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Tant crie-t-on à Noël, que vient... - Histoire

Histoire "Tant crie-t-on à Noël, que vient..." est une histoire détente mise en ligne par "Mireille Masson"..

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Tant crie-t-on à Noël, que vient......

      Ah ! Noël ! Moment fabuleux ! Merveilles plein les yeux ! Les étoiles, les lumières, les scintillements, les paillettes et ….... les boules !

Cependant, la préparation de la fête, dans son ordonnancement, emprunte parfois des chemins ! ... des voies que le Seigneur n'auraient pas jugées impénétrables ! L'ambiance festive a, parfois, des éclats insoupçonnés.

      Décorations, illuminations sont légions à cette époque et nombreux sont ceux qui mettent un point d'honneur à enguirlander leur maison. Celle-ci doit être la plus lumineuse, la plus éclatante, autour de et sur laquelle foisonnent bonhommes de neige, biches, flocons et accessoires en lumière fixe ou clignotante. Une véritable foire à l'ampoule !

      La raison du plus tarabiscoté est-elle toujours la meilleure ? Nous l'allons montrer tout à l'heure.

      Dans mon quartier, on ne déroge pas à la règle et les logis de mes voisins prennent alors l'allure de magasins pour luminaires « chez Paulo, y a tout c'qu'y faut ! ».

      Vous l'avez compris, un de mes voisins se nomme Paulo ; Juste en face, histoire de s'en prendre plein les quinquets, vit Raoul, le roi de la boule, en raison des km de boules lumineuses suspendues à chaque arbre, à chaque branche, et courant également le long des gouttières, autour des portes, des fenêtres. Le palais des Mille et une Nuits n'aurait qu'à bien se tenir.

      Quant à moi, mécréante que je suis, ma demeure reste sombre, neutre, splendide dans sa nudité ! Que j'en surprends des regards dédaigneux, pitoyables, me jetant carrément à la face leur désapprobation.

      Donc, cette période, disais-je, provoquait chez mes voisins une ardeur, une frénésie à parer leur demeure, bravant pour cela, les rigueurs de l'hiver qui cisaillaient les doigts engourdis. Ils n'en avaient cure, leur foi remplaçant la chaleur qu'ils auraient tout aussi bien pu trouver dans une chaufferette, Ô combien irremplaçable, cependant.

      Les deux pavillons, en vis-à-vis, rivalisaient de créativité à la gloire de dame éléctricité, ravie de parader à coups de tubes et de lianes lumineuses. A la nuit tombée, un embrasement déchirait l'obscurité, donnant l'impression d'un puissant incendie. Tout avait été réquisitionné dans le jardin pour soutenir la ribambelle de guirlandes qui allaient mettre le feu, même le lilas avait été prié d'accepter la parure.

      Quelle fierté pour les occupants de ces musées scintillants ! Les gens s'emerveillaient de tant de féérie éclatante.

      Paulo s'échinait donc, fébrilement, dans le courant d'un vent glacial. Et cordons de lumière par-ci, et stalactites brillants par-là !

      Raoul survint alors qui cherchait la parure et que le désir de briller attirait.

      Flamboyaient de même ses yeux qui lançaient des étincelles aussi intenses qu'un de ses lumignons

     - Qui te rend si hardi à pousser le bouchon ?

     - Quoi, qu'est-ce que tu m'racontes, avec ton bouchon ? brailla Paulo.

     - Ben oui, regarde un peu c'que tu fais ! J'ai mis des cordons lumineux, hier, et toi, aujourd'hui, tu fais quoi ? Tu mets des cordons lumineux ! Comme toujours !

     - Quoi, comme toujours ?

     - Tu crois que j'ai pas vu ton manège ? Si j'installe quelque chose dans mon jardin, tu fais la même chose, chez toi, juste après !

     - Non mais c'est trop fort, çà ! J'ai pas le droit de faire ce que je veux, peut-être, chez moi ?

      - Alors, pourquoi tu fais tout pareil, s'écria Raoul, qui commençait à s'échauffer et dont le plafonnard en ébullition présageait une tempête proche.

      A cet instant précis, augurant un cyclone, je sortis de mon domicile aussi sombre que l'antre d'un ours, attirant le regard des deux belligérants. Tout à coup dégrisés de leur hargne, occupés,.. ils étaient à présent, à lancer des éclairs désapprobateurs sur ma personne.

       - Bonjour messieurs, très jolies vos décorations ! Affirmai-je dans un grand sourire masquant mon hilarité félonne. Ce qui eut pour effet de convertir immédiatement leur grimace mauvaise en un sourire angélique.

       - Merci ! S'exclamèrent-ils, en choeur, clônes parfaits de leur fierté simultanée.

