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Salle d'attente - Coup de gueule

Coup de gueule "Salle d'attente" est un coup de gueule mis en ligne par "Deogratias"..

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Salle d’attente

 

 

Je suis en salle d’attente. Rien de plus affreux en vérité. Pour un médecin, un examen, un entretien, quelque soit la finalité de la démarche, rien de pire pour moi que d’être en salle d’attente. Les affiches aux murs, parfois la musique criarde qui se veut une détente, la couleur des murs, les sourires figés des autres « attenteurs », les lumières trop vives, les plantes artificielles qui, elle non plus, ne supportent pas ces interminables heures immobiles. Bref, un lieu étrange, froid, sans attrait.

 

Les personnes qui les ont créées ne peuvent se douter. Dans leur esprit j’imagine qu’elle se disent qu’elles ont fait au mieux, que ceux qui passeront par-là seront plus apaisés.

Quand on voit, pour certains le soin apporté à ce lieu ! Tant de créativité dans les dispositions des plantes, des textes, dans le choix du mobilier. Tout est fait pour « se sentir bien ». Oui, mais….

 

J’aime pas les salles d’attente. Rondes, carrées, médicales ou non, administratives, zen, dépouillées ou encombrées. Je me souviens d’un sketch d’un humoriste qui répétait à l’envie : « J’aime pas les départementales ». Moi, c’est :  « j’aime pas les salles d’attente ». Une touche humoristique ne peut nuire après tout !

 

Le pire, ce n’est pas tant le décor extérieur le plus souvent en inadéquation totale avec mon propre vécu, mais bel et bien cette vie intérieure qui se trouve, là, pour un temps donné, dans une situation inconfortable. Quelques soient les réponses qui viendront, les bontés de l’interlocuteur, ou pas, rien n’est plus puissant que cet instant solitaire, seul avec soi, à voir défiler à la vitesse lumière les pensées ouragans, les lucioles de l’angoisse, les mouches importunes des questions suspendues.

 

J’aime pas les salles d’attente. Qu’on se le dise, une fois pour toute. J’écris pour être lue. C’est vrai, c’est le but. N’écrire que pour soi est un remède, il est vrai, mais que vaut l’écriture si l’on n’a plus personne pour partager notre enthousiasme, notre douleur ou notre quête ? Si aucun autre cœur ne désire s’unir à mes émotions ? Si personne ne désire la beauté d’une âme en poésie ? Ou la nouvelle inspirée qui nous a tant émue ?

 

Je suis en salle d’attente un peu tout le temps en ce moment sur un site.  Les affiches que j’y vois sont inquiétantes : « Pas le temps ». « Lis moi d’abord ». « Donnant Donnant ». J’en passe et des meilleurs.

 

Dans ce lieu-ci, les meubles sont recouverts de poussières et la musique des petites hauts- parleurs disposés au plafond dans les angles est sans souffle, sans générosité aucune. Elle blesse par son silence, son tumulte et son ingratitude.

 

J’aime pas les salles d’attente. Pas plus chez le médecin que sur un réseau social ou un blog littéraire.

 

Tant pis. Ces foutues salles d’attente sont censées m’apprendre la patience. C’est la réponse appropriée, magique et morale. Elle disculpe. Reste à me dire que c’est donc là ce qui me reste à faire : Attendre. Encore et toujours : Un signe, une réponse,  un commentaire, un regard. C’est normal de patienter, c’est ce qui est bien. C’est une vertu. L’inverse serait un outrage, un caprice infantile. Une exigence démesurée. C’est le réalisme de la vie quoi ! Faut pas en faire d’histoire. Montre toi adulte enfin ! Il y a bien plus grave tu ne crois pas ?

 

J’aime pas les salles d’attente mais bon, excusez-moi de vous avoir dérangés, puisque c’est moi qui aie tort, je retourne à ma solitude.  En plus, on va me dire que c’est à moi de gérer ma vie, mes blessures et tout le reste. Je dois quitter toute forme de dépendance. Ben, oui, bien sûr. Forcément. Le problème c’est moi. 

Sans rien savoir de mon parcours, certains ne manqueront pas de jouer les juges ou les psys improvisés. Pardon alors. Je retourne me cacher. Je m’étais trompé. On va me rajouter que rien n’est mieux que de ne plus rien attendre de personne. Encore moins d'un réseau social. C’est à moi de quitter « ma » salle d’attente.  Il parait même que c'est un grand secret de la vie : N’attendre ni ami, ni lecteur, ni rien.

Ah. Bon.

 

Alors je m’en vais…

 

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Deogratias

14-10-2023

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Salle d'attente appartient au recueil coups de gueule

 

Coup de gueule terminé ! Merci à Deogratias.

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