordure n’intéressaient pas le Triumvirat : trop isolés, trop proches des capitales connues des différentes têtes de l’Hydre, trop peu de ressources qui nécessitaient des voyages trop longs et trop coûteux, trop d’espèces implantées sur une surface trop réduite pour les accueillir toutes, tous ces critères en faisaient un espace propice aux trafics en tous genres, aux jeux illégaux et surtout aux complots. De surcroît, les humains fréquentaient peu les systèmes de la Bordure car ils jouissaient d’une réputation peu flatteuse à la suite d'un tragique incident ayant entraîné la quasi-disparition d’une race alien ancienne de plusieurs millénaires. Placée sous tutelle par le Triumvirat, interdite d’échanges technologiques avec les autres espèces intelligentes de l’espace triumvir et obligée de se retrancher dans des territoires à l’abandon, la race humaine se voyait, depuis, accorder autant de considération qu’une colonie de cafards. Dès lors, les humains évitaient de s’installer dans des systèmes où ils seraient des cibles faciles. Or, Théo était humaine et par conséquent, le principal objet de curiosité de L’étoile noire bien que ce ne soit pas la première fois qu’elle s’y montrait. Kalisten, à l’instar des autres planètes des systèmes de la Bordure, brassait énormément de monde et les personnes qui s’y arrêtaient évitaient généralement de rester trop longtemps au même endroit.

Les regards qu’on lui lançait n’étaient pas tous hostiles, certains étaient mêmes plutôt flatteurs mais Théo préférait rester sur ses gardes. Une femme humaine sur Kalisten, c’était un peu comme une femme blanche perdue en pleine nuit dans le Bronx new-yorkais à une certaine époque. Cependant, elle n’avait pas eu tellement le choix. Dans sa profession, fréquenter des lieux où les murs avaient trop d’oreilles pour pouvoir rapporter tous les secrets qu’ils entendaient était une sinécure qu’il valait mieux exploiter à son avantage.

-          Des nouvelles, Artie ? demanda-t-elle sans ambages en s’accaparant un bol d’amuse-gueules, tandis que le barman, un Sysyfe massif dont les six bras étaient continuellement en activité, lui servait un verre tout en rattrapant nonchalamment un plateau plein de consommations qui tanguait dangereusement au bord du comptoir.

-          Le type que tu cherches est venu ici une fois ou deux mais il est prudent et surtout, il n’a pas l’air de vouloir se laisser faire. Tu devrais laisser tomber, ça n’en vaut pas la peine…

-          Renoncer ? C’est un peu tard maintenant, tu ne crois pas ?

-          Légion courait à sa perte et tu le savais. Paye-toi une retraite anticipée sur une petite planète ensoleillée et fais-toi oublier, ça vaut mieux ! Même ici, je ne pourrais pas te protéger si les choses tournaient mal.

-          Merci du conseil mais il n’y a pas de retraite pour les gens comme moi, tu le sais bien. Et puis, je suis une grande fille, je sais prendre soin de moi toute seule.

Artie se pencha en avant et, sans arrêter de servir une bande de soiffards installés à l’autre bout du bar en faisant glisser les verres sur le comptoir à la chaîne, il murmura suffisamment fort pour qu’elle seule puisse l’entendre par-dessus le brouhaha ambiant :

-          Tu es malade, Théo. Tu ne tiendras jamais à ce rythme et ils te tueront avant que tu n’aies achevé ta petite vendetta.

Elle braqua sur lui ses yeux cristallins, d’un vert qui pouvait être aussi clair que l’eau d’une fontaine ou aussi sombre qu’une mer de tempête selon son humeur, et le fixa jusqu’à ce qu’Artie ne puisse plus soutenir son regard.

-          Justement, je veux profiter du temps qu’il me reste pour que mon nom reste sur leurs lèvres jusqu’à la tombe.

-          La leur ou la tienne ?

-          A ton avis ?

-          La violence engendre la violence, ma belle. Même si tu venais à disparaître, ils continueraient à vouloir se venger de ce que tu as fait et ce sont des innocents qui paieront pour toi. C’est ce que tu veux ?

Cette fois, ce fut Théo qui baissa les yeux avant de répliquer sèchement :

-          Un barman de la Bordure qui donne des leçons sur le bien et le mal, décidément, on aura tout vu !

Soudain, elle repéra celui dont elle avait guetté la venue toute la journée, assis à une table et accompagné de son garde du corps. Même dans un lieu bondé comme L’étoile noire, deux Ptérons passaient difficilement inaperçus.

-          Théo, tu n’es pas comme ça… continua Artie sans se rendre compte qu’elle ne l’écoutait déjà plus.

Elle se leva d’un bond, jeta une carte précréditée sur le comptoir, empoigna son verre et marcha résolument vers l’homme en faisant abstraction totale du garde du corps. Si le bar grouillait trop d’interférences pour utiliser les techniques d’espionnage modernes, il en existait une, aussi vieille que le monde, qui avait largement fait ses preuves et ne nécessitait pas un matériel perfectionné pour porter ses fruits. Un homme était un homme et c’est en passant près de sa table que Théo eut la certitude que celui-là n’avait pas de goûts excentriques en matière de partenaire. La facilité avec laquelle elle attira son attention malgré la musique à plein volume et la violente lumière des spots étira un peu plus le sourire charmeur qui flottait sur ces lèvres. Etre humaine avait parfois ses avantages…

Après avoir capté son regard d’un battement de cils aguicheur, elle alla s’asseoir à une table voisine et adopta une moue blasée en lançant de temps en temps un coup d’œil faussement intimidé à sa cible. Le garde du corps n’était pas en reste : il s’était redressé et bombait fièrement le torse, même s’il se montrait plus discret que son employeur. Ce dernier, sûr de lui, ne cessait de l’observer d’un air conquérant. Théo sourit intérieurement. Il était mûr à point et vu la manière dont le garde du corps se comportait, il ne serait pas plus difficile de se débarrasser de lui. Elle s’astreignit néanmoins à la prudence : la facilité était propice à l’imprévu et elle ne pouvait se permettre de louper son coup ou elle se grillerait définitivement.

 

Partager

Partager Facebook

Point(s)

+71

Auteur

Blog

emmalys

26-02-2012

Téléchargement

PDF Certifié Ebook gratuit
Lire la suite
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Une question de choix appartient au recueil Marche à l'Ombre

 

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.