      Le lendemain, je remarquai que papa Noël avait décidé de hâter la distribution de joujoux par milliers en constatant ce dernier accroché à une échelle appuyée sur le toit du palais de conte de fée du sieur Raoul.

      Je pouffai de surprise et de jubilation lorsque je vis, chez Paulo, non pas un mais trois Père Noël, venus en renfort pour lancer dans la cheminée l'équivalent de la caverne d'ali-baba en cadeaux et présents divers. Tous les trois à la queue leu-leu, entamant déjà la célèbre danse au rythme de laquelle, c'est bien connu, « tout l'monde s'éclate « ! Le premier se tenait au faîte, pratiquement arrivé et futur grand vainqueur de cette course à la grimpette.

      Le deuxième, en grande détresse, aussurément, se hissait lamentablement, d'une main agrippée au bord du toit.

Quant au suivant, poussif troisième, il en était encore à traînasser sur le rebord d'une fenêtre.

      C'est alors que se répercuta un fracas qui fit trembler les vitres de ma maison. Je me ruai vers la fenêtre pour apercevoir nos deux lascars jaillissant comme furies de leur logis en claquant rageusement la porte.

       - Ah ! Tu vois ce que je disais, rugit Raoul, tu vois, tu fais comme moi !

       - Quoi, quoi, comme toi ?

       - Ben oui, je mets un Père Noël et toi, t'en mets aussi, et pas qu'un seul !

       - Ah, mais, beugla Paulo, et sa voix prit des allures de tonnerre, t'es le seul, peut-être, ici, à poser des décorations ?

       - Ben non ! Mais quand même, là ! Tu exagères ! Tu veux que j'te dise ? Tu es jaloux, tu veux faire mieux que moi, toujours mieux que moi, faut qu'tu sois l'premier !

       Là, le vent mauvais devenait tornade ! Les deux coqs, toute crête dressée, couinaient, piaillaient, saut à gauche, pas chassé à droite, les quatre poings se levant d'un coup, prêts à considérer la tête du concurrent d'en face comme un punching ball.

      Cette fois-ci, je ne m'aventurerais pas dehors, l'ambiance festive subitement montée d'un cran était susceptible de faire sauter en l'air d'autres choses que des bouchons de champagne.

      Mais le ciel, que ce tapage avait attiré hors de ses nuages, jeta un rayon méchamment gris à ces deux gaillards vaniteux. Non mais ! Pour qui se prenaient-ils ces olibrius ? Ne savaient-ils pas que l'orage, la tempête, le courroux n'appartenaient qu'à lui ?

      Alors, appelant à la rescousse le vent, la pluie, la foudre et les éclairs, ensemble ils fondirent sur les joyeux compères ! Et le vent souffla, souffla. Et les nuages déversèrent des seaux d'eau sur les pitoyables pantins. Leurs bras inefficaces tournicotant en vains moulinets pour tenter de se préserver du déluge. Ils étaient en droit de penser, à cet instant précis, que le ciel leur tombait sur la tête.

      A l'abri entre les murs de leur maison, ils assistèrent à la folie du ciel ! Bourrasques infernales, rafales, tourbillons, mêlés aux trombes d'eau. Là-haut, on cherchait assurément à étouffer l'arrogance de ces prétentieux. Les forces supérieures se surpassaient, humiliées par l' affront.

      Les papas Noël jugèrent bon d'aller voir ailleurs si l'accueil était plus serein !

Tout s'envola ! Adieu boules, étoiles, brillances et éclats !

      Les maîtres de ces biens, quittant d'un œil marri, leur trésor ainsi répandu, se retrouvèrent face à face, les yeux dans les yeux, honteux et confus, jurant, mais un peu tard, qu'on ne les y reprendrait plus !

Lorsque les éléments déchaînés tentèrent de déraciner le sapin de Noël, c'est côte à côte qu'ils se retrouvèrent pour contrecarrer les plans du ciel. Ensemble, ils luttèrent, ensemble ils sauvèrent quelques guirlandes, quelques lampions.

       - On est couillons, Raoul, non ? avançà Paulo !

       - Tu l'as dit, Paulo !

        Et c'est un rire tonitruant qui m'attira à la fenêtre d'où je n'osais me montrer de peur d'attirer sur moi le courroux ces cieux.

        La fête fut belle à ce réveillon ! On partagea la dinde, les marrons, la bûche, les rires et les plaisanteries !

C'est pas beau Noël ?

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Blog

Mireille Masson

07-01-2018

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Tant crie-t-on à Noël, que vient... n'appartient à aucun recueil

 

Histoire terminée ! Merci à Mireille Masson.

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